Donald Trump, l’agent provocateur

Samedi soir au Kansas, Donald Trump a pris une demi-heure de son discours d’une heure pour s’en prendre directement aux contestataires présents dans la salle (la forte majorité ayant été retenue à l’extérieur). Une tactique de provocation pour soulever la foule de ses partisans.

On en vient à se demander s’il n’est pas en train d’en faire une stratégie pour alimenter la division chez les électeurs républicains traditionnels. Et, du même coup, augmenter sa clientèle dans les classes populaires blanches afin d’élargir à ce point sa base électorale qu’il deviendra impossible de le maîtriser et encore moins de l’empêcher de gagner cette campagne.

Devant un tel état de fait, on ne peut s’empêcher de craindre le pire par rapport à une telle exploitation d’un discours haineux qui entretient la violence. Ce qui nous rappelle le pire moment de l’histoire avec la montée des régimes totalitaires. Que cela se passe dans ce pays est impensable. Et pourtant !

Disons enfin que le traitement médiatique de la campagne de Donald Trump est responsable pour une grande part de son succès. Les grandes chaînes de la télévision américaine lui offrent quotidiennement, et ce, aux grandes heures d’écoute, cette présence et cette publicité qu’il n’a pas à financer. Il a donc eu le génie de comprendre l’influence de ce précieux outil d’information que l’on peut transformer, à son profit, en moyen d’action politique. Ce pays est politiquement en pleine dérive. À faire frémir !

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1 commentaire
  • Cyril Dionne - Abonné 15 mars 2016 11 h 54

    Le phénomène du "Donald"

    La démocratie est comme une lame à deux tranchants; elle coupe sur les deux côtés. Honte à ceux qui s'opposent au discours de Donald Trump comme pour ceux des autres candidats. Personne n'a le droit d'interrompre les autres parce qu'ils ont un discours qu'on n'aime pas ou on n'apprécie pas. Le premier amendement de la constitution américaine stipule que les gens ont le droit de s'assembler pacifiquement. Ce même droit est octroyé à ceux qui épousent des croyances personnelles où il est écrit en noir et blanc dans leurs livres qui datent de l'âge de bronze, que ceux qui ne sont pas des croyants de tels ou tels amis imaginaires, doivent être mis à mort. Ce n'est pas Evelyn Beatrice Hall (et non pas Voltaire) qui disait que : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire ». Tous ont le droit de parole dans une démocratie, même nos énergumènes comme Trump.

    Le phénomène du "Donald" en est un qui a été fabriqué par la mondialisation à partir de la libre circulation des gens et des produits qui n'enrichie que le 1% de la société. La classe moyenne américaine est en pleine révolte contre tout ce qui est establishment. Les supporteurs de Bernie Sanders ont le même discours que les partisans de Trump mais celui-ci est filtré à partir de lentilles propres au socialisme.

    L'Amérique comme le Canada, ne fabrique plus rien. Les emplois bien rémunérés où on pouvait élever une famille dans une certaine dignité socioéconomique ont quitté pour des pays où les gens sont exploités pour ne pas dire des esclaves. Le mirage de la création d'emplois et de la bonne santé économique aux États-Unis ne favorise pas monsieur tout le monde mais bien Wall Street. En fait, celui-ci ne cesse de s'appauvrir. Et on voit les soubresauts de cette révolte plébéienne qui ne cessera pas même si notre "Donald" n'est plus dans le portrait politique.