Afrique: faire échec aux «trois trop»

En réaction à l’article de Jessica Nadeau paru dans Le Devoir le 8 mars 2016, à propos des femmes de l’Afrique de l’Ouest francophone, où dit-on se trouvent les plus forts taux de mortalité maternelle et juvénile, je voudrais juste faire remarquer, en tant que femme africaine, que les solutions que l’on préconise pour l’Afrique sont assez souvent un peu trop superficielles. Il est vrai qu’il faut faire échec aux« trois trop » (naissances trop rapprochées, trop tôt ou trop tard).

Mais il faudrait s’interroger aussi davantage sur la raison de la survenue de ces « trois trop ». Si cela arrive si souvent, c’est parce que les filles africaines n’ont pas d’autre issue dans la vie : elles ne sont pas scolarisées, elles ne savent ni lire ni écrire et pensent que leur rôle dans la société se limite à avoir des enfants. […]

Apprenez-nous à lire et à écrire, aidez-nous à construire des écoles et des universités dans nos pays ! C’est d’éducation que l’Afrique a besoin !

Cela prendra plus de temps, certes, et il faudra aussi donner des moyens pour que les complications qui surviennent autour de la grossesse soient évitées, que les femmes puissent accéder aux consultations prénatales et bénéficier de l’assistance d’un personnel qualifié lors de l’accouchement et dans les semaines qui suivent, etc.

Tout cela, nous le savons, mais si on veut réellement un développement durable pour l’Afrique, ce n’est pas à coup de pilules ou de patchs contraceptifs qu’on arrivera à faire décoller ce continent un jour. […]