Échec ou sabotage des CLSC?

Les centres locaux de services communautaires (CLSC) sont l’innovation la plus significative du système public de santé et de services sociaux mis en place au Québec dans les années 1970. Le projet CLSC se caractérise par une intégration entre le social et la santé, ainsi que par l’importance accordée à la santé communautaire de première ligne et à la prévention. Les CLSC se construisent à partir de la participation de la population dans la définition des besoins et des services à mettre en place. […]

Dès leur création, les CLSC sont boudés par les médecins, qui y voient une entrave à leurs intérêts d’entrepreneurs privés. Le paiement à l’acte y est remplacé par un salaire et les équipes multidisciplinaires, dont font partie les infirmières, ne sont pas sous les ordres des médecins. Ces derniers, sauf exceptions, vont préférer s’investir dans des cliniques privées, dont les nouvelles polycliniques qui fleuriront dans les années 1970 et 1980 alors même que les CLSC sont incapables de recruter des médecins.

Le véritable échec, ce sont ces polycliniques qui ont dû être remplacées par les Groupes de médecine de famille (GMF) issus de contrats d’association exclusivement entre médecins, mais financés par des fonds publics, y compris le salaire des infirmières qui y pratiquent et bientôt des travailleurs sociaux qui y seront transférés en provenance des CLSC selon le ministre Barrette. Mais ce ne seront pas des CLSC, car ils n’auront rien de communautaire et d’innovant mais simplement une nouvelle formule pour s’abreuver au bar ouvert.


 
2 commentaires
  • Daniel Lemieux - Inscrit 8 mars 2016 06 h 42

    Pourquoi ces GMF, en effet ?

    On sait peu de choses sur cette conversion des polycliniques en GMF, sinon que des fonds publics ont été octroyés à des médecins déjà regroupés et qu'ils ont un rôle dans l'attribution des médecins de famille. Concrètement, nous voyons que d'autres professionnels sont venus se greffer à la pratique médicale: diététiste, psychologue, ergothérapeute... une intégration idéale, en théorie.

    Cela a perpétué la division des clientèles: les citoyens ayant un médecin de famille, et tous les autres, ceux et celles qui s'évertuent à dénicher une consultation dans un « sans rendez-vous ».

    Le Dr Barrette a beau se targuer d'un taux élevé d'attribution de médecins de famille, près de 350 000 Québécois sont toujours en attente. Et la plupart des GMF n'acceptent plus de nouveaux patients.

  • Serge Frigon - Abonné 9 mars 2016 20 h 28

    Un GMF n'est pas un CLSC

    Une petite précision s'impose; un GMF limite ses services qu'aux patients inscrits à ce même GMF, alors qu'un CLSC couvrait l'ensemble d'une population (0-100 ans) pour un territoire donné... étant parfois nommé comme «une approche populationnelle et territoriale». Une importante distinction à faire en cette période «d'optimisation des services».