Être féministes ou pas

En démocratie, les gouvernements sont appelés à faire des arbitrages entre les intérêts promus par toutes sortes de groupes de pression afin de bien servir le bien commun. Bien que chaque groupe de pression aimerait convertir le gouvernement en militant pour sa cause, celui-ci doit garder ses distances afin de traiter l’ensemble des citoyens sur un pied d’égalité. Il doit bien sûr tendre l’oreille aux réquisitions de tous les groupes de la société, mais son action doit d’abord s’appuyer sur des principes clairs, tels que l’équité, la cohésion sociale, le développement des potentiels, etc.

Au siècle dernier, grâce à l’action de groupes de pression féminins (de même que l’arrivée des contraceptifs), les femmes ont fait des pas de géant pour enfin mieux prendre la place qui leur revient dans la société. Aujourd’hui, elles sont plus performantes que l’autre moitié de la société au cours primaire, plus persévérantes au secondaire, et plus nombreuses à entreprendre des études postsecondaires. Il s’agit là de tout un contraste avec l’époque où ça ne valait pas la peine d’envoyer les filles à l’école, parce qu’elles allaient de toute façon se marier avec un pourvoyeur. Cette meilleure performance du sexe féminin dans le système scolaire laisse entrevoir que les gains qui restent à faire dans les milieux de travail pour consacrer l’égalité entre les sexes ne sont qu’une question de temps.

Considérant cette évolution spectaculaire, est-il encore justifié d’avoir un ministère de la Condition féminine ? Si on peut facilement justifier la présence d’un ministère des Affaires autochtones à Ottawa par les conditions peu enviables du groupe auquel il s’adresse, je crois qu’il en va désormais tout autrement de celui de la Condition féminine à Québec. Dans l’état actuel des choses, un homme pourrait intenter des poursuites contre le gouvernement pour cause de favoritisme envers les femmes et possiblement gagner sa cause. Pour éviter une telle éventualité, il serait temps que le ministère de la Condition féminine devienne celui de l’équité. Un ministère qui aurait pour mission de se préoccuper de tous les défavorisés, quels qu’ils soient (femmes, hommes, immigrants, autochtones, homosexuels, etc.), et sur quelque plan que ce soit (accès aux postes de direction, niveau salarial, alcoolisme, décrochage scolaire, etc.). Bref, laissons le féminisme à l’action citoyenne, et exigeons du gouvernement qu’il soit humaniste et impartial.

2 commentaires
  • Michel Gélinas - Abonné 5 mars 2016 22 h 06

    Conseil de l'équité

    J'endosse entièrement ce texte qui correspond à ma réflexion, suite au débat sur s'étiqueter féministe (souvent radical). Le Conseil du statut de la femme devrait changer de nom et défendre l'ensemble des défavorisés de la société.

  • Alice Savage - Inscrit 6 mars 2016 16 h 12

    Bravo Messieurs!

    Quel succulent retour des arguments éculés !
    Je vous signale respectueusement que les femmes n'ont jamais été, à l'échelle de la société, à protéger en tant que MINORITÉ.
    Que diriez vous de les remplacer, dans votre projet, par les dinosaures?