Cécité théorique de Thériault et Vallée

Les prises de position des ministres Thériault et Vallée à l’égard du féminisme témoignent d’une cécité théorique, ou, autrement dit, d’une incapacité à voir leurs parcours professionnels et leur mission à titre de ministre de la Condition féminine et de la Justice au travers de cadres théoriques sensibles aux asymétries. Ces cadres théoriques sont utiles pour lire les inégalités sociales, utiles pour débusquer les nombreuses formes de domination qui pèsent, à différents degrés, sur plusieurs groupes populationnels (femmes, enfants, pauvres, etc.). Utiles aussi, et c’est peut-être là que le bât blesse le plus, pour interpréter les conséquences sociales et éthiques des actions politiques et économiques menées par le gouvernement de M. Couillard dans les dernières années. Les enjeux d’une discussion sur ce qu’est le féminisme sont nombreux. Parmi eux, on peut compter celui, social, de l’anesthésie épistémologique qui consiste pour des personnes à dénier leur point de vue au profit de points de vue imposés par les autorités. Cette anesthésie permet à des personnes opprimées d’éviter la douleur (ou le désespoir) encourue par le déni de leurs savoirs, de leurs espoirs et des difficultés qui jalonnent leur quotidien. La vivacité de la couverture médiatique des affirmations malheureuses des ministres Thériault et Vallée illustre la pertinence de familiariser les jeunes (et les moins jeunes) avec les tenants et aboutissants du féminisme. Contrairement à ce que pourraient penser les principales protagonistes de cette saga, une connaissance minimale des fondements et de l’histoire du féminisme leur aurait facilité la vie politique en leur permettant d’articuler un propos plus cohérent.

6 commentaires
  • Jacques Lamarche - Inscrit 5 mars 2016 08 h 25

    Bref, l'ignorance ...

    les aurait convaincues qu'elles ne sont pas ce que dans les faits, elle sont! En effet, difficile d'être pour l'égalité sans être, du moins dans l'âme et le coeur, féministe!

    Mais le déclarer peut soulever des vagues d'indignation tant le féminisme, par une opposition qui l'a discrédité et stigmatisé, est mal vu par l'opinion. Les deux ministres, au lieu de chercher à restaurer l'image du mouvement féministe et à inciter tous et chacun à s'y joindre, du moins par un état d'esprit, ont contribué à entretenir des préjugés et à nuire à la cause de l'égalité par manque de culture et de solidarité.

  • Odette Morin - Abonnée 5 mars 2016 09 h 19

    Absolument!

    Et j'ajouterais qu'on ne peut pas s'attendre à un propos articulé, quel qu'il soi, de la part d'une classe politique de chambre de commerce!

  • Colette Pagé - Inscrite 5 mars 2016 10 h 53

    Ignorance et inculture de ces deux femmes Ministres !

    Cette cécité ne repose-t-elle pas également sur l'ignorance et l'inculture de ces deux Ministre qui profient pourtant des dures luttes conduites par leurs prédécesseures sans leur reconnaître le crédit. Et surtout, l'on déclare de façon surprenante qu'aucune de ces femmes nous inspirent, c'est reconnaître une ignorance crasse de l'histoire de toutes ces femmes.

    Mais également, se pourrait-il qu'à l'instar du PM, ces deux femmes manquent cruellent de sensibilité émotionnelle.

    Lorsque l'on est incapable de fermer la porte à cette brèche du mariage religieux ayant comme conséquence d'échapper aux oblgations reliées au partage du patrimoine familial, ce qui a comme conséquence d'appauvrir les femmes, et que l'on favorise cette injustice on ne mérite pas d'exercer cette foncton.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 5 mars 2016 11 h 37

    Secondaire V, fort

    Un secondaire V, très fort, ne fait pas de quelqu’une, même avec une nomination de ministre, une experte en réflexion...logie.

    Voilà le complément à l’austérité libérale.

  • Hélène Paulette - Abonnée 6 mars 2016 11 h 19

    Très beau commentaire

    Malheureusement, mesdames Vallée et Thériault, même si elles le lisaient, ne le comprendraient pas, car elle sont un exemple vivant du principe de Peter et de l'envahissement de l'insignifiance en politique.