Une ministre pas féministe. Pas rassurant!

Dans une entrevue, la ministre Lise Thériault déclare, avec un brin de fierté semble-t-il, ne pas être féministe, mais pragmatique, prenant une posture plus individuelle que collective ; une terre-à-terre, bref une femme qui n’a pas de temps à perdre avec les analyses et qui fonce ! Enfin, me suis-je dit, une femme qui sait où elle va ! Parce que les féministes, c’est connu, défoncent des portes ouvertes, perdent leur temps à documenter des situations d’inégalité et de discrimination. Non, madame Thériault croit à l’égalité : les femmes n’ont qu’à prendre leur place.

Une telle naïveté laisse pantois. Sa condescendance agace terriblement. Se disant « très à l’aise » avec les compressions imposées au Conseil du statut de la femme par son gouvernement, l’important est que l’argent soit sur le terrain, dit-elle, et non dans des études futiles, en déduit-on. Et on devrait se fier à la ministre confortablement installée dans cette posture idéologique pour défendre les dossiers sur la condition des femmes ?

La ministre de la Condition féminine n’a manifestement aucune connaissance de l’histoire, des luttes féministes, des forces sociales en présence, visiblement inculte des sciences sociales et humaines pour lesquelles on pressent non seulement un préjugé défavorable, mais encore une fois une inculture qui frise l’obscurantisme.

La ministre sera-t-elle aussi efficace à la Condition féminine qu’elle l’a été à la Sécurité publique, où elle a tardé à comprendre la gravité et l’ampleur de la violence faite aux femmes autochtones du Québec, et où à part les quelques larmes versées, il ne s’est rien passé de significatif, pas de changement de cap. Comme son manque d’ancrage dans les luttes féministes lui a nui pour comprendre la situation des femmes autochtones, il faut craindre qu’il en soit de même avec le mandat qui lui est confié maintenant de défense et de promotion de la condition des femmes au Québec.

5 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 2 mars 2016 00 h 45

    Tabaslaques de petits esprits désydratés

    Ca nous indique une chose qu'un quart de sciecle d'éducation ca ne suffit pas , que les moeurs d'une autre époque sont toujours présents, que les dinausore veillent toujours au grain, que si l'occasion se présentait, ce serait le retour a la caverne des gros poilus

    • Anne-Marie Courville - Abonnée 2 mars 2016 09 h 34

      On a pu constater qu'une femme première ministre au Québec n'est pas bien acceptée de la population même si elle est compétente. On est plus exigeant pour une femme que pour un homme.

  • Jacques Lamarche - Inscrit 2 mars 2016 02 h 33

    Incompétence au sommet!

    Mme Thériault, c'est de notoriété publique, manque de culture! Son ignorance de l'histoire tout court saute aux yeux! Comment expliquer qu'elle occupe un poste aussi élevé qui exige autant de connaissances que de sensibilté à l'endroit de la place de la femme dans la société?

    Il faut craindre que sa nomination soit un reflet de l'intérêt que porte le gouvernement à l'endroit du combat des femmes pour l'égalité et aussi, ce qui serait plus grave, un reflet de sa propensation à chercher toute solution dans l'initiative individuelle et l'effort personnel!

    Systématiquement, l'approche collective semble écartée et la démarche du chacun pour soi privilégiée! Comme en matière de langue ou de garderies, de santé ou d'économie! Un autre façon de penser et de gouverner!

  • Jacques Lanouette - Abonné 2 mars 2016 08 h 58

    Ne pas trop penser et agir!

    Avec toutes les considérations que l’on peut avoir pour une femme qui œuvre dans le domaine politique, la ministre Thériault ne semble pas vouloir s’appuyer sur toutes les forces vives au changement. C’est alors faire des causes défendues un choix individuel. Et le féministe est un mouvement de changement incontournable dans nos sociétés occidentales. De plus, à travers les arguments de Mme la ministre, qui ne se dit pas féministe, ressurgit le vieil argument d’anti-intellectualisme véhiculé depuis Duplessis jusqu’à aujourd’hui.

  • Colette Pagé - Inscrite 2 mars 2016 09 h 37

    Inclure et ignare !

    Les mots sont lâchés : inculte et ignare. Tels sont malheureusement, dit avec respect, les qualificatifs que l'ont peut utiliser pour caractériser la Ministre qui n'est pas la personne de la situation pour défendre la Condition féminine.

    Lorsque l'on est incapable d'identifier une seule femme parmi toutes les femmes qui ont mené à la dure les combats pour l'évolution de la conditon féminine cela démontre à l'évidence l'inculture de la Ministre probablement incapable de faire l'historique de l"évolution de la condition féminine et d'identifier ses objectifs pour la route à parcourir.

    Habituée du rétropédalage, la Ministre qui semble réfléchir peu avant de parler et qui préfère jouer les gros bas en s'associant au boys club, sème la polémique sur son passage.