Pour le français au Québec

Événement particulièrement rare dans la vie politique québécoise, nous avons assisté la semaine dernière à une conférence de presse commune des chefs des deux principaux partis de l’opposition à l’Assemblée nationale. Ils faisaient front commun pour défendre les employés d’Aveos congédiés en 2012. L’idée était excellente et elle avait d’autant plus de poids qu’elle était véhiculée d’une même voix par M. Péladeau, du PQ, et M. Legault, de la CAQ.

Je suggère de répéter cette expérience pour cette fois se porter à la défense de la langue française au Québec. Les journaux nous apprenaient récemment que la loi 101 s’avérait incapable d’assurer l’intégration à la majorité francophone d’une bonne partie des immigrants adultes, que de nombreux immigrants adultes (60 %) ne suivaient pas de cours de français et que, dans peu de temps, les francophones sur l’île de Montréal ne seraient plus que 42,3 % de la population si l’on augmente à 60 000 le nombre d’immigrants reçus annuellement, comme les libéraux prévoient le faire.

Le PQ pourrait faire de nouveau front commun avec la CAQ dont l’idée d’un rapatriement d’un certain nombre de pouvoirs liés à l’identité québécoise est déjà dans les plans.

Pourquoi ne pas ajouter les forces du PQ et réclamer du fédéral, lors de la prochaine campagne électorale, le rapatriement exclusif de tous les pouvoirs en lien avec l’identité québécoise : l’immigration, la langue, la culture et les communications.

Si le fédéral refuse, un référendum serait tenu et il serait certainement gagnant puisqu’il serait appuyé par la majorité des francophones du Québec ainsi que par Québec solidaire et Option nationale.

Cette stratégie pourrait contribuer à battre les libéraux aux prochaines élections puisque plusieurs des 25 % de francophones qui votent pour eux (les nationalistes) pourraient être tentés par l’idée d’assurer une fois pour toutes la pérennité du français au Québec. Cessons nos divisions et unissons-nous pour une intégration harmonieuse de tous les immigrants, clé de l’avenir du français et de l’identité québécoise.

3 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 1 mars 2016 04 h 35

    la pérennité du français au Québec.

    Commençons par ne pas remplir les Plaines d'Abraham à chaque fois qu'un Paul Mc McCartney, qu'un Metallica ou qu'une Madona s'y présente et je supporterai ce principe du «Français au Québec».

    PL

    • Jean Richard - Abonné 1 mars 2016 10 h 37

      Il faut peut-être faire la différence entre l'industrie et la culture. McCartney, Metallica et Madona, ce sont des produits industriels et non culturels. Tout comme Céline Dion d'ailleurs. On ne devrait pas exagérer l'influence qu'ils peuvent avoir sur la culture, même s'ils participent probablement un peu trop à la survalorisation de l'anglais.

      Il faudrait toutefois voir comment les médias nationaux d'autres pays se positionnent face à la langue et à la culture. Grâce à internet, nous pouvons désormais nous brancher avec bonheur à d'autres médias.

      Deux ou trois exemples. Vous aimez la musique ? Cultura-Brasil vous en met plein les oreilles, avec une forte majorité de contenu brésilien (le réservoir est vaste il faut dire). Les Brésiliens savent donc comment faire de la radio très intéressante en portugais et semblent avoir résisté à l'envahissement commercial de l'anglosphère. Et si vous préférez la musique dite classique, Cultura-FM vous enchantera. On est loin de Radio-Canada.

      Traversons l'océan et restons dans un environnement lusophone. La RTP fait encore de la radio en portugais, avec Antena 1 pour le grand-public et Antena 2 pour les auditeurs plus avertis. La RTP a résisté à l'envahissement américain, ce qui ne l'empêche pas, bien au contraire, de nous offrir une programmation de qualité. On y entend même des chansons en français boudées par... des stations françaises.

      Le modèle à ne pas imiter toutefois, c'est le modèle français. Avec Radio-France, on se rapproche de Radio-Canada. Le français ? Cachez cette langue que nul ne saurait entendre... Mise à part sa section dite classique, Radio-France se conjugue à tout, sauf à ce qui n'est pas de langue anglaise, comme si la culture française avait programmé son obsolescence pour enfin disparaître.

      Aurions-nous besoin d'une radio et d'une télé québécois ayant comme mandat de faire vivre la culture francophone au Québec (ce que la SRC ne fait plus) ? Peut-être. Mais est-ce que ça va suffire ?

  • Sylvain Auclair - Abonné 1 mars 2016 16 h 44

    La CAQ

    La CAQ a refusé de voter avec le gouvernement Marois pour renforcer la Charte! A-t-elle changé d'idée depuis?