Pas d’amour pour eux!

Comme la Saint-Valentin arrive bientôt, nous voulons profiter de l’occasion pour dénoncer le fait que les personnes assistées sociales n’ont pas le droit de vivre l’amour. En effet, selon la loi de l’aide sociale, on peut être accusé d’être en situation de vie maritale dans une des trois situations suivantes : si l’on a la même adresse, si l’on s’entraide ou si l’on est dénoncé par une tierce personne. L’aide sociale déclenche alors une enquête. Si les personnes ne sont pas en couple, elles doivent le prouver.

Pour les personnes qui sont en couple, si les deux sont prestataires de l’aide sociale, ils reçoivent un seul chèque, diminué de plus de 300 $ par mois. Pour les personnes dont le partenaire travaille, le montant du chèque est ajusté en fonction de son revenu, jusqu’à possibilité de ne plus rien recevoir.

L’aide sociale met les personnes en situation de dépendance et de fragilité ouvrant la porte à toutes sortes d’abus possibles et de violence. C’est une perte de liberté totale !

En 2016, il est difficile pour des personnes bénéficiant de l’aide sociale de vivre pleinement l’amour, car cette situation apporte du stress et de l’insécurité. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement du Québec de modifier la loi de l’aide sociale de façon à ce que, de la même manière que pour la régie des rentes du Québec, les individus reçoivent chacun leur chèque. Parce qu’une personne égale un chèque pour vivre dans la dignité.

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6 commentaires
  • Sylvain Mélançon - Inscrit 13 février 2016 05 h 43

    Logique

    C'est sensé, et ça cadrerait bien avec l'objectif de rétrécissement de l'appareil gouvernemental de Philippe Couillard, par la diminution du nombre d'enquêteurs.

    Et ça serait déjà un pas dans la direction du revenu minimum garanti, ou revenu de base inconditionnel.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 février 2016 07 h 39

    Chèque/amour

    J'ai un peu de difficulté à faire le lien entre l'amour et les chèques du gouvernement. C'est probablement à cause de la base dont vous vous servez.

    J'ai quelques questions qui me chicotent devant celle-ci :
    Et que fait-on de ceux qui vivent ensemble et ne s'aiment pas ?
    Que fait-on avec ceux qui sont en amour avec la femme de leur voisin ?
    Il y en a quelques autres, mais vous voyez le topo.
    Percevez-vous mon dilemme ?
    Comment voulez-vous qu'un fonctionnaire départage tout ça, qu'il eut été un jour (ou pas) en amour ?

    Une bonne idée serait de rephraser votre propos et le représenter une autre journée que le 14 février.

    Bonne journée de la St-Valentin (avec votre amoureux)

    PL

  • Christian Montmarquette - Abonné 13 février 2016 08 h 38

    L'amour coupable de fraude


    Comme on peut le constater une fois de plus dans cet article criant de vérité. La loi de l'aide sociale est une loi scélérate, qui rend même fautifs ceux et celles qui voudraient simplement avoir droit à une vie affective normale, sans risquer de se voir attaquer par l'État et couper de son revenu.

    Autrement dit, l'aide sociale rend l'amour coupable de fraude!

    - Comment est-ce encore possible en 2016??

    - Comment se fait-il qu'aucune poursuite légale contre cette loi qui va à l'encontre des droits humains les plus élémentaires n'ait encore été faite?

    Car il faudrait procéder au plus vite.

    Ça n'a aucune sens, de priver les prestataires de leurs revenus simplement sur le fait qu'ils ou elles, ont un amoureux.

    Je ne comprends même pas que la Charte des droits et libertés du Québec et la Constitution canadienne permettent de tels abus de l'État sur les gens les plus vulnérables.

    Christian Montmarquette

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 13 février 2016 08 h 47

    … St-Valentins humains !

    « Comme la Saint-Valentin arrive bientôt, nous voulons profiter de l’occasion pour dénoncer le fait que les personnes assistées sociales n’ont pas le droit de vivre l’amour. En effet » (Membres, ADDS-QM)

    Plusieurs obstacles tendent à court circuiter ces élans de tendresse-amour qu’espèrent, avec dignité, vivre et assumer toutes ces personnes qui, en situation d’aide de dernier recours, cherchent en s’en sortir !

    De ces obstacles, on-dirait que, facilités par la modernisation des « boubou-macoutes », où du ministère qui les engage à fort prix, l’on préfère gérer davantage, hélas ! (Brrrr … !), des St-Valentins politico-économiques que des …

    … St-Valentins humains ! - 13 fév 2016 -

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 14 février 2016 08 h 05

      en ce jour de St-Valentin, frisqueux et ensoleillé, souhaits de bonne fête accompagnent tant nos coeurs que nos personnes : yahou ! - 14 fév 2016 -

  • Jean Jacques Roy - Abonné 13 février 2016 09 h 57

    Si les personnes ne sont pas en couple, elles doivent le prouver.

    L'Assemblée Nationale a réussis à s'entendre pour voter une loi qui permet de "mourir dans la dignité"!
    Faudra-t-il maintenant faire voter une loi qui stipule le droit universel de VIVRE dans la dignité, d'aimer, d'être aimé.e et de vivre dans la joie?
    l'État, sous prétexte d'appliquer la loi de SOLIDARITÉ SOCIALE (ancien BS), exerce des contrôles et des restrictions monétaires si aberrants sur les plus démuni.es, qu'il contrevient au fondement de la vie sociale et de la "solidarité": Vivre et mourir dans la dignité humaine.

    Trop souvent, pour justifier le traitement barbarre, crétin, sans coeur et avaricieux avec lesquels sont traités nos concitoyen.nes les plus démuni.es, on les traitera de tous les noms et de tous les préjugés pour se plaindre que les assisté.es sociaux vivent à même nos impôts!
    Et pourtant, pour assurer notre qualité de vie collective, est-ce que nous nous plaignons qu'une partie de nos impôts servent à dessiner des espaces verts, à se préoccuper de la santé des arbres qui nous entourent, à y entretenir d'immenses parques publiques au sein des villes pour y pratiquer des jeux et des sports?
    Nous protégeons et aimons les chiens, les chats, les bélugas, les arbres, les fleurs et le gazon et nous avons des budgets pour protéger notre environnement! C'est à croire qu'on aime mieux et donnons de meilleurs soins aux plantes et aux animaux domestiques que l'État n'en procure aux plus pauvres des êtres humains.