Les Néo-Québécois et le français

Les immigrants hésitent à se familiariser avec la langue commune (« Le français, non merci », Le Devoir, 27 janvier). Pour affronter le phénomène, on propose la plupart du temps des solutions partielles, sectorielles, circonstancielles : augmentation du nombre de cours de français, amélioration des cours, intégration des nouveaux venus dans les quartiers, promotion de la francisation, nouvelle politique d’immigration, etc.

Il y aurait lieu de faire en sorte que les gouvernements, québécois ou canadien, et les partis politiques québécois, les P.P.Q., si l’on veut, pensent à des solutions globales : favoriser le multilinguisme individuel, officialiser l’unilinguisme de l’administration fédérale (armées, sociétés d’État) et provinciale, du commerce, des industries, donc du monde du travail. Tant que les gouvernements d’Ottawa et de Québec n’adopteront pas de mesures structurantes et ne feront pas du français une langue rentable, une langue incontournable, une langue de promotion ou d’avancement, on tournera en rond. Tous les P.P.Q., fédéralistes, autonomistes ou souverainistes, devraient fouiller dans leur besace. Chacun a intérêt à ce que le français progresse au Québec et dans le ROC, que son avenir soit davantage assuré.

Comme l’a écrit Gérard Dagenais en 1973 : « Si l’on fait du Québec un État français, tout le reste découlera naturellement et simplement de ce principe. » Si le principe était adopté, peut-être pourrait-on négliger tous les cataplasmes évoqués.

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4 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 30 janvier 2016 08 h 27

    Immigré

    Vous êtes en train de demander à un immigré qui a tout laissé derrière lui ou elle de ce qu'il ou elle «connait» de «limiter ses options» et d'adopter une mentalité «de cartier» qu'il ou elle ne connait ni d'Ève ni d'Adam. Allez-vous les attacher avec une chaine ou un câble ? Et la réplique sera probablement «Ils n'avaient qu'à ne pas venir ici». Mais... Ils ne «savent» pas où ils vont. Et pour sortir de «l'enfer», tu vas promettre tout et n'importe quoi. «Vous serez libre» leur dit-on; eh bien... alors...

    Vous savez... la mentalité de clocher, je commence à en avoir plein mon casque.

    PL

    • Sylvain Auclair - Abonné 31 janvier 2016 16 h 47

      Au Québec, c'est l'unilinguisme anglais qui confine ses usagers dans un ghetto.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 1 février 2016 07 h 29

      «Ghetto» ici est très péjoratif si ceux qui y vivent se sentent faire partie d’un plus grand cercle qui nous et les entoure. Tout dépend toujours du point de vue et des frontières que tu considères comme les tiennes. Je n'en prends comme contre-exemple ceux «d'ici» qui se considèrent comme citoyen du monde. Eux n’en ont même plus.

      Personne ne peut être «forcé» de se limiter, c'est toujours une question de choix, enfin... dans un pays libre. «Personne ne vit en vase clos», sauf ceux qui s’enferment eux-mêmes, par choix.

      Une nationalité, une façon de vivre et de penser ne s’impose pas, elle se partage, ou pas. De tous ceux qui ont essayé d’imposer une façon de vivre à d’autre, aucun n’ont réussi. Nous avons encore trop d’exemples de groupes qui imposent ou veulent imposer leur vision des choses et ils font beaucoup de dommage. Je ne fais qu’une très limité différence entre les méthodes, l’extrémisme est toujours à proscrire et elle se reconnait même dans sa plus petite émergence : l’intolérance. En rajouter ne la fera pas disparaitre.

      Et la méthode Trump d’ériger des murs nous semble ridicule; étrange tout de même, non ? Lui aussi se sent «menacé». Pour certains, le problème c’est «nous». Tout dépend toujours du point de vue.

      Merci d’avoir partagé le vôtre.
      (Non, je n’ai pas de solution, mais «faire des différences» semble apporter plus de problèmes que d’en régler car le choc des cultures est constant et les conflits toujours devant. Je n’en vois pas la fin.)

      PL

    • Benoît Cazabon - Abonné 1 février 2016 09 h 30

      Monsieur Lefebvre,
      Dans un état où la langue d'usage est une réalité, tout le reste découlera naturellement. Votre raisonnement ne tiendrait ppas la route en Allemagne,en France, en Suède. Tu apprends la langue du pays. Mais ici,my a pas de pays et c'est ce qui vous permet de penser en peureux.