Luc Ferrandez et le populisme ambiant

Au soir des dernières élections municipales, j’étais passablement déprimé. Soudain, Luc Ferrandez est apparu sur nos écrans, disant à peu près ceci : « Les gens du Plateau ont choisi de faire des sacrifices individuels pour bâtir un mieux-être collectif. » Soudain, cette triste soirée s’illuminait. Ferrandez tenait là un discours à contre-courant du populisme ambiant.

Churchill ne promettait que de la sueur et des larmes, Kennedy demandait à ses concitoyens de se préoccuper de ce qu’ils pouvaient apporter à leur pays plutôt que de ce qu’ils en pouvaient recevoir. Chez nos politiciens, en revanche, c’est à qui comblera le mieux l’électeur de faveurs et de cadeaux. Il faut promettre de meilleurs services de santé et d’éducation, mais surtout pas d’accroître les tarifs ou les impôts. Il faut prétendre être à la pointe de la lutte contre les changements climatiques, mais pas question d’augmenter le prix de l’essence ou le coût du stationnement. Il faut avoir le meilleur réseau électrique du monde, mais les tarifs les plus bas. Il faut imputer tous nos maux aux autres, Albertains, musulmans, sans jamais nous remettre en question. Surtout, il ne faut jamais parler de sacrifices.

L’action de Luc Ferrandez est d’autant plus courageuse et rafraîchissante que c’est un homme de gauche et que, pour notre malheur, nos politiciens de gauche sont généralement allergiques aux notions d’effort et de responsabilité.

J’espère que Luc Ferrandez restera actif en politique et que Montréal saura engendrer d’autres leaders de sa trempe.

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1 commentaire
  • René Pigeon - Abonné 28 janvier 2016 16 h 07

    « nation, société distincte » versus « identité nationale »

    En parlant de sacrifices proposés aux électeurs désireux de construire un mieux-être collectif, Luc Ferrandez a fourni la définition d’une « nation » contemporaine ou d’une « société distincte », qui ne se réduit pas aux particularités qui interpellent les membres de la nation et les distinguent des sociétés « étrangères ».