Les lamentations d’un marchand d’art

Dans son édition du 20 janvier, Le Devoir nous annonçait la fermeture de la Galerie Donald Browne après dix ans d’existence (« Le Belgo perd un autre espace », Le Devoir du 20 janvier). La perte d’un lieu de diffusion de l’art contemporain est toujours une triste nouvelle. Mais il y a la manière dont M. Browne l’a faite qui est encore plus déplorable, en accusant certains grands collectionneurs d’avoir boudé sa galerie. Les collectionneurs achètent selon leur goût esthétique, et je pourrais également reprocher à certains d’entre eux de ne pas porter attention à mes artistes ou de ne pas visiter ma galerie. Mais je m’en garde, car je comprends leur réticence et elle est réciproque : je ne partage pas leurs choix. C’est ce qui fait la diversité et la vitalité d’un milieu artistique. Le métier que nous avons embrassé est difficile, particulièrement dans un petit marché comme le nôtre. Et ce n’est pas en jetant la pierre aux consommateurs d’art contemporain que Donald Browne soutiendra le travail de ses collègues qui persistent à exposer nos artistes malgré l’économie chancelante du pays.