Optimisme en itinérance?

Lors de sa présence au Dîner des rois à l’Accueil Bonneau, le maire de Montréal a fait état de son optimisme pour la lutte contre l’itinérance. Il est de bon ton de garder espoir, mais le maire Coderre devrait prendre acte des propos de soeur Nicole de l’Accueil Bonneau rapportés lundi par Le Devoir : « C’est bien de vouloir sortir les gens de la rue… Mais l’important est qu’il n’en arrive pas aussi continuellement de nouveaux. Or, la demande est croissante. »

Pourtant, le maire soulignait l’engagement accru des gouvernements, notant avec raison l’importance de la Politique nationale de lutte contre l’itinérance adoptée en 2014 par le gouvernement Marois. Depuis, le gouvernement du Québec fait effectivement preuve d’un engagement soutenu, dans la mise en oeuvre d’actions contribuant au… développement de l’itinérance.

A contrario de ce que prescrit la Politique en itinérance, Québec a fait des compressions dans l’accès des prestataires d’aide sociale aux programmes de réinsertion et aux centres pour toxicomanes. Le gouvernement a complètement sabré la hausse prévue du soutien aux organismes communautaires, parmi lesquels on retrouve de nombreuses ressources actives pour réduire et prévenir l’itinérance.

Dans le dernier budget Leitão, le nombre de nouveaux logements sociaux financés a été réduit de 3000 à 1500, dont seulement 550 logements pour Montréal pour tous les besoins, familles, personnes seules. Depuis vingt ans, Montréal n’a jamais eu aussi peu de moyens ni une part aussi faible du budget.

Avoir plus de pouvoirs pour Montréal pour lutter contre l’itinérance ou avoir plus de moyens ?

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5 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 12 janvier 2016 02 h 47

    Un gouvernement, mais a quelles conditions

    Il n'est peut etre pas inutille de dire, que l'objectif actuellement est de camoufler, ce qui ne peut être montré, le gouvernement sachant tres bien que pour certaine coupure le mal ne se fera peut être sentir que dans cinq ans et peut être plus, quel opportunisme de bas étage et attitude méprisable

  • Yves Côté - Abonné 12 janvier 2016 05 h 11

    Un maire ?!

    Un maire !?
    Mais où ça, donc ?
    Oui, quelqu'un qui en fait office est bien en place depuis les dernières élections municipales pour régler les petites affaires courantes et faire plaisir au Canada ravageur de Québec.
    Mais un vrai maire avec une intention de continuité dans ce que nous sommes à Montréal... ?
    Qui regarde vers le pauvre monde pour l'aider ?
    Qui se soucie des rues et des trottoirs ?
    Des jardins et des places publiques ?
    Du métro et du transport en commun en général ?
    De la culture ainsi que du passé ?
    Un maire comme on en a connu quelques-uns tout de même ?
    Qui fait des erreurs mais jamais ne s'attaquent à notre désir d'y être chez nous ?
    Pardon Monsieur Gauvreau, mais là, faudrait quand même pas exagérer !
    Si c'est ce que vous attendez, vous n'avez certainement pas fini d'attandre...
    Même si votre parole est pour moi ici aussi parfaite en perspicacité que révélatrice de notre errance politique actuelle...

    Tourlou !

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 12 janvier 2016 06 h 24

    … l’itinérance !

    « Avoir plus de pouvoirs pour Montréal pour lutter contre l’itinérance ou avoir plus de moyens ? » (Pierre Gaudreau, coordonnateur, RAPSIM, Mtl)

    Pour aider à aider l’optimisme de Montréal, et de son maire, pouvoirs et moyens demeurent comme deux atouts indissociables susceptibles d’assurer une gestion saine du phénomène de l’itinérance.

    De ces atouts, reste, maintenant, tant des ressources que des personnalités publiques, et de la communauté ambiante, à développer mutuellement une stratégie du faire conséquent et, aussi surtout, à savoir-comprendre-interagir-découvrir ce merveilleux monde de …

    … l’itinérance ! - 12 jan 2016 -

  • Daniel Le Blanc - Inscrit 12 janvier 2016 06 h 39

    Découragez-vous pas...

    Les soupes populaires et les dortoirs publics sont les symboles iconographiques de la Grande Dépression des années 1930. Toute la misère de ces années y est représentée, alors que les oeuvres de charité de l'Église étaient débordées par le nombre. L'État a du alors intervenir car la situation causée par les abus du laisser-faire économique l'exigeait. Pourtant aujourd'hui l'État ferme les yeux et le public est aveuglé par les mirages du consumérisme. Si on calculait tous ceux qui ne travaillent pas en 2015, on serait peut-être surpris de constater que la crise actuelle est comparable à celle de la Bolduc.

  • Jean Forest - Inscrit 12 janvier 2016 16 h 52

    Une lutte sur tous les fronts

    Tout à fait d'accord avec la dénonciation des reculs imposés par l'actuel gouvernement aussi bien par le coordonnateur du Rapsim que par soeur Nicole de l'Accueil Bonneau mais qui ne sait pas que le triste cortège des itinérantEs à Montréal, entre autre, contient un fort pourcentage de personnes souffrant de maladies mentales non soignées parce que les portes tournantes de la psychiatrie conventionnelle renvoient sans cesse des gens à la rue.
    Or, depuis quelques années déjà le docteur Olivier Farmer, un jeune psychiatre-entrepreneur, travailleur de rue dont la base d'opération est la Mission Old Brewery à Montréal a mis en place un programme qui fonctionne et qui en a déjà sorti quelques centaines de la rue. Lui et son équipe sont toujours à pied d'oeuvre. Face à cette honte nationale qu'est l'itinérance, toute forme d'espoir mérite d'être soulignée et soutenue. Empressez-vous d'aller écouter l'entrevue que le docteur Farmer a accordée à l'émission « Le 21e » du 31 décembre dernier et dont voici le lien radiophonique : http://ici.radio-canada.ca/emissions/le_21e/2015-2 Il y explique pourquoi et comment la psychiatrie peut et doit changer. Pour des milliers de parents qui, comme moi, ont vécu ce drame cet espoir en vaut mille autres.
    Jean Forest, New Richmond