Le mythe du référendum perdu à Québec

Le 20e anniversaire du référendum de 1995 nous a ramené le vieux mythe plateaupithèque du référendum perdu à Québec.

Le Oui à Québec (Charlesbourg, Chauveau, Chutes-de-la-Chaudière, Jean-Talon, La Peltrie, Lévis, Limoilou, Louis-Hébert, Montmorency et Taschereau) a fait 55 % (254 876 c. 208 150). Une performance somme toute honorable considérant que Québec comptait à l’époque 3 % d’allophones et 2 % d’anglophones et qu’André Arthur, au sommet de son règne, vargeait sur le Oui trois heures chaque matin et deux heures chaque midi.

La faute aux Beaucerons (Bellechasse, Beauce-Nord, Beauce-Sud, Mégantic–Compton et Montmagny–L’Islet) qui ont voté Oui à seulement 46 % (65 925 c. 78 759) ? Un peu faible certes, mais un négatif de seulement 12 834 pour le Non au final explicable par les quotas de lait.

Le référendum s’est perdu dans l’Outaouais (Gatineau, Hull, Pontiac, Chapleau et Papineau), où le Oui s’est arrêté à 27 % (54 378 c. 143 744). Les 54 288 voix qui manquaient au Oui pour le pays sont là, gisant sur les rives des Outaouais, là où Dollard avait pu arrêter les Iroquois en 1660. C’est d’autant plus étonnant que Parizeau avait promis d’embaucher tous les fonctionnaires fédéraux québécois, ce qui avait eu un impact négatif chez ceux de Québec qui croyaient être « bumpés » par les grands frères.

Après 20 ans, il faudrait que les Plateaupithèques « déboguent » à un moment donné. S’ils étaient plus perspicaces, ils se demanderaient pourquoi on compte, en moyenne, 11 % plus de bulletins dans les boîtes des 10 circonscriptions anglo-allophones de Montréal (Acadie, D’Arcy-McGee, Jeanne-Mance, Marguerite d’Youville, Mont-Royal, Nelligan, NDG, Robert-Baldwin et Westmount), que dans les 115 circonscriptions du Québec. Rappelons que dans ces 10 circonscriptions, le Oui a fait 63 877 contre 347 905 Non, un écart de 284 028, cinq fois les votes manquants pour la terre promise.

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