À propos de «La ferme impossible»

Dans son édition du 26 octobre, Le Devoir traitait de La ferme impossible, un ouvrage dénonçant « la législation et les structures industrielles » qui distinguent, selon l’auteur, l’agriculture québécoise de celle des autres provinces.

Il y a lieu de faire une distinction entre les lois sur la salubrité des aliments, qui encadrent la vente d’un produit agricole, ainsi que la mise en marché collective et ordonnée, qui lie les producteurs d’un même secteur.

Il n’y a pas de loi ni de règlement qui empêche de consommer les produits cultivés ou élevés sur sa ferme pour sa consommation personnelle. C’est la vente au public qui est réglementée, et cela, pour sa protection.

N’en déplaise aux tenants d’un tel discours, il est faux de prétendre que les conditions de production et de mise en marché sont fondamentalement différentes au Québec qu’ailleurs au Canada.

L’auteur de La ferme impossible pose un regard bucolique sur l’agriculture de subsistance d’il y a un demi-siècle. Tous les secteurs ont évolué. Des lois ont été adoptées pour protéger les consommateurs. Encore aujourd’hui, les entreprises agricoles sont très majoritairement familiales et de plus en plus diversifiées. Je connais plusieurs jeunes issus de milieux urbains qui ont réussi leur rêve de devenir agriculteur. Je ne dis pas que c’est facile, mais si le projet est viable, c’est possible.

L’auteur a une approche très libertarienne et, en ce sens, c’est peut-être son rêve qui est impossible.

4 commentaires
  • Dominique Roy - Abonnée 29 octobre 2015 08 h 14

    Le cauchemard industriel

    ''Tous les secteurs ont évolué. Des lois ont été adoptées pour protéger les consommateurs''. Foutaises. On industrialise, les pesticides pleuvent, les ogm ont le pied dans la porte, la spéculation sur les terres bat son plein, au final, la nourriture n'a jamais été aussi suspecte. L.B

    • Yves Corbeil - Inscrit 29 octobre 2015 13 h 49

      Vous avez bien raison et pendant ce temps là certain essai de s'autosuffire. Vous avez vu le reportage ''un oeil sur la planète'' le secret de la réussite de Singapour hier. Il parlait entre autre de culture vertical. Nous, on comprends rien ici sauf le capitaliste sauvage au service du 1%.

  • Christophe Horguelin - Abonné 29 octobre 2015 10 h 17

    Belle tentative d'intox

    M. Groleau mélange les pommes et les choux pour semer la confusion: 1) attaque idéologique ("libertarien"), qui évite de considérer les arguments avancés; 2) argument du passéisme ("regard bucolique sur l'agriculture de subsistance d'il y a un demi-siècle"), un classique, alors qu'il est clair que l'auteur de La Ferme impossible cherche, pour lui-même et ses semblables, à rendre viable une entreprise commerciale de petite échelle, non spécialisée (l'oeuf seulement, le porc seulement), mais qui inclut la production, la transformation et la commercialisation; 3) appel aux passions (salubrité des aliments, santé publique), alors que les ratages de l'agriculture industrielle en ce domaine sont nombreux (E. Coli?) et que l'abattage à la ferme est permis en de nombreux endroits dans le monde industrialisé; 4) enfin, le demi-mensonge ("pas fondamentalment différentes que dans le reste du Canada"), ce qui est vrai seulement dans le cas du poulet, du lait et des oeufs, et alors que l'auteur du livre compare avec bien plus large que le reste du Canada (États-Unis, Europe), ce qui d'ailleurs est rafraîchissant.
    Il va falloir argumenter mieux que ça pour convaincre les gens que le système en place doit être maintenu dans toute son actuelle rigidité.

  • Armand Roy - Abonné 29 octobre 2015 11 h 33

    M. Groleau vous avez oublié de nous parler du monopole de l'UPA.

    Le Québec est la seule province où seulement un organisme est accrédité pour représenter tous les agriculteurs. Partout ailleurs au Canada le pluralisme syndical est possible. Voilà une condition fondamentale particulière au Québec. Les producteurs agricoles devraient pouvoir adhérer à une organisation de leur choix pour les représenter. Si l’UPA est si représentative, alors pourquoi serait-elle craintive de laisser ce choix aux producteurs? De quoi l'UPA a-t-elle peur?