Une campagne électorale entre le plein et le vide

Si je devais évaluer la campagne électorale fédérale qui tire à sa fin, j’exprimerais quelques jugements, peut-être un peu contradictoires.

Mon premier jugement, sévère, absolutiste et peu nuancé : la campagne a été caractérisée par un trop-plein de vide. En fait, j’ai l’impression de n’avoir rien appris, ou presque, sur les intentions réelles des partis. Et je me suis posé de sérieuses questions sur l’utilité du droit de vote.

Mon deuxième jugement : il y a eu une succession de petits coups de théâtre, liés au niqab, à l’acceptation libérale d’un certain déficit, aux cafouillages de Mulcair sur la question islamique, à la découverte d’un apparent retour de la putréfaction libérale (congédiement d’un conseiller), et j’en oublie.

Mon troisième jugement : les campagnes électorales, dans une certaine mesure, sont plus un combat de boxe qu’un réel « combat » démocratique. On espère en voir un s’effondrer, par K.O.

Mon quatrième jugement : l’islam s’est invité dans le processus, grâce à l’astuce stratégique d’un boxeur appelé Stephen Harper.

Mon cinquième jugement : la classe moyenne a été omniprésente, dans les discours, et les pauvres ont été quasiment absents.

Mon sixième jugement : la démocratie aurait besoin d’une cure de revitalisation. Mais a-t-elle déjà été vivante ?

Qui vivra verra !

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