Une campagne électorale entre le plein et le vide

Si je devais évaluer la campagne électorale fédérale qui tire à sa fin, j’exprimerais quelques jugements, peut-être un peu contradictoires.

Mon premier jugement, sévère, absolutiste et peu nuancé : la campagne a été caractérisée par un trop-plein de vide. En fait, j’ai l’impression de n’avoir rien appris, ou presque, sur les intentions réelles des partis. Et je me suis posé de sérieuses questions sur l’utilité du droit de vote.

Mon deuxième jugement : il y a eu une succession de petits coups de théâtre, liés au niqab, à l’acceptation libérale d’un certain déficit, aux cafouillages de Mulcair sur la question islamique, à la découverte d’un apparent retour de la putréfaction libérale (congédiement d’un conseiller), et j’en oublie.

Mon troisième jugement : les campagnes électorales, dans une certaine mesure, sont plus un combat de boxe qu’un réel « combat » démocratique. On espère en voir un s’effondrer, par K.O.

Mon quatrième jugement : l’islam s’est invité dans le processus, grâce à l’astuce stratégique d’un boxeur appelé Stephen Harper.

Mon cinquième jugement : la classe moyenne a été omniprésente, dans les discours, et les pauvres ont été quasiment absents.

Mon sixième jugement : la démocratie aurait besoin d’une cure de revitalisation. Mais a-t-elle déjà été vivante ?

Qui vivra verra !

9 commentaires
  • Jacques Boulanger - Inscrit 17 octobre 2015 09 h 24

    Et pis après ?

    Votre « Mon cinquième jugement » est immémorial. Depuis quand les pauvres feraient recette ? C'est connu, les pauvres ne votent pas, pourquoi faudrait-il les courtiser ?

    Mais sous l'idée générale de la vacuité des contenus, je vous rejoins totalement pour les misérables fourmis que nous sommes mais, et c'est là tout le contentieux du débat, pas pour la colonie à laquelle nous appartenons, ça c'est important, même primordial. C'est parce que les Québécois ne font pas cette différence, peut-être comme vous, que nous sommes condamnés à subir aux quatre ans la même sempiternelle campagne inodore, incolore et sans saveur avec ici et là quelques incidents de parcours pour agrémenter le voyage. Pour le reste, ça va pas changer grand-chose précisément parce que nos gouvernants qu'ils soient rouges ou bleus ou cailles ne veulent absolument rien changer à part les broutilles habituelles qui vont et qui viennent au gré des saisons électorales.

    Conclusion : il faut une certaine dose d'abnégation et d'oubli de soi pour aller voter dans une campagne pour laquelle le seul but est le changement d'équipe managériale. D'ailleurs, tout ça dans les cirscontances actuelles devrait être confié au privé.

    Vivement, Dan Gagnier au pouvoir !

    • Gilles Théberge - Abonné 17 octobre 2015 10 h 54

      Il est déjà au pouvoir...

    • Yves Côté - Abonné 18 octobre 2015 05 h 15

      "C'est connu, les pauvres ne votent pas, pourquoi faudrait-il les courtiser ?"
      Mais simplement parce que les pauvres sont les plus importants représentants de la réalité quotidienne des choses véritables de toute société.

      Merci de m'avoir lu, Monsieur.

    • Christian Montmarquette - Abonné 18 octobre 2015 09 h 30

      « C'est connu, les pauvres ne votent pas..» -Jacques Boulanger

      - Avez-vous d'autres choses à faire que de propager des préjugés?

      D'ou tenez-vous cette affirmation?

      - CM

    • Jacques Boulanger - Inscrit 18 octobre 2015 18 h 17

      Décidément, avec les solidaires, il faut mettre la barre sur les «t» et les points sur les «i». M. Montmarquette, vous devez le savoir, chez les moins nantis, les déshérités, la partipation aux élections est beaucoupr moins forte que dans le population normale (au sens gaussien du terme, faut-il le préciser, misère) d'où mon affirmation. Comment puis-j'être plus clair !

      À désespérer.

    • Serge Morin - Inscrit 18 octobre 2015 21 h 00

      M.Boulanger
      C'est 64 interventions que ce monsieur a célébrées en 2 jours
      Vous allez manquer de barres sur les "t"

  • Dominique Roy - Abonnée 17 octobre 2015 12 h 59

    Le cynisme c'est d'enfariner la situation avec de l'humour pour ne pas pleurer. L.B.

  • Jean Jacques Roy - Abonné 17 octobre 2015 23 h 42

    "Les pauvres quasiment absents"

    Je crois que vous êtes le premier sociologue qui, dans ce journal et en rapport avec la présente élection nous fait cette remarque. Effectivement, si nous regardons ce que disent les stastistiques de Revenu Québec, on peu penser que 50% de la population du Québec (je n'ai pas les chiffres pour le reste du Canada) a été oubliée dans cette campagne. C'est là le pourcentage des contribuables qui déclarent des revenus qui s'échalonnent entre 1$ à 25,000$ bruts annuels.

    Vous avez tout à fait raison de souligner cette anomalie... Une société si riche comme la notre qui, en cette période où les dirigeants se disputent le pouvoir politique, oublie de regarder en bas de l'échelle. Ce sont pourtant ces "pauvres", parmi les plus riches, sont payés au salaire minimum! Ce sont aussi souvent des travailleur.euses saisonniers, des femmes monoparentales, des étudiant.es super-endetté.es, de petits artisans, des artistes... et j'en passe parce qu'il faudrait considérer que ces pauvres vivent dans les quartiers "pauvres" en services et en qualité de logement déjà trop chers pour loger les familles. J'en passe, parce qu'il faudrait voir les différents visages de la pauvreté: celle des personnes qui doivent vivre l'humiliation du misérable chèque de l'aide sociale, celle des personnes au chômage forcé, celle des personnes âgées confinées dans une chambre et dépendant du minimum des soins, celle des enfants qui partent à l'école sans déjeûner, celle des communautés amérindiennes...
    Si ces pauvres "survivent" et retrouvent une dignité de vie ce n'est pas en raison des politiques de coupures et d'austérité gouvernementale. Non, l'aide et le support ne viennent pas d'en haut. La solidarité et le support proviennent du bénévolat, des organismes communautaires laiques et ou confessionnels.
    Les pauvres, les médias en parle lorsqu'un drame survient... Et trop souvent on pense que la Guignolée de Noël règle chaque année l'injustice sociale et la pauvreté!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 18 octobre 2015 04 h 04

    … osent !

    « et les pauvres ont été quasiment absents. » (Jean-Serge Baribeau, sociologue, écrivain)

    Absents ou pas des débats de l’actuelle campagne, on a vu que, dans certaines régions, ces « pauvres » dont on parle se sont manifestés, et ce, de manière à étonner ben du monde qui les envoyait paître dans les calendres grecques !

    En effet, et d’un exemple de circonscription, des personnes d’abord, d’un des MPDA, ont décidé de faire une cinquième édition de son Guide électoral !

    Pour ce faire, ils ont préparé et soumis aux CandidatEs rencontrés (tous, sans exception) une série de questions portant sur divers thèmes, dont ceux du monde des « handicaps », de l’immigration et de l’avenir du Québec ; des questions-thèmes susceptibles de saisir, ou de connaître-apprécier, leur vision et position personnelles et de parti à ces égards !

    De ces rencontres, cordiales et détendues, un Guide en a émergé et circulé au sein de l’organisme impliqué, du monde des médias ainsi que des ressources communautaires, étatiques et politiques ; un Guide apolitique !

    De cet exemple non exclusif, cette douceur :

    Absentes ou pas des débats, certaines personnes, dont on risquerait ne pas voir ni entendre ?, se présentent et …

    … osent ! - 17 oct 2015 -