Un silence suspect

Une commission parlementaire de l’Assemblée nationale du Québec travaille depuis peu sur la question des paradis fiscaux, un enjeu évalué à quelques milliards de dollars pour Revenu Québec. Bizarrement, les banques (incluant Desjardins) et les grandes firmes comptables ont fait savoir qu’elles ne témoigneraient pas. Pour un prétexte ou un autre, elles n’auraient rien à dire. Comme si elles ignoraient ce que font, pour éviter l’impôt, les gens et les sociétés qui ont beaucoup d’argent. Ben voyons donc ! Qui va les croire ?

Les banques et les firmes comptables défient publiquement l’autorité de l’Assemblée nationale. Pendant ce temps-là, nous, contribuables et épargnants ordinaires, on paie la part du fardeau fiscal de leurs gros clients et on assume, bon gré, mal gré, les frais de gestion qu’elles décrètent.

Qui les arrêtera ? Si elles ne reconnaissent pas l’autorité de l’Assemblée nationale, peut-on compter sur le gouvernement fédéral ? Silence radio. À mon souvenir, la question des paradis fiscaux n’a pas été abordée sérieusement dans les débats que les chefs de parti ont tenus durant la campagne électorale en cours.

Le silence des banques et des firmes comptables sur les paradis fiscaux est un aveu de complicité. Avant, pendant et après les faits. Faut-il se croire revenu aux débuts de la commission Charbonneau ? Je ne sais pas, on ne m’en a pas parlé.

10 commentaires
  • Gaston Bourdages - Inscrit 9 octobre 2015 05 h 47

    Bravos et mercis monsieur Lebel...

    ...de dénoncer cette réalité. Il s'agit de vos argents, de nos argents, de mon argent dont il est fondamentalement question. Nous sommes les bailleurs de fonds des argents admnistrés par des personnes élues qui elles ont besoins et recours à des structures administratives en la personne des gens de la fonction publique. Elles et eux aussi payeuses et payeurs de taxes et d'impôts.
    Vous et moi entendons souvent(?) dire: «Pas grave, c'est le gouvernement qui paie...»
    Sommes-nous conscients ?
    De me questionner aussi sur la moralité «habitant» les paradis fiscaux ?
    «Pas grave, ce sont les «petits» qui paient»
    Gens de chez Desjardins, gens des banques, gens de cabinets comptables, vous en pensez quoi ?
    Oseriez-vous briser un «silence suspect» ?
    Gaston Bourdages,
    Auteur - Conférencier.

  • Richard Bérubé - Inscrit 9 octobre 2015 07 h 27

    Bienvenue dans le monde financier, aujourd'hui c'est vendredi et il pleut!

    Malheureusement ce n'est pas le gouvernement du Québec qui fera changer la pratique....c'est universelle et c'est permis en catimini par les gouvernements mondiaux, car se sont les riches qui les mettent au pouvoir...aux USA, la campagne électorale présidentielle de 2016 coûtera au bas mot 5 milliards de dollars, qui paient pour cela monsieur Lebel....les banques et associés, et ils font ce qu'ils veulent, et si ils se mettent dans le pétrin, c'est encore le petit qui paiera pour les sortir du trou.....pourquoi? parce que c'est cela que le fameux 1% à décidé, nous on a rien à dire....hier Ben Bernake sortait son livre, cet ancient président de la Fed américaine en 2007-2008, et il crait haut et fort que les banquiers responsable de la débĉle finançière de 2008 auraient dû être emprisonnés pour leurs crimes, différents de ses propos du temps, et surtout que la prescription pénale pour accuser les responsables était terminée..on est toujours vendredi et il pleut....

  • Dominique Roy - Abonnée 9 octobre 2015 08 h 00

    La révolution française, ça vous dit quelque chose?

    C'est l'histoire d'une population qui, un jour, en a eu marre de se faire spolier par le 1%. L.B.

    • Richard Bérubé - Inscrit 9 octobre 2015 12 h 26

      Monsieur, Madame, il y a une tradition pour les étudiants d'Oxford en Angleterre, jeunes gens de familles très riches, qui lors de leurs initiations brûlaient un billet de 100 livres sterling (argent britanique) dans la face de personnes très pauvres des homeless et disaient en le faisant moi je peux me permettre cela par toi!!!cette année la tradition a changée et maintenant dans les ''Cereals Bars'' ils se paient des bols de céréales à 20.00$ et font la même niaiserie....mais cette année il y a eu des émeutes dans ces bars car la population en a soupé des riches etc....la colère gronde et cela ne fait que commencer....on est sur le bord de la plus grande crise économique qui soit, et cela sera mondial....attachons nos tuques...

  • Luciano Buono - Abonné 9 octobre 2015 08 h 19

    Forcer à témoigner

    Il serait temps que les institutions parlementaires (québécoise et fédérale) aient un peu plus de mordant. Comme par exemple aux États-Unis où les dirigeants d'entreprise peuvent être forcés à témoigner sous serment devant un comité du congrès (dernier en lice, Volkswagen USA cette semaine).

  • François Dugal - Inscrit 9 octobre 2015 08 h 26

    Deux raisons

    Il y a deux raisons à l'absence de banques :
    1- les banques, qui prêtent au gouvernement, tiennent celui-ci par la partie de l'anatomie prévue à cet effet. Elles font le chantage suivant : n'écoeurez pas nos excellents clients, sinon ....
    2- ces mêmes excellents clients sont également les généreux donateurs, quelle coïncidence !

    • Yves Corbeil - Inscrit 9 octobre 2015 11 h 46

      Généreux donateurs et des industriels qui peuvent déménagé leurs entreprises très vite et très facilement avec la mondialisation et l'intérêt pour l'emploi partout sur la planète avec les cadeaux qui viennent avec.

      Vite le retour des indignés pour contrer ce fléau.