Des mesures d’austérité qui vont coûter cher

Nous sommes nombreux à décrier les coupes sauvages imposées à nos écoles et, par voie de conséquence, à nos enfants. Nous sommes tout aussi nombreux à rappeler que les plus touchés seront les élèves à besoins particuliers.

Quand on a, comme moi, un enfant « différent », on mesure toute la tragédie et l’effet dévastateur de ces compressions iniques sur nos enfants. Le gouvernement nous demande d’attendre ; il nous dit que le Québec doit d’abord résorber son déficit et, qu’ensuite, nos enfants retrouveront les services auxquels ils ont droit. Il semble aberrant que des ministres a priori instruits ne comprennent pas que quelques mois seulement d’interruption de service risquent de compromettre tout le travail de fond effectué auprès de nos enfants pour leur permettre d’aspirer à une vie à peu près « normale ». Quelques mois sans orthophonie, et un enfant peut perdre les acquis de plusieurs années. Quelques mois sans psychoéducation, et un élève autiste peut retomber dans des épisodes d’anxiété dont il gardera longtemps des séquelles.

Mais, puisque le gouvernement ne semble comprendre que le langage purement comptable, laissons de côté l’aspect humain de cette tragédie pour nous concentrer sur les questions d’argent : un enfant qui perd des services va nous coûter plus cher collectivement à terme. Il ne développera pas toute l’autonomie à laquelle il aurait pu parvenir, aura potentiellement plus de mal à terminer ses études et à trouver du travail ; il paiera donc moins d’impôts que s’il avait été correctement soutenu dans son enfance. Le manque à gagner généré par les compressions budgétaires va forcément finir par nous rattraper. L’élève qui va développer de l’anxiété et des problèmes de comportement en raison d’un manque de soutien risque également de prendre plus de médicaments ; cela aussi va nous coûter plus cher collectivement. Ses parents seront plus à risque d’épuisement et pourraient devoir s’absenter plus souvent du travail ; là encore, des coûts à prévoir pour la collectivité.

Bref, d’un point de vue humain comme d’un point de vue comptable, les coupes en éducation sont un mauvais calcul.

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