Honte et tristesse

« Intéressons-nous à nos voisins. Arrêtons d’avoir peur des autres. Voilà un acte politique », disait Jamel Debbouze, au printemps dernier, faisant référence au climat de tension qui existait, et qui persiste toujours, en France, depuis la tragédie de Charlie Hebdo de janvier 2015. En ces temps où la cause des migrants occupe le devant de l’actualité mondiale, la question de l’Autre revêt donc une importance fondamentale. En fait, qui est cet Autre qui nous vient d’ailleurs devient la question du jour.

On constate que la grande majorité des migrants fuit pour échapper à la violence de la guerre, pour sauver leur vie et celle des leurs, pris dans des conditions atroces, et les quelques biens qui leur restent, enfouis dans des baluchons de misère. On constate aussi que plusieurs chefs d’État ont été très raidement touchés par la crise migratoire, y étant confrontés à cause de l’arrivée massive de migrants sur leur territoire ou ceux de pays limitrophes.

La photo du corps inerte d’un jeune Syrien de trois ans, retrouvé mort sur une plage turque la semaine dernière, est venue frapper l’imaginaire du monde et tout d’un coup, chez nous, secouer la présente course électorale canadienne, alors que le gouvernement conservateur sortant était resté muet sur le sujet depuis le début de la campagne.

C’est donc un mélange de honte et de tristesse qui m’habite aujourd’hui en pensant à ce Canada qui a tant perdu de son lustre — depuis 2006 — et qui ne brille que par son mutisme dans cette crise humanitaire sans précédent. De honte et de tristesse… face à l’autre.

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