Bonheur de lecture

Monique Durand a signé dans Le Devoir une série de textes consacrés à la lumière. L’écrivaine est elle-même dotée d’une écriture lumineuse, riche, belle. J’aimerais ici, simplement, lui exprimer toute mon admiration et ma reconnaissance pour ce bonheur de lecture.

Quel éclat jaillit de son huitième et dernier article évoquant le peintre Fernand Leduc, cet artiste « qui voulait peindre la lumière comme d’autres auraient voulu peindre le vent » !

Durand raconte en quelques lignes les lieux où a vécu Leduc, ces « différentes lumières, devenant un peu chacune d’elles par osmose ». Elle résume brillamment l’île de Ré, où la main de l’artiste devient « le mouvement de la mer ». Chartres, où « sa main se voile et devient vaporeuse comme la lumière qui nimbe l’immense cathédrale ». Casano, en Toscane, « réverbérant le marbre de Carrare, à deux pas. Sa main, en Italie, devient une explosion de couleurs vives, une fulgurance ». Puis Paris, Ville Lumière où verront le jour « ses Microchromies, ses ultimes explorations de peintre, les derniers éclats de son travail ».

Enfin revenu à Montréal, Leduc a vécu face à la montagne, où il verra « défiler ses dernières saisons dans les vastes fenêtres d’un lieu qui n’était que luminescence ».

On pense à Rimbaud et L’Éternité. « C’est la mer allée avec le soleil. »