Barreau: le conseil aussi doit démissionner

Le Barreau se débarrassera-t-il de sa bâtonnière comme César s'est débarrassé de sa femme en l’accusant de tous les vices ? Heureusement, le Barreau n’a pas les pouvoirs arbitraires de César et « l’institution que constitue le Barreau du Québec, comme la femme de César dans l’expression bien connue, doit être à l’abri de tout soupçon » (« La femme de César », un texte de Pierre Sébastien paru en page Idées le 18 août). Cette impeccabilité du Barreau ne repose pas que sur la bâtonnière ou le bâtonnier, mais sur toute instance qui prétend exercer le pouvoir en son nom.

En l’espèce, le conseil d’administration du Barreau se serait comporté de façon illégale ou, à tout le moins, aurait pris des décisions exceptionnelles dans un contexte de règlement de comptes politique expéditif (La démocratie ne serait-elle le système idéal que lorsqu’elle donne la majorité à un représentant du vrai Pouvoir ?). En définitive, le Barreau, représenté par son conseil d’administration, ne se serait pas montré à la hauteur de sa mission proclamée.

Oui, il faut des élections pour laver cet embrouillamini ; certains diraient pour nettoyer les écuries d’Augias. Mais il est trop facile de réclamer uniquement la démission de la bâtonnière comme si elle était la seule fautive dans cette affaire. Tous les membres élus du conseil doivent également démissionner et soumettre leur conduite à l’appréciation des membres du Barreau.

Ce faisant, le Barreau démontrerait que le droit et la protection des droits individuels ont quand même progressé depuis l’époque de César. Les institutions puissantes, a fortiori le Barreau, ne demeurent honorables que si elles respectent les droits individuels plus que leur propre image.

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