Le rêve fédéraliste de Couillard

Récemment se tenait le Congrès des jeunes libéraux « conservateurs » du Québec. Le premier ministre en a profité pour réitérer sa dépendance canadienne, tout en semant la peur d’un Québec indépendant qui selon lui serait « viable », mais après des « années de souffrances et de difficultés économiques et financières ». Paradoxalement, son gouvernement n’est-il pas en train de nous faire subir actuellement des années difficiles d’austérité dans un Québec fédéraliste ? Il affirme ne pas vouloir « laisser un pouce aux souverainistes », cependant son attitude d’attentisme vis-à-vis l’État fédéral n’a-t-elle pas pour effet d’affaiblir le Québec, en créant un fossé entre les parties ?

En effet, dans le dossier constitutionnel, M. Couillard est vulnérable, puisque son pouvoir de négociation est nul. Il affirme à tout venant sa foi fédéraliste inconditionnelle. Malgré sa liste d’épicerie qu’il présente aux différents partis fédéraux et la pertinence de certaines demandes, que peut-il faire face à un non ? Il est désarmé et son attitude est désarmante. De plus, ce n’est pas en demandant aux fédéralistes de se prononcer sur « la place du Québec dans le Canada », qu’il renforce sa position de faiblesse. À vouloir se laisser définir par les autres, on perd la capacité de se réaliser soi-même.

Philippe Couillard a beau vouloir détruire les aspirations indépendantistes, lui, que nous propose-t-il en retour, si ce n’est le cauchemar du statu quo, et le danger que la reconnaissance distincte du Québec ne sombre dans l’oubli du temps perdu ?

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