Amphithéâtre de Trois-Rivières: maudit bonheur

L’amphithéâtre de Trois-Rivières ? L’amphithéâtre auquel on a greffé le nom d’une compagnie afin que celui-ci nous coûte juste un petit peu moins cher ? Notre amphithéâtre de 70 millions de dollars établi contre la volonté des gens ? Oui, celui-là même envers lequel l’amour que nous pouvons ressentir se trouve, en partant, mis à l’épreuve…

Eh bien, celui-ci n’est pas seul. Il y a un spectacle dedans que je viens d’aller voir pour en ressortir emballé. La troupe du Cirque du Soleil est énergique, créatrice. Les chansons de Beau Dommage sont vraiment immortelles, on le constate encore, et ici offertes avec la juste dose de renouveau. L’acoustique est extraordinaire, les boîtes de son sont puissantes à souhait.

Tout ça fait qu’on songe à la portée singulière de l’inspiration artistique.

Il ne faut pas être assis trop loin, cependant, pour bien voir.

Et les responsables de l’amphithéâtre gagneraient à hisser des affichettes rétractables dans les sections pour faciliter le repérage de leurs sièges par les spectateurs, car bien des gens avaient l’air de laborieusement chercher leur place.

Enfin, avant que le spectacle ne commence, il ne faut pas manquer, sur la pelouse, le trio formé par Fred Pothier, qui nous offre des chansons québécoises transformées, jazzées à merveille.

Bref, en dépit des très grandes controverses qui ont entouré la réalisation de ce nouvel équipement de spectacle, il est interdit de négliger le bonheur qu’on pourra avoir de s’y rendre cet été. En ce sens, parlons d’un « maudit bonheur », à l’image du titre d’une chanson de Michel Rivard…

Et puis, seul l’avenir nous dira si Trois-Rivières aura fait ici un bon coup.