Économie ou politique

Invité à commenter la Stratégie maritime du gouvernement Couillard, un analyste a déclaré le 29 juin à RDI que ce n’était pas de l’économie, mais plutôt de la politique. De prime abord, on peut le croire, car la création de 2000 emplois par année pendant 15 ans n’a pas d’impact significatif sur une population de plus de 3 millions de travailleurs. Quant aux retombées, on n’y voit que spéculations.

Si la stratégie ne propose que l’augmentation d’activités maritimes, elle risque de ne rien apporter aux Québécois. On l’a vu dans le cas des installations faites pour les granules de bois. Construites par une entreprise américaine sur un sol fédéral pour des besoins ontariens, ces installations, outre quelques emplois de manutentionnaires, ne rapportent des bénéfices qu’aux ports nationaux. En investissant 9 milliards dans la stratégie, les Québécois feraient un immense cadeau aux institutions fédérales.

En réalité, il n’y a qu’une façon de croire qu’une stratégie maritime pourrait apporter des dividendes aux Québécois, ce serait de la mettre en place dans le contexte d’un Québec indépendant ayant l’autorité sur le fleuve et sur son rivage. Autrement, le Québec joue la mouche du coche de La Fontaine.

3 commentaires
  • Michel Blondin - Abonné 4 juillet 2015 11 h 52

    Taper dans le mille

    Bien dit!

    La stratégie maritime du gouvernement Couillard est une stratégie de tape à l'œil.

    Il n'a aucune juridiction sur le maritime, aucune juridiction sur les ports, aucune juridiction finale sur son exploitation ou son environnement. Une stratégie d’eunuque; il veut, mais ne peut pas.

    Ce constat évident, c'est celui, malheureux pour le développement du Québec s'étendant sur trois siècles de visées, pour centraliser et déplacer les pouvoirs vers l'intérieur des terres du plateau aux bénéfices du Haut-Canada anglo-saxons. De ces anciens commerçants, par fidélité à la Reine qui fuyaient l’Indépendance des treize colonies au sud, en sont les richards de cette politique encore jusqu’à hier et à n’en convaincre les plus innocents.

    C'est le triste constat que ce fleuve est le cœur du Québec n'a pas respiré ni même transpiré de son potentiel inouï de développement économique pour lui-même et a été détourné pour servir autres maîtres que lui-même et à dépens.

    Les timides libéraux de Couillard vont démontrer à leur insu que le Canada anglais pour ne pas avoir compris que cette constitution fédéraliste est liberticide pour ces Français d'Amérique, que même eux, si tant ils leurs restent une tête, doivent se déprendre de cette dernière « infantisante ».

    Le fait que quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est libre de son destin, de ses choix et de son avenir énoncé par son ex-chef libéral a peut-être apaisé un mouvement et fait manquer au Québec un rendez-vous historique, il y a 25 ans. Il ne peut, cependant, faire le coup plus d’une fois sans que cet ancien parti des patriotes trahisse une autre fois l’évidence de l’avantage de s’occuper de ses propres affaires pour ses compatriotes. Depuis le temps!

    C'est donc un article qui tape dans le mille.

  • Claude Bariteau - Abonné 4 juillet 2015 14 h 56

    Un ballon plein de poudres aux yeux

    La stratégie maritime du gouvernement Couillard ne mérite pas cette appellation. On y trouve deux engagements flous, la création 1) de deux pôles logistiques, le premier à Vaudreuil, le second, plus tard, à Contrecoeur, et 2) de « zones industrialo-portuaires » non identifiées, qui grugeront 80 % du budget.

    J’ai lu le document et n’ai pas trouvé ce qui caractérise un projet économique, mais un ballon d'essai annonçant l'intention de ce gouvernement de desservir l'ouest pour ses exportations et ses importations en aménageant des relais à venir sur le Saint-Laurent.

    Comme le disent Michel Blondin et les auteurs du article, c'est un coûteux cadeau qui révèle l'aplatventrisme de ce gouvernement, ses absences, mais surtout son art de préparer le futur du Québec en province aux services du Canada et du capital par des infractures payés par le peuple québécois.

    Voilà ce qui explique que cette stratégie fait abstraction de l'état des lieux, que rappelle Blondin, mais aussi ne fait pas allusion aux infrastructures actuelles, aux ajouts envisagés et aux transits actuels de marchandises, par rapport à ce qui se produira.

    Quant au choix de Vaudreuil, qui ouvre à la section de canalisation pour le transport en provenance de l’ouest ou vers l’ouest, c'est le silence total bien que ce gouvernement ne sait qu'il aura pour conséquence de favoriser les ports des Maritimes et ceux de la côte est des États-Unis au détriment de ceux du QUébec : Montréal, Québec et Sept-Îles.

    Enfin, cette stratégie passe sous silence une modification récente dans la gestion du niveau d'eau entre Cornwall et Trois-Rivières à la faveur d'une gestion adaptative, sous l'autorité du CMI, des niveaux du Lac Ontario et du Saint-Laurent, rendant les niveaux du Saint-Laurent dépendant du lac Ontario et des lacs plus à l'ouest.

    Vraiment, cette stratégie est de la poudre aux yeux à rejeter à la faveur d'une approche valorisant les activités sur le Saint-Laurent au service du peuple québécois.

    • Robert Beauchamp - Abonné 5 juillet 2015 12 h 04

      Les économies réalisées dans les coupures vont donc alimenter les subventions octroyées dans des secteurs dirigés par d'autres? Le fédéral coupe dans les transferts en santé, le Québec coupe dans le secteur de la santé. Les subventions octroyées enrichiront les promoteurs tout en ne compensant pas en terme de création d'emplois subalternes, les pertes d'emplois occasionnés par les coupures de services spécialisés.
      Il rationne les uns pour satisfaire la gourmandise des autres.