He had a dream, I had a dream, we had a dream

Ayant eu la chance insigne d’être présent lors de la fameuse marche pour les droits civiques, à Washington, le 28 août 1963, je vais d’étonnement en étonnement lorsque je prends note de tous les événements racistes et raciaux qui ébranlent la société états-unienne.

Comme la fille et la petite-fille de Madeleine, ma merveilleuse compagne, vivent à Charleston, South Carolina, j’y suis allé au moins dix fois au cours des dernières années. Charleston est une ville magnifique. Il y a, toutefois, une tension « occasionnelle » qui se détecte « nerveusement », « neurologiquement ».

Il y a un peu plus d’un an, nous étions, Madeleine et moi, à Savannah, en Géorgie. Ce qui nous a frappés, c’est que dans la ville même, on rencontre très peu de Noirs.

Après une journée dans cette ville, nous devions retourner en Caroline du Sud. Mais nous avons manqué la bonne route. Je suis alors entré, un peu en dehors de la ville, dans une sorte de dépanneur, situé dans un bâtiment rudimentaire. Je voulais acheter de l’eau (il faisait 140 degrés) et m’informer en ce qui concerne la bonne route. Il n’y avait là que des Noirs et le propriétaire était un Noir. Au début, la réception fut très hostile parce que je n’avais pas payé l’eau avant de m’informer sur la bonne route. Puis, j’ai fait allusion au fait que j’étais « a French Canadian from Montreal ».

À ce moment-là, le type m’a donné une chaleureuse accolade, et toutes les personnes présentes m’ont serré la main. Puis, on m’a expliqué le pourquoi de cette hostilité, ce qui m’a beaucoup éclairé. Ensuite, le type a choisi son plus beau papier et il a magistralement dessiné la marche à suivre. Qu’ajouter ?

Il faut écouter la chanson A Change Is Gonna Come, composée par Sam Cooke, au début des années 60. Et il faut relire ou réécouter le discours historique de Martin Luther King, I Have a Dream.

Le vivre-ensemble sera-t-il possible, un jour, aux É.-U., et partout sur cette pitoyable planète ?

À voir en vidéo