Rencontre inattendue avec les Premières Nations

J’ai souvenir du samedi 7 août 2010, dans le cadre enchanteur des Correspondances d’Eastman, dans la série Rencontre inattendue. Je m’étais retrouvé dans la clairière ensoleillée d’un boisé où on avait installé en cercle une série de bûches sur lesquelles on pouvait s’asseoir pour assister et à une rencontre avec Romeo Saganash et Louis Hamelin, suivie d’une période d’échanges avec les deux hommes. Le programme indiquait : « Connivences et confidences d’écrivains à propos de la nature, du nomadisme, des territoires et des espaces de rencontres. Le portage des mots. »

Assis tout à la droite de Romeo Saganash, j’avais cru remarquer un tremblement dans ses mains, que j’avais alors attribué à la nervosité. J’apprenais deux ans plus tard que Romeo Saganash se retirait de la politique fédérale le temps de traiter un problème d’alcoolisme. Et voilà que l’écoute d’une émission à la radio rappelant les travaux de la Commission de vérité et réconciliation du Canada m’apprend que le problème de M. Saganash relevait, entre autres, d’une réaction post-traumatique due à son séjour éprouvant dans des pensionnats autochtones où il avait été emmené de force comme des milliers d’autres enfants. Au coeur de cette forêt enchantée à Eastman, j’avais donc eu sous les yeux, sans le savoir, un exemple concret, parmi tant d’autres, des effets dévastateurs de la politique effroyable du gouvernement canadien de l’époque.