Ce grand homme seul!

Quelle magnifique photo de « Monsieur » nous donne la une du Devoir du 3 juin. On dirait une peinture de Lemieux ! Jacques Parizeau, mis en cadre par Jacques Nadeau, s’y avance, seul, marchant vers nous, les bras pendants, après les avoir mis à l’ouvrage (l’immense tâche de l’homme d’État), les yeux fermés, comme ayant déjà pris congé du dialogue social, tout recueilli en lui-même au soir de sa vie féconde, pour « se retrouver en paix avec [lui]-même », ainsi qu’il le disait au journaliste Michel Lacombe de Radio-Canada dans sa dernière entrevue.

En y écoutant une dernière fois cet homme brillant, mais ralenti par l’âge, on pense au grand Miron, le seul à tutoyer « Monsieur » (de monument à monument), qui écrivait : « Et le coeur unanime / je serai enfin dévêtu de ma fatigue. » Comme Leclerc retrouvant Lévesque, Parizeau retrouve Miron, les deux représentant les quelques mandarins et poètes qui firent la tranquille révolution du Québec.

On pense aussi à l’autre poète, Vigneault, qui chante encore dans l’urgence : « Nous avons le temps presse / Un travail à finir. Nous avons la promesse / Du plus brillant avenir. »

Au revoir, Monsieur !