1995 comparé à 2015

L’article concernant les déficits zéro de 1995 et 2015 du budget de l’État québécois paru récemment dans Le Devoir sous la signature de l’ex-ministre péquiste Louise Harel fait la démonstration d’une façon tout à fait convaincante de la vacuité du discours du premier ministre Couillard lorsqu’il assimile la démarche autoritaire de son gouvernement en vue de l’atteinte de l’équilibre budgétaire à l’approche du gouvernement Bouchard pour assainir les finances publiques du Québec 20 ans auparavant.

En effet, ce rapprochement entre le gouvernement de Lucien Bouchard, soucieux de consulter les divers partenaires de la vie socio-économique du Québec, et celui de Philippe Couillard, plutôt adepte du recours au bulldozer, ne tient pas la route.

Cela étant dit, madame Harel aurait pu rappeler au premier ministre Couillard, ce qu’il devrait pourtant savoir, que le gouvernement Bouchard avait dû composer à l’époque avec une réduction unilatérale des transferts fédéraux. Ceux-ci furent en effet réduits de 1,4 milliard en 1996-1997 et de 1,7 milliard en 1997-1998. Voilà qui démontre bien pourquoi le gouvernement Bouchard, avec un service de la dette accaparant en moyenne 17 % des revenus totaux de l’État au cours de cette période, se trouvait dans une situation financière beaucoup plus précaire qu’elle ne l’est aujourd’hui pour le gouvernement Couillard, qui consacre à peine 10 % de ses revenus totaux au remboursement de la dette.

N’eût été ces décisions irresponsables et irréfléchies prises à Ottawa par les amis libéraux du présent gouvernement, il n’aurait sans doute pas été nécessaire de dégarnir autant dans les années 90 les rangs des employés des secteurs public et parapublic. Se réclamer, comme le font le premier ministre Couillard et d’autres ténors libéraux, de l’exemple du gouvernement Bouchard pour tenter de justifier la brutalité de leur gouvernement dans l’entreprise d’affaiblissement de l’État québécois relève d’une malhonnêteté intellectuelle qu’il faut dénoncer haut et fort.

15 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 28 mai 2015 05 h 53

    Le PQ de Lucien Bouchard disposait d'une marge de manoeuvre de 4.5 milliards

    Corrigé.

    Le Parti québécois est passé maître dans l'art de faire porter le chapeau de ses politiques régressives aux autres.

    Durant cette même période de transfert du déficit fédéral au provinces de Paul Martin dont cet ex-député du PLC nous parle. Le gouvernement Bouchard a coupé dans la gratuité des médicaments à l'aide sociale, pendant qu'il diminuait inutilement les impôts (une obsession néolibérale) de manière récurrente de la classe la plus favorisée de «4,5 milliards!» par année.

    Le Québec disposait donc d'une forte de marge de manoeuvre sans devoir s'attaquer aux services publics, et ce, malgré les coupures fédérales. Sans compter ce systématique refus de la droite de regarder du côté de la colonne des revenus, et de taxer à leurs justes parts les banques, les multinationales, les riches et les grandes entreprises.

    On sait aussi que le PQ a ouvert la porte à la privatisation de notre système de santé public par la mise à la retraite anticipée de 1500 médecins, 4000 infirmières et 1800 infirmières auxiliaires.

    Il n'y a que «le style» de gouvernance de différent entre le PQ et le PLQ.

    Le Parti libéral, c'est.. Toué, tait toué!

    Et le PQ c'est.. Cause toujours..

    Christian Montmarquette

    Candidat de l'Union des forces progressiste en 2003.

    Référence:

    «Mise à la retraite 1500 médecins et 4000 infirmières»: Pauline Marois n’a pas de regrets :

    http://elections.radio-canada.ca/elections/quebec2

    .

    • François Séguin - Abonné 28 mai 2015 09 h 45

      Vous avez tout à fait raison. Le style diffère, mais les objectifs sont les mêmes. Le PQ est passé maître dans l'art de faire croire que sur les plans économique et social il diffère du Parti libéral.

      Lorsqu'il est dans l'opposition, il clignote à gauche (à peine), mais tourne à droite lorsqu'il est au pouvoir. Néanmoins, il se démarque un tantinet des libéraux : il consulte pour savoir si le bon peuple préfère se faire trancher un bras ou une jambe, alors que les libéraux décident d'emblée sur quel membre l'amputation sera effectuée.

      Il serait fort étonnant que le PQ se transforme pour le mieux sous la gouverne de M. Péladeau.

      François Séguin
      Knowlton

    • Jacques Gagnon - Abonné 28 mai 2015 09 h 56

      Monsieur Montmarquette pense que sa démonstration est convaincante, mais encore une fois truffée de gratuités sans fondements. Il s'attaque constamment au PQ et ça sent la frustration et la hargne.

      Vous étiez candidat d'un parti sans avenir en 2003. Décidément vous maintenez le cap dans le royaume des chimères. Vous savez que les Conservateurs aussi ont déjà été progressistes, mais qui est contre le progrès ? On voit que vous, vous faites du surplace.

    • François Séguin - Abonné 28 mai 2015 11 h 08

      M. Gagnon,

      Vous ne faites aucunement la démonstration que les propos de Monsieur M. sont erronés. Que du vide, de la hargne et du mépris.

      François Séguin
      Knowlton

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 mai 2015 11 h 09

      À Jacques Gagnon,

      À constater votre propre hargne, il semble que j'aie visé juste.

      Quand le PQ s'attaque à «l'austérité libérale», il fait de la politique. Mais quand la gauche attaque à «l'austérité péquiste» qui plus est, en a été le maître d'oeuvre sous Lucien Bouchard et sa religion du déficit zéro.. C'est de la hargne.

      Vous semblez dire que ma démonstration ne tient pas la route, mais vous ne donnez aucune preuve ni agument du contraire; c'est donc votre affirmation qui est gratuite.

      Côté chimères, les péquistes préfèrent défendre un Québec virtuel au lieu de se battre contre les problème du Québec réel.

      Et loin d'être un parti sans avenir, l'Union des forces progressistes est au contraire le parti qui a donné naissance à Québec Solidaire qui vient de recevoir «15%» des intentions de vote et qui dispose de 5 millions de financement. Avec trois députés, 12,000 membres et 320,000 votes, on aura déjà vu pire comme horizon politique.

      Christian Montmarquette

  • François Dugal - Inscrit 28 mai 2015 08 h 01

    Le but

    Le but ultime du gouvernement Couillard est de ramener le Québec au rang de province et les québécois au rang qu'ils occupaient jadis : les nègres blancs d'Amérique.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 28 mai 2015 08 h 59

      Triste , comme commentaire, rien a ajouter de plus, a part le fait que cela doit sans doute venir d'une vie malchanceuse ou ratée? Je crois en regardant autour de moi du moins dans ma génération que nous avons la chance d'accomplir ce que l'on veut...Je vous souhaite sincèrement plus de plaisir dans la vie...

  • Claude Bariteau - Abonné 28 mai 2015 10 h 14

    Pour le passé, Montmarquette a raison. Pour le futur, non.


    Avec Couillard, c'est la même approche que celle de Bouchard. Devant des coupures venant du fédéral, on s'acharne sur les moins nantis et les employés par des coupes. On poursuit les coupures, mais cette fois dans les taxes des mieux nantis.

    Dans un Québec devenu pays disposant de tous ses impôts, il y aurait place à des aménagements autres, car les revenus seraient en hausse à cause d'une affection des dépenses autres que celle des gouvernements canadiens. Y aurait-il des baisses d'impôt ? Probablement. De quelle sorte ? Tout dépendrait de l'appui populaire à l'indépendance et des changements apportés au processus de décision des parlementaires à l'Assemblée législative.

    En quelque sorte, on ne peut pas postuler que le PQ ayant procédé à des coupures coûteuses, il en serait de même dans un contexte d'indépendance. Par contre, dans un contexte de dépendance, il y a tout lieu de penser que ça se poursuivra, l'objectif étant de ratatiner les politiques sociales. On le saura d'ici peu sous Couillard.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 mai 2015 12 h 17

      Corrigé.

      «Dans un Québec devenu pays disposant de tous ses impôts, il y aurait place à des aménagements autres, car les revenus seraient en hausse..» - Claude Bariteau

      Merci pour votre appréciation M. Bariteau.

      Mais en ce qui concerne les hypothétiques revenus impôts supplémentaires de l'indépendance, dont on ne sait même pas si elle arrivera un jour, et dont on ne sait pas d'avantage s'ils seraient mis au service de la population...

      Je vous réponds, moi, qu'il y aurait «20 milliards» par année «immédiatement disponibles» sans référendum, ni indépendance, en remettant à leur place les banques et les grandes entreprises, et en éradiquant la pauvreté, qui a elle seule, nous coûte 8 milliards! par année en frais de santé.

      Évidemment, ça ne donne pas un beau drapeau, mais seulement du concret dans nos poches et pour les services aux citoyens qui continueront, eux, de tirer le diable par la queue d'une main en brandissant leur drapeau de l'autre en attendant le grand soir.

      Mais malheureusement pour nous, les péquistes vivent non seulement dans un pays imaginaire, mais ils vivent aussi dans une social-démocratie imaginaire où le Capital est concentré dans les poches du «1%» des milliardaires comme Péladeau au lieu d'être équitablement et socialement réparti pour répondre à l'ensemble des besoins de notre société et de notre population.

      Christian Montmarquette

      .

    • Gilbert Turp - Abonné 28 mai 2015 12 h 25

      Il faut ajouter que, dans un Québec souverain, le PQ n'aurait plus comme article un l'indépendance car ce serait fait. Une redistributition du politique au Québec en découlerait, sur l'axe gauche-droite.

      Mais tant et aussi longtemps que le Québec sera une province Canadienne, les rapports de force normaux entre gauche-centre et droite ne pourront pas se jouer comme ils se jouent dans les états souverains qui ont la responsabilité entière des lois.

    • André Le Belge - Inscrit 28 mai 2015 16 h 25

      Il y a quelque chose que je ne comprends pas: d'où vient la hargne de monsieur Montmarquette vis-à-vis du PQ et la gentille critique vis-à-vis du PLQ. Le «fouette» au PQ et la taloche au PLQ...

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 mai 2015 18 h 19


      «ll y a quelque chose que je ne comprends pas: d'où vient la hargne de monsieur Montmarquette vis-à-vis du PQ » - André Le Belge

      La hargne comme vous dite, vient du fait que le PQ ose encore se présenter comme un parti social-démocrate, alors qu'il est aussi néolibéral que le Parti libéral lui-même.

      Et il y avait suffisant de quoi être en colère contre le PQ pour fonder un parti politique pour le combattre. Ça vous donne une idée??

      Une colère qui vient beaucoup du fait que le Parti québécois a vargé sur les plus démunis de notre société pendant qu'il gavait les entreprises à raison de 10 milliards par année. Il me semble que ça devrait être suffisant pour que vous soyiez en mesure de comprendre?


      «ll y a quelque chose que je ne comprends pas: d'où vient la hargne de monsieur Montmarquette vis-à-vis du PQ » - André Le Belge

      La hargne comme vous dites, monsieur , vient du fait que le PQ ose encore se présenter comme un parti social-démocrate, alors qu'il est aussi néolibéral que le Parti libéral lui-même.

      Et il y avait suffisamment de quoi être en colère contre le PQ pour fonder un parti politique pour le combattre; ça vous donne une petite idée??

      Une colère qui vient du fait que le Parti québécois a vargé sur les plus démunis de notre société, pendant qu'il gavait les entreprises à raison de 10 milliards par année! Il me semble que ça devrait être suffisant pour que vous soyez en mesure de comprendre?

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 mai 2015 19 h 11


      M. Turp.

      Tout est toujours de la faute des autres avec le Parti québécois.

      De plus, si la question gauche-droite ne peut pas jouer tant que le Québec est dans la fédération canadienne, comment expliquez-vous alors le choix du virage à droite du PQ depuis 1996?

      En fait, c'est ce que répète depuis des années, c'est que le PQ a délibérément fait un choix idéologique en optant pour le néolibéralisme et pourrait parfaitement choisir d'opter pour la social-démocratie s'il cessait de se faire le valet des entreprises pendant qu'il égorge les citoyens.

      Les péquistes sont obnubilés par la seule question nationale et ne se rendent pas compte que le PQ abuse des contribuables

      Que les véritables indépendantistes se le tiennent pour dit :

      Loin d'aider leur cause, les politiques néolibérales endossées par le Parti québécois «nuisent» à leur projet et divise le mouvement souverainiste en deux partis gauche et droite ou PQ et QS pour ne pas les nommer.

      L'Écosse a vu les appuis au «Oui» passer de «20%» à «45%» en l'espace d'une seule campagne référendaire en associant l'indépendance à un solide programme social. Ce qui devrait donner à réfléchir..

      Christian Montmarquette

  • Yvon Bureau - Abonné 28 mai 2015 12 h 33

    Six phrases

    Fait intéressant : tout cet article en six phrases !

  • Yvon Hachey - Inscrit 28 mai 2015 13 h 57

    Excellent texte

    Merci M. Duclos pour votre rafraichissante analyse en forts peu de mots; en effet, le contexte de 1995 n’est pas du tout celui de 2015. Rappelons également que nous n’avons jamais eu de Premier ministre aussi autoritaire que celui que nous avons présentement, la seule image qui me vient spontanément à l’esprit est celui de Maurice Duplessis. Nous sommes très loin des démocrates tel que Robert Bourassa et René Lévesque, même Lucien Bouchard savait convoquer des États généraux et chercher le consensus dans ses prises de décisions. Ce gouvernement est incapable, même de donner l'exemple. Il cache les surplus dans le fonds des générations en tentant de nous faire croire que la situation est désespérée.