Remblayer le fleuve pour pouvoir renflouer le port de Québec

À son arrivée en poste en 2011, le p.-d.g. du Port de Québec, Mario Girard, nous apprenait qu’il devait composer avec des infrastructures vieillissantes nécessitant une mise à niveau coûtant approximativement 150 millions. Son prédécesseur, p.-d.g. du Port durant 22 ans et lauréat ce mois-ci de l’Ordre du Canada, aurait apparemment négligé l’entretien des installations que lui avait confiées Sa Majesté la reine Elizabeth II.

La semaine dernière, on apprenait que le port avait subi en 2014 une perte de 384 000 $. Mario Girard affirmait aussi que la mise à niveau des installations coûterait maintenant 200 millions et qu’aucun programme fédéral d’aide ne visait ce genre d’entretien.

Pour retaper ce port mal entretenu, le plan du p.-d.g. consiste à remblayer 610 sur 375 mètres de fleuve au bout de la péninsule de Beauport, avec l’aide de 150 millions de nos impôts, pour créer deux quais de vrac permettant d’augmenter les revenus du Port au point d’avoir les moyens de le réparer.

Quand bouffer du fleuve en ruinant le panorama du site de la baie de Beauport (19 millions lors du 400e de Québec) devient la seule manière de survivre pour un port accueillant une activité industrielle à faible valeur ajoutée qui persiste à contaminer l’air de poussières toxiques, n’est-il pas temps de stopper la procrastination des 35 dernières années et d’enfin réfléchir à l’augmentation de cette activité loin des zones densément peuplées, tout en continuant d’investir dans des moyens sérieux pour arrêter de polluer la ville ?

2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 20 mai 2015 07 h 48

    Le terrain de jeux de tous les grands prédateurs de la terre

    Toujours la meme chose colonisé un jour, colonisé toujours jusqu'a extinction, voila ce que nous font vire les gens d'Ottawa, quand ce n'est pas un pont, c'est un port, un pipeline, le fleuve, il n'y a pas de limite a leur ambitions et pendant ce temps nous payons et acceptons d'etre dépouillés, de nos terres et de nos maisons, de notre territoire, tellement que nous sommes devenus le terrain de jeux préféré de tous les grands prédateurs de la terre

    • Gilles Théberge - Abonné 20 mai 2015 10 h 23

      Vous avez raison, nous sommes à n'en pas douter en présence d'une attitude purement coloniale digne du dix neuvième siècle!

      Le pouvoir colonial fédéral se fiche pas mal de ce que vous pensez. Son valet, Mario Girard, décide et impose. C'est la réalité. D'autant que le de plue en plus petit dictateur de Québec, Régis est complètement dépassé et inféodé au développement «économique»...

      Comme l'écrivait Thucydide, «les forts font comme ils l’entendent, et les faibles souffrent comme il se doit ».