D’où vient l’idée d’investir dans le port de Québec?

En marge du débat sur ses activités fort controversées de transbordement de matières explosives ou polluantes et de leur transit via les quartiers centraux de la capitale, le Port de Québec affirme sans cesse que son territoire est strictement sous autorité fédérale, qu’il est étranger au Québec, que les officiers du ministère québécois de l’Environnement n’ont pas à y mettre les pieds et qu’il n’est absolument pas question que son projet d’agrandissement pour accueillir plus de matières dangereuses soit soumis à un examen du BAPE.

Or lundi, cette autorité portuaire nous annonce pompeusement un investissement de 89,5 millions devant prétendument permettre d’accueillir davantage de navires de croisières avec, oh surprise, une contribution financière du gouvernement Couillard de plus de 35 millions. La question : pourquoi le gouvernement du Québec, dont la caisse est à sec, devrait-il investir cet argent dans une société d’État fédérale et, de surcroît, sur un territoire qui ne serait pas le sien ? A-t-on déjà vu, au plus lointain de notre histoire, Ottawa injecter ses millions dans l’une ou l’autre des sociétés d’État du Québec, que ce soit Hydro-Québec, la SAQ, la Société immobilière, ou autres ?

En posant ce geste, le gouvernement Couillard crée un précédent plus que douteux en matière de financement des organismes gouvernementaux. Un précédent qui, par ailleurs, en dit pas mal long sur ses capacités à traiter sur une base d’égalité et de respect mutuel avec Ottawa.