Autisme: des miracles avec des bouts de chandelles

Je suis la mère de ce qu’il est convenu d’appeler un enfant à besoins particuliers et je suis à ce titre extrêmement inquiète des propositions budgétaires du gouvernement du Québec pour le secteur de l’éducation.

Mon fils est autiste, il présente un déficit de l’attention avec hyperactivité, des troubles anxieux et une douance. Depuis sa naissance, comme d’autres parents d’enfants dits différents, je me débats dans un système qui n’a pas les moyens de répondre à ses besoins, dans le système de santé, d’abord, puis dans le système scolaire.

Aujourd’hui, nous sommes parvenus à l’école à un équilibre précaire, mais qui fonctionne pour mon fils. Je le vois s’épanouir et progresser au fil des semaines ; mon coeur saigne parfois lorsqu’il trébuche, mais nous sommes soutenus par une équipe extraordinaire, dont j’ai coutume de dire qu’elle fait des miracles avec des bouts de chandelles. Des bouts de chandelles que le gouvernement se propose aujourd’hui de rogner encore. Il y a comme une indécence à vouloir rétablir les finances de la province sur le dos des plus vulnérables…

Quelques mois sans services pour un enfant en difficulté peuvent être suffisants pour compromettre une scolarité et lui faire traverser la mince ligne entre persévérance et décrochage. La suppression de ces services permettra peut-être au Québec de faire quelques économies, mais elle se traduira par ailleurs par de nouvelles dépenses : les enfants dont la réussite sera ainsi compromise coûteront plus cher à l’État une fois rendus à l’âge adulte, leurs parents devront s’absenter davantage de leur travail et, dans certains cas, contribueront à accroître la consommation provinciale d’antidépresseurs et autres anxiolytiques… La formule n’est pas gagnante.

Mais au-delà même des chiffres, il y a tous ces drames humains qui risquent de se jouer dans des familles déjà fragilisées et dans un monde de l’éducation qui s’essouffle à force de pallier les insuffisances de nos gouvernements.

Je vous demande donc au ministre François Blais, au nom des parents de ces enfants à la fois un peu différents et extraordinaires, de renoncer à amputer les budgets de l’éducation et d’oeuvrer pour aider nos enfants à réaliser leur plein potentiel.

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