«Fuck» toute!

Une génération d’enfants-rois à ce qu’on dit. Une génération endettée qui n’aura probablement pas de pension, un âge de retraite à 74 ans, des hypothèques sur 50 ans, des emplois précaires à vie, un système de santé lentement privatisé et un environnement ravagé par leurs parents et leur laxisme. Ses enfants, si elle ose en avoir, auront l’éducation qu’ils pourront, si le système n’est pas détruit sous la pression. Coupes tous azimuts, hausses infinies.

Quand elle marche pour dénoncer ce qui se passe, on lui pète la gueule. « Reste chez toi, étudie », qu’on lui dit. Les gens applaudissent la police dressée à la brutaliser avec la complicité des médias qui la démonise avec complaisance. Quand on l’interroge, c’est pour la ridiculiser. Le même gouvernement imposant l’austérité se vote des retraites et des salaires exemplaires alors que ces mêmes pourris accusés de collusion sont libres comme l’air.

La génération d’avant est en train de lui enlever les acquis sociaux dont ils ont largement profité pour payer une dette qu’ils ont eux-mêmes créée, en prenant des moyens qui ne fonctionnent pas, moyens dictés par une élite qui n’en fera pas les frais. Elle sait également qu’elle ne peut même plus parler d’acquis… Alors que le reste de la société se résigne et la regarde de haut comme si cela ne les touchait pas, elle veut un monde meilleur pour tout le monde. Elle fait la grève, mais on tente de lui enlever ce droit vieux de 700 ans. On lui donne comme alternative de participer à une démocratie brisée qui donne un pouvoir totalitaire à un parti élu par une minorité.

On se demande pourquoi elle ne vote pas. On se demande pourquoi elle a le goût de tout casser… Quelque part, elle a une bannière où il est écrit : « Fuck toute ! »

On ne comprend pas. On la trouve donc conne cette génération d’enfants-rois.

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54 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 14 avril 2015 06 h 42

    Pas de Grand Soir!

    Avec des "Fuck toute", on va pas bien loin! Rome ne s'est pas bâti en un jour! Chacun a son petit pas à faire. Le Grand Soir, ça n'existe pas!

    Michel Lebel

    • François Dugal - Inscrit 14 avril 2015 08 h 49

      Le Grand Soir existe, monsieur Lebel. C'était le 8 avril 2014, journée de l'accession au pouvoir du PLQ : vous en souvenez-vous?

    • Michel Thériault - Abonné 14 avril 2015 12 h 18

      "Le Grand Soir existe, monsieur Lebel. C'était le 8 avril 2014, journée de l'accession au pouvoir du PLQ : vous en souvenez-vous?"

      Triste journée que ce 8 avril. Le jour où j'ai cessé d'être québécois.
      -Un apatride.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 avril 2015 15 h 23

      Il y avait plusieurs pancartes dans les manifestations d'étudiants, certaines drôles, plusieurs pleines d'esprit. Mais on les oublie, et on ne retient que celle-là.

    • Michel Lebel - Abonné 14 avril 2015 19 h 02

      @MM. Dugal et Thériault,

      Élevons un peu le débat! L'expression le "Grand Soir" fait fait partie du vieux vocubulaire communiste ou anarchiste faisant référence à la grande Révolution qui changerait tout, qui nous conduirait à la "Parousie", le Nirvana, le Bonheur absolu sur terre! Vous connaissez les résultats de ce rêve fou!

      M.L.

    • François Dugal - Inscrit 14 avril 2015 20 h 05

      Apres "Le Grand Soir, monsieur Lebel, il y aura toujours "les matins qui chantent".

    • Michel Lebel - Abonné 15 avril 2015 08 h 51

      @ François Dugal,

      Il y a plutôt "les matins qui déchantent".

      M.L.

    • Josée Duplessis - Abonnée 16 avril 2015 06 h 37

      J'appellerais cela la grande noirceur revenue le lendemain de ces élections.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2015 07 h 06

    La faute des autres

    si malgré toutes ces perspectives peu reluisantes, les jeunes ne s'investissent pas davantage dans les partis des gauche pour changer le monde qui sera leur, demain? Qui leur a coupé les jambes, pour marcher? Un vaste complot pour rendre leur colère impuissante?

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 14 avril 2015 08 h 17

      Québec Solidaire semble avoir toutes les solutions a votre constat alarmant.. A ce que je sache ( heureusement) ils ont droit aux memes tribunes pour proposer leurs politiques, pour ceux qui veulent bien s'informer.

    • Hélène Paulette - Abonnée 14 avril 2015 08 h 30

      '' Qui leur a coupé les jambes, pour marcher?''
      Ceux-là même qui les divisent pour mieux les manipuler.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2015 13 h 41

      Madame Paulette, il faudrait peut-être cesser de traiter les étudiantes et étudiantes avec condescendance comme les victimes impuissantes d'une manipulation à laquelle ils seraient plus sensibles que les autres. Il faudrait plutôt partir avec la présomption que ceux qui ne pensent pas comme nous sont suffisamment libres de leurs jugements que quiconque et que la tâche nous incombe de les convaincre. Mais, n'est-ce pas, la masse immense de ces autres qui ne pensent pas comme nous, qu'ils soient étudiants, travailleurs, retraités, sont d'une bêtise sans remède, c'est connu...

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 14 avril 2015 14 h 07

      @M. Desjardins

      C'est très intéressant cette approche naïvement démocratique, qui appelle à discuter, débattre et convaincre. Il faudrait aller faire un tour dans les assemblées étudiantes ou côtoyer les Carrés rouges pour constater qu'ils savent s'y prendre, beaucoup mieux que les Verts conformistes et apathiques.

      Tout de même, lorsque vient le temps de porter ces aspirations et ces arguments à la hauteur du débat public, les obstacles structurels ne peuvent être sous-estimés : si 2,5 millions de bons électeurs contribuables préfèrent suivre La Voix plutôt que d'approfondir leur réflexion et régurgitent ensuite les opinions-minute de Martineau ou de Duhaime, qui polluent les médias les plus suivis par les Québécois, il devient très difficile d'avoir le sentiment d'un débat rationnel.

      L'austérité devient la simple responsabilité du "bon père de famille" qui s'occupe de son monde (remarquez le doux patriarcat mâtiné de populisme) alors que son opposition est le chaos (enfant de la Rue, l'ennemi de Charest).

      Les moyens employés par certains contestataires étudiants sont certes discutables, mais surtout parce qu'ils ne sont pas efficaces, non parce qu'ils mettent en danger les machines distributrices de l'Université.

      Au bout du compte, c'est l'énorme contraste entre la complexité des enjeux et l'attention apportés à ces enjeux par des associations étudiantes par rapport au grossier simplisme de la couverture médiatique de ces mêmes enjeux par les grands médias du Québec qui soulève la colère de plusieurs. Le danger qui nous guette est dans cette indifférence manipulable, non dans cette colère impuissante qui n'est en que le produit...

    • Hélène Paulette - Abonnée 14 avril 2015 19 h 59

      En maniant bien la langue de bois, on peut mépriser sans que ça ne paraisse...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2015 22 h 21

      Rassurez-vous, monsieur Lamy-Thivierge : je partage tout à fait votre analyse, pour l'essentiel. Cependant, si je crois que « l'indifférence manipulable » dont vous parlez est en effet un réel danger, il serait bien décevant qu'elle ait ici plus qu'ailleurs le pouvoir de réduire une juste colère à l'impuissance. Je préfère encore être un peu naïf et croire que ces énergies peuvent être utilement mises à contribution dans un parti de gauche dont les appuis n'ont guère progressé, même après le printemps 2012.

    • Hélène Paulette - Abonnée 15 avril 2015 08 h 35

      Où voyez-vous de la condescendance dans mon soutien aux étudiants qui ont assez de sens commun pour s'opposer à des politiques auxquelles tout le monde devrait s'opposer? La manipulation dont je parle a commencé avec Thatcher et Reagan et j'ai vu, année après année, une lente érosion de nos droits malgré l'opposition de la gauche et les avertissements des syndicats qu'il a suffit de discréditer... Et ça marche. plus on est précarisé, plus on soutient la destruction de l'État qu'on rend responsable de nos malheurs... à notre détriment! Si un groupe regimbe, il est ausitôt discrédité. Comment penser qu'on puisse militer efficacement quand on est à ce point divisés... CQFD

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2015 14 h 18

      Je ne vois aucune condescendance dans votre soutien aux étudiants qui ont assez de sens commun pour s'opposer à des politiques auxquelles tout le monde devrait, en effet, s'opposer. Ce qui me préoccupe, c'est qu'on en fasse des victimes impuissantes d'une entreprise de conditionnement à laquelle tout le monde est en effet soumis, comme monsieur Lamy-Thivierge le relève aussi, mais qui les toucherait davantage. On a bien du mal à accepter que les étudiantes puissent être divisés et que ce ne soit pas forcément parce qu'il s'en trouve de lucides... et d'autres qui sont dans le clos, majorité aisément manipulable, etc.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 14 avril 2015 07 h 46

    Journalistes! Les faits svp!

    Je souhaiterais, en accord avec Sébastien Jean, que les médias rapportent la nouvelle plutôt que de la commenter avec tous les moyens dont ils disposent pour discréditer un camp et justifier les agissements de l'autre. Il y a comme une manie maladive chez plusieurs journalistes de passer leur temps à éditorialiser.

    La semaine passée, l'entrevue inspirante, dense et bien menée de M. Parizeau a été commenté par à peu près tous les journaux, y compris LeDevoir, en soulignant à gros traits épais son point de vue sur le PQ. Il en a parlé à peine 5 minutes et les journalistes se sont garrochés là-dessus en oubliant le reste.

    Si je n'avais pas vu ou entendu l'entrevue au complet, j'aurais eu une impression complètement fausse de la réalité.

    Hé les journalistes!!! Faites-votre job!!! Ou bedon faites de la politique...

    • Gilles Théberge - Abonné 14 avril 2015 09 h 22

      J'ai ressenti le même malaise que vous suite à l'entrevue de monsieur Parizeau. Et ce n'est pas le fait de Michel Lacombe qui a mené une bonne entrevue.

      Je suis plutôt d'avis que c'est le manque de profondeur de ceux qui ont pris le relai qu'il faut questionner.

      Quand je pense que des journalistes réputés sérieux en particulier à la SRC ont pesé lourdement sur cet aspect superficiel de l'entrevue de Monsieur, je ne peux faire autrement que de voir dans ça une sorte de prise de position politique.

      Et je trouve que cela met en question la neutralité et l'objectivité qui devrait primer dans l'information.

    • Pierre Bernier - Abonné 14 avril 2015 14 h 00

      Il est vrai que le journaliste "signe".

      Mais ne faut-il pas rappeler qu’en "amont" et en "aval" c'est le directeur ou la directrice de l'information qui décide ? Y compris du titre, l'imagerie accompagnatrice, l'ordre donné au faits rapportés, et tranche sur l’opportunité publier ou pas... !

      Évidemment, certains journalistes ont intégrés ces critères "éditoriaux" et remettent « spontanément » un reportage qui s’y conforme.

      D’autres agents du premier niveau de ce 4e pouvoir, las que de rapporter, « colorent » ou « mettent en scène » les faits, sous justifications « pédagogiques » !

      Faut dire également que quelques individus, perturbés par la confrérie journalistique qui couvre une thématique font primer (consciemment ou pas) la logique d'émulation de la « meute ».

      Reste que certains faits ou événement rapportés … sont tout simplement incompris par ceux ou celles qui se chargent d’en traiter.

      Rendre compte d’une synthèse, à caractère autobiographique, exige une capacité de prendre de la distance par rapport à l’actualité.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 14 avril 2015 18 h 27

      Monsieur Théberge,

      Je suis bien d'accord que Michel Lacombe n'a rien à voir avec les suites données à l'entrevue. Je trouve qu'il a mené une très bonne entrevue.

      Et c'est justement ce qui est décevant de la part de ceux qui ont, comme vous dites, «pris la suite». Ça ressemble à de la récupération et à de la manipulation de l'information.

    • Robert Lauzon - Abonné 15 avril 2015 08 h 16

      "Fuck toute" disent les jeunes. Comme toujours, les jeunes cherchent un projet de société qui tienne compte de leurs aspirations et de leurs réalités.
      C'est donc en établissant un projet clair sur un Québec vert, prospère, ouvert sur son et sur le Monde que le politique pourra rallier.

      Pour les journalistes, je suis d'accord avec M. Marcoux, la ligne éditoriale déforme les faits en les étirant vers le point de vue défendu par l'institution qui publie l'article.
      Gesca et ses satellites, Radio-Canada défendent le provincialisme. Le premier par habituels intérêts, la deuxième par obligation.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2015 09 h 54

      ... et le groupe Québécor fait dans l'éducation populaire...

  • Gilles Théberge - Abonné 14 avril 2015 08 h 19

    C'est frappant

    Les deux slogans qui courent sont significatifs de l'inculture galopante. Bientôt le borborygme va tenir lieu de phrase. Quoique on sait jamais.

    Pour l'heure, contemplons l'insignifiance dans "Fuck Toute" qui peut se comprendre d'une certaine façon. Et le fameux "Go Habs Go" qui en soi est génial. Parce que ça ne dit rien à ceux qui le scandent sur l'origine de l'Institution qui le porte et que ça les portes dans le seul élan vers l'avenir qui soit à leur portée.

    Et qui sans doute si on le leur faisait remarquer nous répondraient probablement "Fuck You".

    • Jean-Yves Arès - Abonné 14 avril 2015 13 h 01

      «l'insignifiance dans "Fuck Toute" qui peut se comprendre d'une certaine façon»

      L'insignifiance vient du portrait caricatural et exarcerbé brossé ici. Ainsi pour justifier des actions qui ne le sont on beurre épais,
      «génération endettée qui n’aura probablement pas de pension, un âge de retraite à 74 ans, des hypothèques sur 50 ans, des emplois précaires à vie, un système de santé lentement privatisé et un environnement ravagé par leurs parents»

      Puis l'envaissement des rues dans le déhorde devient une simple marche et le contrôle policeirs lui devient un cassage de gueule en règle .
      Victime et innocent quoi !

      Et puis on s'enfonce dans l'ignorance «Elle fait la grève, mais on tente de lui enlever ce droit vieux de 700 ans.»

      SVP, faite nous la liste des droits vieux de 700 ans...

      Une petite lecture facile sur Galilée ici peut donné une idée de l'espace qu'aurait pu avoir un droit grève a l'époque.
      http://tinyurl.com/q6tds44

  • François Dugal - Inscrit 14 avril 2015 08 h 54

    Renouveau pedagogique

    Les étudiants actuels ont été les cobayes qui ont eu à subir les différentes vagues de "renouveau pédagogique"; même le ministre Blais n'est pas satisfait du résultat, c'est dire.

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 avril 2015 11 h 18

      Quel est le rapport avec leur avenir bouché?

    • François Dugal - Inscrit 14 avril 2015 14 h 55

      Ils ne savent ni lire, ni écrire, ni compter. On les a persuadé que l'on peut apprendre sans faire d'efforts. Leurs notes ont été "normalisées". Leur téléphone est intelligent à leur place.
      Alors oui, monsieur Auclair, leur avenir est bouché.