Mirages et terre promise

Le gouvernement Couillard a souligné récemment sa première année au pouvoir. L’effet libéral devait ramener des conditions gagnantes pour le Québec : ce ne fut pas le cas. Après avoir mis ses promesses électorales de côté, le gouvernement Couillard a lancé son vaste programme d’austérité ou de rigueur, selon la nouvelle sémantique gouvernementale. Comme un messie des temps modernes, le premier ministre nous a entraînés dans le désert de la purification des finances publiques pour la sacro-sainte atteinte du déficit zéro.

Pour ce faire, il a rompu le contrat social existant avec la population. Son gouvernement s’est attaqué aux institutions de l’éducation et de la santé en les déstructurant pour mieux les contrôler, tout en les asphyxiant par un financement inadéquat. Il a modulé les tarifs des CPE et a favorisé la création de nouvelles places en garderie dans le secteur privé. La classe moyenne, qui paie la plus grande part des impôts, se voit de plus en plus dans l’obligation d’assumer des augmentations de tarifs de toutes sortes pour les services qu’elle reçoit. Et que dire des classes laborieuses qui voient leur pouvoir d’achat fondre au soleil de l’austérité ?

Ce gouvernement fonctionne à la pièce. Il demande à certains plus qu’à d’autres. La participation des particuliers au redressement budgétaire augmente alors que les charges fiscales des entreprises diminuent. Il fait à la fois miroiter des mirages de baisses d’impôt dans les années à venir tout en affirmant qu’il refinancera les hôpitaux et les écoles qui en auront bien besoin après les compressions imposées. Face à son piètre bilan économique, le gouvernement libéral s’invente des scénarios de prospérité dans le futur d’un horizon à venir. Le nouveau Plan Nord, présenté avec pompe par le premier ministre, est un bon exemple de cette projection de politique-fiction pour les années 2030.

Faire rêver, voilà le mirage libéral. Atteindrons-nous la terre promise, ou est-ce une autre cible à géométrie variable qui disparaîtra au gré de nos désillusions ?

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