Textes chrétiens

Je n’ai rien contre les lecteurs d’opinion qui font paraître des opinions religieuses dans les rubriques aux lecteurs des quotidiens. Ni rien, d’ailleurs, contre un texte que ferait paraître un athée, bien que je n’ai pas souvenir d’en avoir lu. Mais, chrétiennes et chrétiens, pourriez-vous, de grâce, garder vos injonctions moralisatrices pour les occasions où vous vous réunissez avec des croyants comme vous ? Genre : « La fête de Pâques est une belle occasion, au-delà du chocolat, le bon repas, le congé, etc., de chercher à en comprendre le vrai sens ». Ou : « On a perdu, au fil du temps, la raison d’être de Pâques et en nous avons fait une fête païenne ». Ou : « À titre de chrétiens occidentaux, choisiriez-vous le Christ plutôt que la vie », comme ces millions de chrétiens persécutés dans le monde ? S’agissant de cela, les moralisateurs occultent trop souvent le fait que, par exemple, dans plusieurs pays d’Afrique où la religion catholique est dominante, ce sont des chrétiens qui oppriment les musulmans, les athées.

Le problème, ne serait-ce pas la religion, en tant que telle, avec toutes les guerres qu’elle a engendrées depuis sa naissance et continue de le faire encore aujourd’hui ? Les chrétiens qui oppriment à travers le monde font-ils un arrêt sur l’image au cours des semaines saintes et de Pâques, histoire de faire le point sur leurs propres turpitudes et vicissitudes ?


 
5 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 9 avril 2015 08 h 53

    Toute création de religion

    s'incarne dans une culture, dans un contexte religieux et politique. Contexte oblige et limite. On ne pouvait créer une religion chrétienne autrement.

    Religion, ô religion, que de Bien l'on fait en ton nom ! Et aussi : Religion, ô religion, que de Mal l'on fait en ton nom !

    Ce qui est certain, toute religion inventée produit des humains soit meilleurs soit pires. Dit autrement : l'humain se sert de la religion soit pour être meilleur soit pour être pire.

    Pour ce, Sagesse invite à garder à une saine et sainte distance de cette énergie à potentiel infini.

    Toute position me plait, en autant que le motif religieux est clairement identifié.

  • J-F Garneau - Abonné 9 avril 2015 10 h 23

    Vous utilisez le mot "opinion" deux fois dans votre phrase initiale. Pour mémoire, l'opinion est, de fait, un jugement, un avis personnel, une manière de penser.

    Si l'on devait appliquer votre recommandation d'émettre ses opinions "pour les occasions où vous vous réunissez avec des (gens) comme vous ?" avouez que la liberté d'expression en prendrit pour son rhume, et ces pages seraient pas mal moins remplies.

    Je suis athée, c'est bien mon affaire, mais je reconnais le droit aux personnes qui sont croyantes d'écrire leur opinion, sans nécessairement leur recommander de ne partager "qu'entre eux".

    Car ce qui m'agace encore plus que des opinions religieuses "moralisatrices" c'est l'expression qui se dégage parfois, de cette supériorité morale des athées, discréditant, sourire en coin, la quête spirituelle de ses pairs.

    • Gilles Malenfant - Inscrit 9 avril 2015 12 h 15

      M. Garneau, voilà une réponse tout à fait pertinente et je vous félicite pour
      votre votre grand sens de la justice qui vous honore. Moi, je suis croyant
      et cela me rassure de constater que le dialogue est toujours possible entre
      personne de bonne volonté. Merci de votre attention et au plaisir de vous
      relire à nouveau.

      G. Malenfant

  • Victor R. Aubry - Abonné 9 avril 2015 11 h 03

    Étiez-vous Charlie ?

    Avoir été Charlie signifiait-il se réunir entre nous pour bouffer du curé et du musulman ou être Charlie affirmait-il plutôt le droit fondamental à la liberté d'expression, même quand elle dérange ?
    Personne n'a dit alors: "Mais Charlots et Charlottes, pourriez-vous, de grâce, garder vos injonctions amoralisatrices pour les occasions où vous vous réunissez avec des athées comme vous".
    La tolérance à sens unique est de l'intolérance.

  • Cyril Dionne - Abonné 9 avril 2015 17 h 11

    Liberté, liberté chérie...

    La liberté d’expression est primordiale dans toute civilisation démocratique et un droit fondamental de l’être humain. Si nous lui tournons le dos, immanquablement nous retournons à une rétrogradation des civilisations où les dictats des rois, des oligarchies, des dictateurs deviennent une loi divine qui ne peut être transgressée sans une répression personnalisée et particulière. Nous, en Occident, basons essentiellement notre humanité sur trois principes tels qu’énumérés lors de la Révolution française : liberté, égalité, fraternité. Quand nous critiquons les religions, nous ne critiquons pas les êtres humains qui la composent, mais l’idée ou le concept qui semble être néfaste pour tous ceux qui aspirent à la liberté.

    Ceci étant dit, la liberté d'expression incorpore aussi le droit des religions à s'exprimer en autant qu'il ne porte pas atteinte à la liberté d'un individu, d'un groupe ou d'une société et que le discours n'est pas diffamatoire ou tire sa source d'une incitation à la haine. Je me battrai autant pour qu'un groupe religieux ait le droit de s'exprimer librement comme pour un groupe comme Pegida. L'autocensure a toujours meilleur goût. Si on n'aime pas, on ne le lit pas et on ne regarde pas. Ceci s'applique autant pour les caricaturistes de Charlie Hebdo jusqu'à des groupes obscures d'extrême droites, fasciste ou islamofasciste, en autant que les lois et les règlements sociétaux sont respectés. Une "fatwa" par exemple envers un individu est illégale et devrait être condamné dans une société qui se dit un État de droit.