Mise au point

Lorsqu’il est question de formation des enseignants du secondaire, on lit souvent que leur formation dans la discipline qu’ils vont enseigner est très pauvre. Antoine Robitaille écrit que « les enseignants sont d’abord et avant tout formés en pédagogie. Leurs connaissances disciplinaires […] correspondent souvent à un certificat faible en la matière » (Le Devoir, le 19 mars, page A 6). Cela n’est pas exact.

Depuis plus d’une dizaine d’années, le baccalauréat en enseignement secondaire compte 120 crédits de cours, dont la moitié, soit les 3/6, est composée de cours disciplinaires donnés par les départements ou facultés disciplinaires (littérature, linguistique, histoire, mathématique, physique, etc.). 1/6 correspond aux stages en enseignement ; il ne reste donc que les 2/6 des crédits-cours en sciences de l’éducation (et non « en pédagogie ») : cours de psychologie, de sociologie du système scolaire, de didactique de la discipline et de pédagogie (un ou deux sur quarante cours !).

On peut toujours remettre en question ce programme, mais encore faudrait-il le faire à partir d’une information exacte. Il faut souligner que les facultés des sciences de l’éducation n’ont pas la totale maîtrise de leurs programmes ; ces derniers doivent être accrédités par le ministère de l’Éducation (MELS), qui impose ses choix.

Suzanne-G. Chartrand​, didacticienne du français
Le 20 mars 2015
 


La réponse d'Antoine Robitaille

Dans un rapport remis en mars 2014 sur l’enseignement de l’histoire, J. Beauchemin et N. Fahmy-Eid s’inquiètent pourtant : « À l’heure actuelle, plusieurs enseignants d’histoire se voient contraints d’entamer leur carrière avec, au mieux, l’équivalent d’un certificat dans cette discipline. Il s’agit d’un certificat qui en plus est mal construit et composé à peu près uniquement de cours de base. Plusieurs doivent enseigner avec pour tout bagage trois ou quatre cours d’histoire du Québec. Ce manque de formation disciplinaire entretient des craintes justifiées au sujet de la qualité des cours donnés. » Et ce qui est vrai pour l’histoire l’est pour les autres disciplines. Qui croire alors ?

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1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 25 mars 2015 12 h 25

    Je suis allé voir sur le site de l'UdeM

    Je suis allé consulté le site du programme de baccalauréat en enseignement de l'univers social au secondaire de l'UdeM (pas trouvé pour l'UQÀM). Si j'ai bien compris, il y a six cours d'histoire obligatoires:
    Histoire : fondements et méthodes
    Histoire des États-Unis
    L'Antiquité
    Le Moyen Âge occidental
    L'époque moderne
    L'Europe aux 19e et 20e siècles.

    Les cours d'histoires du Québec et/ou du Canada sont des cours à options, soit trois cours parmi les suivants:
    Le Canada préindustriel
    Histoire du Canada contemporain
    Histoire politique du Québec 1760-1867
    Histoire du Québec 1867-1959
    Histoire du Québec, 1960 à nos jours
    Le Canada et le Québec dans le monde
    Histoire des femmes au Canada

    Il y a aussi cinq cours obligatoires et deux cours à option en géographie, ainsi que trois cours à option en histoire et géographie, mais aucun de ces derniers ne porte spécifiquement sur le Québec (voir https://admission.umontreal.ca/programmes/baccalaureat-en-enseignement-de-lunivers-social-au-secondaire/structure-du-programme/ )

    Donc, M. Robitaille a raison: ces enseignants n'auront suivi - au mieux - que trois cours d'histoire d'histoire du Québec. Et peut-être aucun.