Fin de l’État-providence?

On a du mal avec le mot « providence » ? C’est bien normal ; ça nous renvoie peut-être à son caractère religieux dont on veut assurément se passer. Et puis, « providence », ça nous infantilise un peu, nous, les « bénéficiaires »…

On nous dit que dans les hautes sphères de notre État, actuellement, il faille nous débarrasser une fois pour toutes et sans manière de « l’omniprésente nounou ». C’est l’expression qui a été utilisée (rapportée dans Le Devoir par Antoine Robitaille) et qui, encore là, infantilise tous les sujets de Sa Majesté…

Mais sommes-nous dans un royaume ou dans un État démocratique ?

Faire fi de l’État-providence ? On veut bien, mais parlons toutefois d’État responsable. Parce qu’il ne faudrait pas passer directement d’État providence à « compagnie privée ». Alors que dans d’autres parties du monde, on bataille pour que ne s’institue pas de califat, il commence à y avoir des craintes ici que non seulement on oblitère l’État providence, mais que l’État responsable ne se pointe même pas le nez pour nous jeter dans les bras de l’entreprise privée où nous, citoyens, deviendrions des actionnaires ; actionnaires à fortunes bien diverses, on s’entend…

La responsabilité étatique adéquate, c’est tellement de choses : ça va de la gestion incontournable de la banque centrale jusqu’au nid de poule dans les rues en passant par l’école, la lutte contre les épidémies, les relations de travail, etc.

Un État responsable doit s’employer à sauvegarder une certaine cohésion sociale, voire à l’améliorer. Il prend garde, par exemple, de ne pas trop creuser le fossé entre les riches et les pauvres sachant que les inégalités finissent par lui rebondir au visage ; c’est-à-dire créer des problèmes encore plus gigantesques que ceux auxquels on voulait s’attaquer…

Parlons d’État responsable qui essaie de planifier l’avenir dans la transparence et la participation indispensable de la population. Un État responsable qui est édifiant et, par conséquent, dont on sera fiers…

C’est nécessaire.

9 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 18 mars 2015 01 h 03

    Ca en fruste plusieurs

    De toutes les facons, elle n'a en plus les moyens , le monde en a decidé autrement, nous ne pouvons pas sauver le Québec et laisser tomber la planete, le sort des uns et des autres sont intimement liés, nous devons voire a ce que notre eau demeure buvable, que nos forests demeurent en santé, que nos mines ne deversent pas leurs dechets partout , que nos villes et nos campagnes demeurent habitables, voila notre defi actuel, je sais, ca en fruste plusieurs

  • Gaston Bourdages - Inscrit 18 mars 2015 06 h 21

    Et la direction de votre État responsable...

    ...serait assumée, un impératif, par des gens responsables, auto-responsables qui planifieraient de façons responsables, qui organiseraient de façons responsables, qui dirigeraient de la même manière, qui contrôleraient avec la même ligne de pensée et d'actions et qui finalement animeraient de façons responsables. Vous connaissez ce «vieux» principe de la «P.O.D.C.A.» pour «planifier, organiser...etc» Ce que nous pourrions appeler un projet de société? Un projet nourrissant pour toutes les couches, sans exception, de la société.
    À mon humble avis monsieur Martin, votre lettre est un bijou. Vous contribuez à nous faire oublier....corruption, collusion, politique populiste...ouf! que vous lire fait bien(s).
    Ma reconnaissance et gratitude vous sont envoyées.
    Gaston Bourdages,
    Auteur.

    • Gaston Bourdages - Inscrit 18 mars 2015 15 h 18

      Un impair j'ai commis, puissiez-vous m'en excuser. Le titre se doit de lire: «Et la direction de l'État-providence...»
      Mes respects,
      Gaston Bourdages,
      Auteur.

    • Réjean Martin - Abonné 18 mars 2015 21 h 52

      merci! Réjean Martin

  • Jean-Robert Primeau - Inscrit 18 mars 2015 07 h 28

    Bravo M. Martin !

    Je suis parfaitement d'accord avec vous. L'état responsable plutôt que la gueule du loup capitaliste. L'entreprise privée a sa place chez nous mais pas dans les fonctions étatiques. On a vu ce que ça donne quand l'état fait confiance au privé dans le génie civil...

  • Robert Aird - Abonné 18 mars 2015 08 h 00

    Le compromis

    L'Etat-providence est le seul compromis viable que les pouvoirs ont trouvé pour faire accepter le capitalisme et taire la révolte sociale. Depuis la révolution bolchevik, les dirigeants craignaient comme la peste le communisme. La fin de la menace et l'échec du communisme ont annoncé la fin de ce compromis au début des années 80 avec Reagan et Thatcher. C'est au tour du Québec d'assister à son démantèlement, amorcé en fait depuis au moins le gouvernement de Lucien Bouchard.

    • Jacques Gauvin - Inscrit 18 mars 2015 10 h 37

      Vous oubliez que c'est le gouvernement de Lucien Bouchard qui a créé, avec Pauline Marois, les CPE et qui a fait adopté l'assurance médicament. Dire que c'est son gouvernement qui a amorcé le démantelement de l'Etat-providence c'est faire preuve soit de cécité ou d'amnésie.

      Jacques Gauvin

  • Roxane Bertrand - Abonnée 18 mars 2015 13 h 29

    Providence, responsable...mais pour le bien de qui?

    Que la société "vire" à droite ou a gauche, le gouvernement se devrait d'être le syndicat des citoyens. Il est le représentant du peuple face aux compagnies, il est le gardien de l'environnement, il offre services aux "membres" et perçoit sa cotisation juste et proportionnelle.

    Mais quelle dérive!!!