Les bonnes questions

Pour ce qui est de l’implantation d’une mosquée à Shawinigan, je comprends les positions des uns et des autres : oui à une mosquée, parce que tous ont le droit à la « libre expression » ; non à une mosquée, parce que les Québécoises et Québécois ne veulent pas, chez eux, d’enseignements qui vont à l’encontre de nos valeurs.

Certes, il y a de bons musulmans modérés, comme il y a des bons catholiques modérés. Je pense qu’il faut de la part des autorités gouvernementales un bon dialogue avec les autorités musulmanes pour conduire ces dernières à respecter les valeurs profondes de la population québécoise. C’est en ce dialogue que l’on se doit de poser, avec respect et compréhension, les bonnes questions. Est-ce que, dans votre mosquée, les femmes seront séparées des hommes, en les plaçant à l’arrière ? Est-ce que vous allez supprimer les passages du Coran qui donnent à l’homme le pouvoir sur la femme, dont celui de la châtier si elle ne vous obéit pas ? Est-ce que les petites filles, comme cela se fait en d’autres mosquées, feront serment à Allah de porter le voile durant toute leur vie ? Est-ce que l’homosexualité sera présentée comme étant perversion et péché ? Est-ce que vous allez payer vos taxes à la ville ?

Un échange réciproque, comprenant des questions et des réflexions, devrait se faire. Je pense que vous pouvez comprendre, vous frères musulmans, qu’ici au Québec, nous avons lutté longtemps pour l’égalité de l’homme et de la femme, alors nous voulons que, dans les lieux d’enseignement, se fasse la formation de citoyennes et citoyens égaux en paroles et en actes. Ainsi, si vous réformez en quelque sorte la religion musulmane, comme nous avons amené notre religion catholique à plus de modernité, alors nous ne pourrons que vous en féliciter.

24 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 20 février 2015 03 h 33

    La question

    La question est forte simple: est-ce que la liberté de religion est une liberté fondamentale reconnnue au Québec? Si oui, le gouvernement n'a pas à s'imiscer dans le contenu de quelconque religion, pour autant que celle-ci ne viole pas une disposition du code criminel. Bref, un gouvernement démocratique a l'obligation de protéger et de garantir l'exercice de cette liberté fondamentale qu'est la liberté de religion. Cette obligation s'impose évidemment aussi au corps intermédiaire qu'est une municipalité.

    Michel Lebel

    • François Séguin - Abonné 20 février 2015 07 h 50

      Bien d'accord avec votre propos M. Lebel.

      Madame Richard voudrait peut-être que pour tolérer la présence d'une église catholique dans une municipalité l'État s'assure que l'ordination des femmes n'y soit pas interdite, que l'Église autorise le mariage de ses prêtres, jusques et y compris entre partenaires de même sexe, etc. Non, mais...

      Laissons aux gens le droit de croire à ce qu'ils veulent, y compris à des valeurs qui ne font pas consensus dans notre société. Et laissons la police et les cours de justice s'occuper de ceux qui au nom de certaines valeurs religieuses agissent à l'encontre des lois, ou incitent à agir de la sorte. C'est le fondement d'un État démocratique.

      François Séguin
      Knowlton

    • Nicole Vermette - Inscrite 20 février 2015 09 h 11

      Et si une religion traitait les hommes d'êtres inférieurs, je me demande qu'elle serait votre réaction.

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 février 2015 09 h 32

      Mais il faut éliminer du Code criminel les dispositions qui y ont été mises par Irwin Cotler et Paul Martin et qui autorisent les leaders religieux (et, en fait, toutes les personnes croyantes) à faire impunément de la propagande haineuse.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 20 février 2015 09 h 49

      Alors Monsieur Lebel criminalisons les sourates du Coran qui sont des appels à la violence, et le problème du bien vivre ensemble sera réglé...Ai-je bien lu ? Avez-vous lu le Coran, Monsieur ? Plusieurs messages proposés par ces sourates vont déjà contre nos valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité, et sont des appels à la violence...Va-t-on déclarer ces sourates criminelles ? Puis pourquoi empêcher un Gouvernement de s'immiscer dans le contenu d'une religion même si ce contenu ne respecte le droit criminel ? Simplement, d'après vous, parce que ce contenu est qualifié de religieux ? Faut-il attendre qu'un acte criminel soit commis pour nous décider à agir ? Et la prévention alors ?

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 février 2015 10 h 33

      Je me demande, monsieur Lebel, ce que Raif Badawi pense de cette liberté fondamentale... et le fait qu'elle prime sur toutes les autres dans votre esprit.

    • Michel Lebel - Abonné 20 février 2015 17 h 13

      @ Hélène Paulette,

      Vous savez bien que l'Arabie saoudite ne respecte pas les droits et libertés de la personne, et notamment les libertés d'expression et de religion.

      M.L.

    • Michel Lebel - Abonné 20 février 2015 17 h 22

      @ Nicole vermette

      Les discours les plus loufoques, stupides ou grossiers doivent être permis, pouvu qu'ils n'incitent pas à la violence ou à la haine. Cf.: Charlie Hebdo! La liberté d'expression les autorise.

      M.L.

    • Françoise Breault - Abonnée 20 février 2015 17 h 56

      M. Lebel,

      Si une religion accordait moins de droits aux hommes qu'aux femmes, ex: en cour leur parole vaudrait moins que celle de leur femme; l'héritage: la moitié moins que celle de leur femme; que l'homme doit toujours obéir à sa femme, que face au mariage, au divorce ses droits sont moindres que ceux des femmes, etc seriez-vous toujours d'accord pour accorder préséance aux "droits religieux"?...

      Je serais très intéressée à un sondage pour savoir l'opinion des hommes si les chartes disaient que leur droit à l'égalité a moins d'importance qu'un droit religieux.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 20 février 2015 05 h 42

    ???

    « C’est en ce dialogue que l’on se doit de poser, avec respect et compréhension, les bonnes questions. » (Andréa Richard, Trois-Rivières)

    Des questions figurant au texte, et toujours en faveur de tout « dialogue » susceptible d’inspirer courtoisie et confiance entre les communautés impliquées, il convient, d’intérêts publics et politiques, d’en ajouter ou proposer deux-trois autres, dont celles-ci :

    A Quel est-sera le type d’Islam (A, Variantes) visé ou promu : celui du Sunnisme ? Chiisme ? Autres ? ;

    B De l’Islam pratiqué, quel est-sera son rapport d’avec les valeurs d’intégration-participation citoyennes, « laïques », démocratiques ? ;

    C Quelles sont-seront les sources de financement ?, ou ;

    D Pourquoi au Québec plutôt … qu’ailleurs ?

    ??? - 20 fév 2015 –

    A http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam

  • Gaston Bourdages - Abonné 20 février 2015 06 h 09

    Merci madame Richard pour le ton...

    ...posé, respectueux, intelligent de votre questionnante réflexion. Je suis de celles et ceux ayant connu et expérimenté «Hors de l'Église, point de salut!» Dans l'excellent (le goût et ses relativités...) documentaire de monsieur Guillaume Tremblay, Cf. «L'Heureux naufrage», un des philosophes interviewés, dit: «Les évangiles, j'ai lues». Puis d'ajouter: «Les Évangiles d'un côté, l'Église de l'autre»
    Du contenu de votre lettre, je retiens en particulier :« Je pense que vous pouvez comprendre, vous frères Musulmans...» Reste à savoir s'ils veulent ? S'ils en éprouvent le goût ?
    Mes respects,
    Gaston Bourdages,
    Auteur,
    http://unpublic.gastonbourdages.com

  • Michel Thériault - Abonné 20 février 2015 06 h 34

    Une autre bonne question

    Et si nous commencions avec une Charte de la laicité, l'interdiction d'ouvrir de nouveaux lieux de cultes et la transformation de ceux actuellement en service en condos ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 février 2015 09 h 35

      Ridicule. La laïcité regarde l'État. Il ne s'agit pas du tout de faire la propagande ou d'imposer l'athéisme, mais de faire en sorte que les religions et l'État ne se mêlent plus. Interdire l'ouverture de nouveaux lieux de culte, ce n'est pas la laïcité, vu que, justement, il s'agirait d'une immixtion de l'État dans la sphère du religieux.
      Mais évidemment que l'État a le droit d'imposer des règles concernant la sécurité des lieux, le zonage, la fraude (pensons à l'Église de la Scientologie) et la propagande haineuse ou l'incitation à la violence.

  • Gilles Delisle - Abonné 20 février 2015 07 h 39

    Nous avons choisi une immigration provenant de l'Afrique du Nord

    Dans les années 70, ou à peu près, nos fonctionnaires de l'immigration ont misé sur une immigration francophone, ce qui a eu pour effet bénéfique d'économiser sur les COFI, qui francisaient les nouveaux immigrants. Ces nouveaux arrivants pulluluent et les constructions de mosquées également. Alors qu'au Sud, il y a là l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud, dont les populations sont à 100% de religion catholique, et qui, si elles avaient constitué la majorité immigrante, auraient pu pratiquer leur religion dans nos églises, aujourd'hui abandonnées, et même détruites ou transformées de plus en plus. Mais nos services d'immigration ont misé sur les immigrants de l'Afrique du Nord! On n'a jamais su les raisons profondes de ces choix.

    • Gilles Théberge - Abonné 20 février 2015 08 h 16

      D'autant que les gens d'origine latine s'intègrent avec une grande facilité.

    • Robert Beauchamp - Abonné 20 février 2015 08 h 54

      Mme Houda-Pepin, a formellement déclaré que l'extrémisme radical origine des pays musulmans dits anglophones et que donc, toujours selon ses dires, l'extrémisme observé dans les pays d'Afrique francophone est tout récent et est né sous influence et par conséquent n'est pas aussi profondément ancré. Cessons de prétendre ou sous-entendre que l'immigration maghrébine francophone est nocive et que l'arrivée de ces francophones est un prétexte trop chèrement payé; au contraire, ces gens nous arrivent très très instruits et il y a un sérieux problème de reconnaissance de la diplomation.
      Robert Beauchamp

    • Gilles Delisle - Abonné 20 février 2015 13 h 26

      A M. Beauchamp,
      Que l'extrémisme radical soit d'origine francophone ou anglophone importe peu, l'extrémisme, c'est l'extrémisme! Que l'immigration maghrébine francophone soit nocive, cà , c'est l'une de vos prétentions. J'ai mentionné que nos fonctionnaires dans le passé ont fait le choix sur cette immigration nord-africaine plutôt qu'une autre, qu'elle ait été un bon choix ou pas, nous allons vivre avec, et nous verrons le résultat d'ici quelques années. D'ailleurs, l'Institut .de la Statistique du Québec, pour les années 2009 à 2013, mentionne que l'immigration nord-africaine demeure l'une des plus importantes au Québec