Donnons une chance à la réforme Barrette

Durant toutes mes années comme représentant bénévole des usagers dans le milieu de la santé, six ministres de la santé se sont succédé. Jean Rochon et sa réforme majeure, Pauline Marois qui a fait un excellent travail, Rémy Trudel, qui n’était pas à sa place, François Legault et son projet de performance raté, Philippe Couillard, qui a entre autres, transformé les Régies régionales en Agences de santé et services sociaux, réduit sensiblement le nombre d’accréditations syndicales, continué la mise en place de GMF et de cliniques réseaux et lancé la construction du CHUM. Yves Bolduc a assuré la continuité. Le Dr Hébert a fait son possible, mais a manqué de temps.

Malgré tous les efforts de chaque ministre, chacun à sa façon, notre système de santé est toujours aussi mal en point. Plus de 370 000 Québécois se cherchent un médecin de famille, les urgences sont toujours aussi bondées, des salles d’opération ne sont pas disponibles à cause du manque de personnel malgré le fait que de nombreux spécialistes le sont, il manque de places dans les CHSLD pour accueillir les personnes hospitalisées qui monopolisent des lits et qui ne sont pas à leur place.

Que faire pour apporter des changements qui feront fonctionner notre système de santé de façon à donner aux usagers les services auxquels ils s’attendent ? Alors que le patient devrait être le centre des préoccupations tant des médecins que de nos élus, la chicane perdure pour savoir qui va gagner la bataille.

Selon plusieurs analystes d’expérience, il faut donner la chance au Dr Barrette d’améliorer notre système de santé qui, jusqu’à ce jour, s’est avéré un échec. Le projet de loi 10 doit être adopté le plus tôt possible. Présentement, c’est une perte de temps, car l’opposition va tout faire pour retarder son adoption. Quant au projet de loi 20, c’est un électrochoc et, maintenant, le Dr Barrette se doit de prendre la voie de la négociation pour obtenir les résultats souhaités. Pour ce faire, un changement d’attitude de sa part est nécessaire.

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14 commentaires
  • Michel Lemay - Inscrit 9 février 2015 06 h 33

    Réforme urgente

    La première réforme devrait être celle du comportement des Québécois eux mêmes.
    Des patients à l'entrée des hopitaux, assis sur une chaise roulante, branchés à un soluté, fument une cigarette à l'extérieur. La multiplication des obèses en salle d'urgence m'attriste. Le premier devoir du citoyen, à l'égard du système de santé, est de prendre soin de la sienne. Le désengorgement se réduira à mesure que nous prendrons conscience de la nécessaire prévention. Alors les citoyens qui requièrent réellement des soins n'auront plus à souffrir de la négligence d'un certain nombre.

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 février 2015 10 h 04

      Les gens sont gros, soit. Mais le ministre de la Santé le sait et doit adapter ses services en conséquences...

    • Vincent Garneau - Inscrit 9 février 2015 10 h 21

      Donc, il y aurait de bons patients et des mauvais patients. Le bon patient peut être pris avec considération et le mauvais devrait être méprisé, et si on suit la logique, relégué à être patient de seconde zone?

      Ce résonnement est dangereux. Prendre pour acquis que tout le monde démarre au même point d'égalité dans la vie et tout simplement faux. La pauvreté explique le taux de tabagisme, d'alcoolisme, mauvaise alimentation. Essayer de faire votre épicerie dans Hochelaga en regardant l'offre. Les déserts alimentaires, etc.

      Il y aura toujours des personnes plus mal en point pour diverses raisons. Il y aura toujours des fumeurs invétérés à la porte des hôpitaux. Je ne crois pas que viser ces personnes ne changent quoi que ce soit. La prévention, la lutte à la pauvreté peuvent permettre d'aider à ce bilan.

    • Peter Kavanagh - Inscrit 9 février 2015 14 h 27

      Autre chose a changer, ce sont les visites inutiles. On ne vas pas a l'urgence ou a la clinique pour rien. J'ai deja vu du monde jouer au carte en attendant de vois un medecin un samedi apres midi a l'urgence.

    • Gaetane Derome - Abonnée 9 février 2015 14 h 33

      Mme Poirier,

      Pour ce qui est des greffes d'organes,les patients ne sont admissibles en general que s'ils cessent leurs mauvaises habitudes.Ainsi,un alccoolique avec cirrhose ne pourra avoir un nouveau foie s'il continue sa consommation d'alcool,tout simplement parce qu'il va endommager ce nouvel organe..
      Mais je suis d'accord avec M.Garneau,pour son raisonnement il y a plusieurs problemes qui sont plus courants chez les gens defavorises et il ne faut pas juger ces personnes.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 février 2015 07 h 16

      «Des patients à l'entrée des hôpitaux, assis sur une chaise roulante, branchés à un soluté, fument une cigarette à l'extérieur. La multiplication des obèses en salle d'urgence.»

      Vivement que les malades quittent afin que notre système de santé ne soit fréquenté que par ceux qui sont en santé. Ces autres «mésadaptés» seront dirigés vers la psychanalyse.

      PL.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 9 février 2015 08 h 10

    Modèle alternatif

    J'entends trop peu parler, je ne lis pas assez de savoir concernant un modèle de santé alternatif à celui-ci. Il y a une médecine intégrale, une médecine énergétique, une médecine holistique, une médecine préventive, qui complètent la médecine allopathique. A-t-on chiffré les économies pour le Québec si la population entière faisait de l'exercice physique, ( avec du coaching payé par l'État), combiné avec une saine alimentation et de la relaxation quotidienne?
    J'aimerais le savoir, " jusse pour le fun"... Faisons miroirter la carotte...

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 9 février 2015 15 h 13

      Comme souvent, je trouve la réponse à mes questions: le livre Sacrée croissance, de Marie-Monique Robin, parle à la page 208, de centres de santé municipaux, en Argentine, grâce à la démocratie participative et au budget participatif, sur le modèle cubain des médecins de quartier. Je nous souhaite des médecins de quartier!

  • André Michaud - Inscrit 9 février 2015 10 h 01

    Courageux

    Je trouve M. Barette très courageux pour affronter la méga bureaucratie, les corporatrisme des médecins et des syndicats.

    Ce serait tellement plus facile de tout leur donner et se faire réélire en ayant "acheté" ces votes.

    Cependant je suis sceptique sur ses chances de succès, la bureaucratie fera tout garder le statu quo qui pourtant est inacceptable pour les citoyens. Malgré tout, il faut essayer comme le fait M. Barette.

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 février 2015 12 h 14

      Je regrette, mais en faisant de plus grosses structures, il ne pourra qu'augmenter la bureaucratie...

    • Gaetane Derome - Abonnée 9 février 2015 14 h 51

      M.Michaud,

      Le ministre de la sante cherche surtout les votes de la population.Cependant,pour ce qui est de passer la PL 20 sans negocier avec les medecins,en attaquant les femmes medecins nombreuses en omnipratique(ce qui est misogyne),en attaquant aussi les jeunes medecins qui sont deja forces de faire des AMP dans les hopitaux,il n'a pas la bonne attitude comme dit dans l'article ci-haut.
      Les medecins penseront a aller vers le prive ou ailleurs dans le ROC ou il y a moins de coercition.Et les medecins plus ages prendront leurs retraites tout simplement.On ne sera pas plus avance.
      Mieux vaut que le ministre negocie.D'ailleurs les differentes federations et je suis certaine,les comites d'usagers aussi,ont des solutions pour faciliter l'acces aux soins.
      Le ministre a aussi parler de financement a l'activite,c'est a dire que "l'argent suit le patient",ceci fait suite a un rapport d'experts depose dernierement.Il devrait mieux expliquer ceci,car ca me semble une bonne idee.

  • Ginette Joannette - Inscrite 9 février 2015 13 h 16

    Une réforme qui mène à l'escalade

    Lorsque tellement de gens sont opposés à une réforme que le gouvernement impose un baillon, permettez-moi de douter de son succès. Bien pis, cette réforme imposée et non négociée nous mène tout droit à l'escalade et à l'opposition systématique. Pour ma part je ne crois pas que plus c'est gros mieux c'est, bien au contraire comme le démontre plusieurs études scientifiques.

  • Denise Lauzon - Inscrite 9 février 2015 13 h 21

    Un modèle qui fait ses preuves


    Je lisais dans un quotidien récemment un article (malheureusement je n'ai pas pu le retrouver) concernant une ville en Aberta où les médecins sont payés à salaires fixes, mais adaptés selon les spécialités et les années d'expérience. Ce type de fonctionnement semble très bien fonctionner puisque les temps d'attente dans les hôpitaux et cliniques médicales pour les patients sont probablement les plus bas au Canada. L'expérience est si encourageante que d'autres villes dans cette province seraient sur le point d'adopter ce système.

    Je pense que c'est la voie que le Québec devrait adopter.