Un 375e humanitaire, pourquoi pas?

Cher maire Coderre,

Ainsi, la Société des fêtes du 375e anniversaire de Montréal vient de perdre les services de son directeur général. Quelle superbe occasion ! D’abord pour faire le point. Où en sommes-nous de ces célébrations ? Quel en est le budget, actuel ou projeté ? Où va aller cet argent et pour faire quoi au juste ? Je me gratte un peu, parce que je n’ai personnellement pas envie d’un autre feu d’artifice, même s’il est à 375 pétards et 375 pieds dans les airs, pas plus que d’un autre spectacle sur le mont Royal, même avec 375 artistes sur scène…

Selon Tourisme Montréal, il y aurait en ce moment 108 festivals de toutes sortes à Montréal, répartis sur les 365 jours de l’année, ce qui nous fait un festival aux 3,3 jours ! Plus festif que ça, y a l’indigestion. Savez-vous ce dont je rêve pour fêter vraiment comme du monde ce 375e anniversaire, cher Denis ? Je rêve qu’on crée 375 bourses montréalaises pour aider à former 375 super-infirmières de plus pour notre île souffrant cruellement du manque de soins en première ligne ; ou, encore, 375 bourses pour aider à envoyer dans des filières musicales 375 beaux jeunes issus d’un milieu défavorisé (ça peut être un mélange des deux volets, hein, y a pas de souci) ; ou bien qu’on accueille 375 familles de réfugiés des guerres actuelles, de partout dans le monde (l’espace manque, mais chacun peut y aller de sa liste ici).

Pas très glamour ça, je sais. Mais, moi, ça me donne à rêver. D’un 375e humanitaire qui nous ouvre, plutôt que de nous peinturer dans le coin sur une impression de déjà-vu. […]

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3 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 4 février 2015 12 h 02

    L'espace français

    Je crains fortement le réduit dans lequel la présence française s'y retrouvera dans cette célébration. Les français s'y sont établis (dont mon ancêtre en ligne directe) longtemps après que les Montagnais en furent chassés par les Iroquois qui voulaient s'assurer un ralais en prenant le contrôle des grandes voies d'eau. La présence française y fut donc exclusive et s'y est développée pendant plus de cent ans avant que les Britanniques n'en prennent le contrôle. Les Franco-montréalais dont je suis ont poursuivi ce développement jusqu'à ce jour (quatre siècles) . C'est sur ces gens que les célébrations devraient focusser. On voudra certes insister sur l'apport récent des ethnies fortes en nombre ayant tissé le nouveau tissus social et économique de Montréal, soit, mais pas au point s.v.p. (par gentillesse excessisve pour des fins politiques), de laisser l'impression qu'elles ont fondé Montréal lessivant ainsi l'importance historique et l'apport percutant de cette très forte et actuelle présence française de souche.
    Nous méritons.
    Robert Beauchamp

  • Sylvain Auclair - Abonné 4 février 2015 14 h 09

    C'est beau de rêver...

    • Robert Beauchamp - Abonné 4 février 2015 23 h 09

      Je sais...