Le contraire de la misère

Selon le rapport publié par OXFAM, ce 19 janvier 2015, 48 % des richesses de ce monde sont possédées par 1 % de la population mondiale. Ce qui reste — 52 % de la richesse totale — est partagé par les autres.

J’ai fait l’addition des fortunes des dix premières personnes multimilliardaires du monde : Bill Gates (76 milliards, USA) ; Carlos Slim Helu (72 milliards, Mexique) ; Amancio Ortega (64 milliards, Espagne) ; Warren Buffett (58,2 milliards, USA) ; Larry Ellison (48 milliards, USA) ; Charles Koch (40 milliards, USA) ; David Koch (40 milliards, USA) ; Sheldon Adelson (38 milliards, USA) ; Christy Walton (36,7 milliards, USA) ; Jim Walton, (34, 7 milliards, USA). L’avoir des dix personnes les plus riches du monde est de 507,6 milliards de dollars. Les riches sont de plus en plus riches et les pauvres, de plus en plus pauvres. Huit des plus gros milliardaires du monde sont Américains : 371 milliards.

Pendant ce temps-là, plus d’un milliard d’êtres humains vivent avec moins d’un dollar par jour ; un enfant sur cinq n’a pas accès à des études primaires (1,2 milliard) ; près de 900 millions d’adultes sont analphabètes ; chaque jour, 30 millions d’enfants en bas de cinq ans meurent d’une maladie qui aurait pu être évitée ; dans les pays en voie de développement, plus d’un enfant sur dix n’atteindra pas l’âge adulte ; plus de 500 000 femmes meurent chaque année durant leur grossesse ou en couches ; 42 millions de personnes vivent avec le virus du sida, dont 39 millions dans les pays pauvres ; plus d’un milliard de personnes n’a pas accès à de l’eau potable ; 2,4 milliards de personnes ne disposent pas d’installations sanitaires convenables ; en Afrique centrale, une personne sur trois souffre de la faim chronique.

En 2014, l’humanité a dépensé près de 2000 milliards de dollars en armements, soit 4 fois la fortune des 10 hommes les plus riches du monde. Les démocraties occidentales parlent d’aide aux pays en développement. Mais que font-ils, sinon investir afin que cet argent leur rapporte ?

Nous devrions être des centaines de millions à descendre dans la rue pour arrêter le massacre généralisé de nos semblables. Trop occupés à pitonner avec le virtuel, nous préférons ne pas penser à la réalité. L’abbé Pierre disait que le contraire de la misère ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage. Qu’attendons-nous pour l’écouter ?

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