Réponse à «Terres à Québec»

Aucun acheteur du monde agricole ne s’est manifesté. Pourquoi ? Parce que la terre est trop chère. Je n’ai pas d’argent pour l’acheter. Ceux qui ont l’argent ne se préoccupent pas d’où vient leur nourriture. La terre qui les nourrit est très loin de leurs préoccupations et de leur échelle de valeurs.

Si j’achetais une parcelle de terre en ramassant toutes mes économies et celles de mes enfants, ce serait merveilleux. Mais je n’aurais pas assez d’argent pour payer les taxes, car cette terre est évaluée en la comparant aux terrains vendus aux alentours pour la construction immobilière. Je ne pourrais pas non plus payer les frais d’entretien, car les carottes se vendent à 2 $ les 5 livres, lavées, emballées et livrées. Je ne vendrais jamais assez de légumes pour me qualifier aux exemptions de taxes de l’UPA, car le montant des ventes de produits agricoles est fonction de la valeur du fond de terre. Je tourne donc en rond. La Ville de Québec a décidé unilatéralement de la valeur de la terre et veut percevoir des taxes à tout prix, même au prix du gaspillage des dernières terres agricoles restantes, ayant pris 5000 ans à se construire et nous étant encore offertes pour y faire pousser de la nourriture. À l’avenir, nous mangerons des gravats de ciment et des légumes hydroponiques, s’il reste encore de l’eau.

À voir en vidéo