Un gros merci

J’ai passé mon Noël 2014 à l’Hôpital de Verdun, un Noël dont je garderai un doux souvenir grâce à tous les lutins et les lutines qui s’affairaient autour de nous dans différents services, alors que leurs familles et leurs amis fêtaient sans eux. Une expérience physiquement souffrante au départ est devenue, grâce à ces hommes et femmes dévoués (concierges, préposés et préposées, infirmières et infirmiers et médecins, une expérience de bien-être et de chaleur humaine, même confiné pour une grande partie de mon séjour sur une civière, dans un corridor de l’urgence. Malgré un débordement de travail, des installations déficientes et défraîchies, un manque de matériel et un manque chronique d’espace dans la majeure partie de l’hôpital, ces personnes en arrivent à faire leur travail de façon exemplaire sans se plaindre devant nous. Tout en passant d’un malade à l’autre avec peu de temps pour chacun et chacune, elles s’arrêtaient au poste de l’urgence pour prendre quelque chose au buffet de Noël. Un vent d’espoir m’habitait en voyant, dans ce même service, une belle jeunesse de différentes origines prendre soin des gens qui, comme moi, vieillissent et dont le corps a besoin plus souvent de réparations.

Messieurs Couillard et Barrette, je m’adresse maintenant à vous en pensant à ces gens qui ont pris soin de moi au cours des derniers jours et que je remercie du plus profond de mon coeur. Je vous demande à vous, contrairement à ce que vous annoncez à la fin de 2014, de prendre bien soin à votre tour, en 2015, de toutes ces personnes, de les traiter avec dignité lors des négociations sur leurs salaires et conditions de travail, qui vont débuter bientôt, et de leur accorder leur juste part, sinon vous me rencontrerez sur votre chemin avec eux (elles) dans la rue, la casserole à la main. Si, par malheur, ces belles personnes quittaient la profession dans l’amertume et la déception, qui va s’occuper de nous et « qui nous guérira ? », comme le disait Gerry Boulet dans sa chanson ?

15 commentaires
  • Pierre Germain - Inscrit 30 décembre 2014 00 h 57

    Monsieur Chartrand,

    Je ne veux pas péter votre "balloune" mais plus d'un milliard de dollars d'augmentation salariale attendent nos 18 000 médecins, soit plus que ce qu'offre le gouvernement à son demi-million d'employés de l'État.

    N'y a-t-il que moi pour détecter l'erreur?

    • Danielle - Inscrit 30 décembre 2014 13 h 11

      Il n'y a pas que vous pour déctecter cette amère injustice! Pour augmenter tous ces médecins, il faut bien prendre l'argent ailleurs. Et l'ailleurs, est entre autres, dans les poches des autres personnes qui travaillent aussi dans ce réseau de la santé, mais que le gouverne-ment mérpise!

  • Michel Vallée - Inscrit 30 décembre 2014 01 h 34

    «lutines»

    Comme quoi, la féminisation à outrance des fonctions entraîne certains impairs :

    Lutine : je pelote une femme, sous le couvert de la plaisanterie.

    • Benoît Landry - Inscrit 30 décembre 2014 09 h 11

      Quand on lit dans la phrase : «lutins et lutines» on comprend tous qu'il ne s'agit qu'une féminisation du mot lutin. Pis après ? Ce ne serait pas la première fois que dans la complexité de notre langue, qu'un mot ait un sens propre et un sens figuré.

      Je me demande si les puristes à outrance du français n'empêchent pas tout simplement notre langue d'évoluer.

    • Michel Vallée - Inscrit 30 décembre 2014 16 h 17

      @Benoît Landry

      «Je me demande si les puristes à outrance du français n'empêchent pas tout simplement notre langue d'évoluer»

      Eh bien ! Moi, quand je lis lutine, je ne songe pas le moindre du monde à un lutin...

      Ainsi, je suis plutôt d’avis que les puristes en question empêchent la langue de régresser : par exemple, l’adjectif lutine est usité, cependant si on reconnaît l’existence du substantif «lutine», on devrait bien avoir aussi «un fé» !

  • Yves Côté - Abonné 30 décembre 2014 05 h 17

    Bonne Année...

    Je vois qu'il en faudrait beaucoup plus que quelques ennuis de santé pour faire disparaître votre clarté d'esprit...
    Du fond du coeur, Bonne Année M'sieur !
    Pleine de santé et de bonheur.
    De bonheurs, petits et grands.
    Tourlou !

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 30 décembre 2014 05 h 34

    qui nous guérira ?

    Qui nous guérira ?
    Mais les cadres, qui eux sont immuables.

    PL

  • François Dugal - Inscrit 30 décembre 2014 08 h 09

    Les généreux donateurs

    Tous ces lutins et lutines font-ils partie des "généreux donateurs"?
    Si la réponse est négative, oubliez "la juste part", nous sommes au royaume des "vraies affaires", monsieur Chartrand.