Le coup d’État du PLQ

Nous sommes habitués à assimiler les coups d’État à l’intervention de l’armée… pour le « bien de la nation » et sans son avis. C’est la forme habituelle. Or, il y en a d’autres et c’est ainsi qu’on parle de « putsch » dans un groupe ou un parti lorsqu’un petit groupe accapare le pouvoir sans l’assentiment de la majorité ou par des voies malhonnêtes.

Lorsqu’il est question d’enjeux majeurs, dans certaines démocraties (comme la Suisse) on a recours au référendum. Il y a débat public sur l’enjeu. C’est d’une élémentaire honnêteté pour tout parti qui veut profiter d’une élection pour faire des changements majeurs comme une déclaration d’indépendance, une réorientation fondamentale, une réduction de l’État. Or le PLQ n’a jamais manifesté clairement son intention de réduire l’État solidaire, dit providence, à une peau de chagrin, en coupant sauvagement dans les services publics en plus de nous plonger dans des marécages d’austérité qui n’ont produit ailleurs que plus de pauvreté et de désespoir. Même la Banque mondiale s’en repent !

Le PLQ a plutôt multiplié les promesses de sauvegarde des services qu’il a vite oubliées une fois au pouvoir. Que voilà un coup d’État par un parti politique, le PLQ, qui a trompé la population par ses mensonges et ses intentions cachées dans l’ombre. […] Un coup d’État avec des généraux arrogants et intimidateurs qui menacent d’autres élus, au scolaire et au municipal, qui ne veulent pas marcher au pas de l’oie. Des personnalités problématiques aux ego démesurés. Quel recul pour une démocratie qui était déjà mal en point ! […] Demeurons vigilants face aux manipulations idéologiques, restons informés à de bonnes sources, et soyons créatifs de justice sociale et de solidarité. […]

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78 commentaires
  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 20 décembre 2014 03 h 45

    Au point de vu moral, oui, mais légal, non

    Malheureusement je ne peux partager votre point de vue, bien que je sois amplement d'accord avec votre point de vue sur ce qu'il se passe actuellement.

    Mais un Coup d'État? Vraiment ? Non.

    Parce c'est ainsi que fonctionne ce qu'on nomme trop facilement démocratie. Il ne faut pas se méprendre, dans notre constitution, le peuple n'est pas souverain. Ce sont l'Assemblée Nationale et la Chambre des Communes qui le sont. ( Notons aussi que le terme souveraineté est depuis peu complétement balayé, mais par ceux qui la prônait jadis).

    On mélange souvent démocratie et État de Droit. Entre les deux, le deuxième domine largement. Et dans ce que nous croyons être une démocratie, le PLQ agi selon le droit. Le tout accepté avec une déconcertante (pour ma part) aissance par l'ensemble de mes concitoyens.

    L'éxécutif décide, le parti majoritaire suit, et tout ce qu'on ne nous aura jamais demander, c'est de choisir l'éxécutif, qui n'a légalement pas tant de compte à rendre ce qui est proposé aux élections. Il n'y a pas de contrat. Même nos référendum ne sont que consultatifs. Et même s'ils ne sont que consultatifs, on ne prend jamais la peine de nous demander quoi que ce soit!

    Aux dernières élections, les trois partis ayant récoltés le plus de voix proposaient sans gêne de fonctionner ainsi. Et combien de votes ont-ils récoltés à 3? Moi je n'en vois pas de Coup d'État.

    Cependant, n écrivant ceci, une questionnement naît en moi. La ligne de parti, celle-là même qui vient donner tout pouvoir à l'exécutif, est, elle, une tradition et non une loi. Peut-être est-ce là le coup d'État réel. Lorsque les membres des chambres souveraines votent pour leur parti et ainsi appuient l'éxécutif, plutôt que de représenter leurs citoyens.

    • André Chevalier - Abonné 20 décembre 2014 04 h 14

      Lorsque le pouvoir trahit la démocratie, il reste les barricades. Faudra-t-il en arriver là?

    • Danielle - Inscrit 20 décembre 2014 07 h 57

      Un coup d'état, eh oui tout à fait. Exit la démocratie et abus de pouvoir de ce gouverne-ment.

    • Gilles Théberge - Abonné 20 décembre 2014 10 h 26

      Nuance monsieur t-Pierre, la souveraineté dans le système actuel est l'apanage exclusif de la " Souveraine" Élisabeth Windsor.

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 décembre 2014 11 h 17

      Lorsque les campagnes électorales deviennent des batailles d'agences de communication, on assiste à un détournement électoral qui est tout sauf démocratique. Il n'y a pas de démocratie sans réel débat...

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 21 décembre 2014 07 h 39

      Un oubli majeur et fondamental de votre part, M. St-Pierre.

      Vous avez écrit "L'éxécutif décide, le parti majoritaire suit". Le parti dit majoritaire ne l'est pratiquement jamais, majoritaire, c'est en quelque sorte de la frime, car ni le premier ministre ni le parti dit majoritaire, à 90% du temps ne le sont, ayant été élu par des minorités de votants: ce qu'on calcule c'est le nombre de comtés qui ont voté majoritairement pour eux. Les comtés étant tous très variables en ce qui concerne le territoire mais surtout en nombre de citoyens, ceux ci, globalement sont tenus pour des prunes. Voilà en quoi tient le terme majorité, en son contraire, quoi... dans ce beau pays qu'on nomme le Canada.

    • Dane Kennedy-Tremblay - Inscrit 21 décembre 2014 16 h 25

      Je suis à 100% d'accord. La ligne de parti dénature l'esprit de Westminster, peut-être est-ce là que se trouve l'entrave à la loi? Quoique les clubs politiques / partis balbutiaient bel et bien en 1867 au Royaume-Uni, dont notre constitution est semblable en principe (AANB, préambule).

    • Johanne Bédard - Inscrite 22 décembre 2014 13 h 17

      Je crois M. St-Pierre que vous n'avez pas saisi le fond de la pensée de la lettre de M. Laverdure.

      Il est évident que le terme « coup d'état » que M. Laverdure utilise, dois se comprendre dans le sens moral et peut-être pas légal.

      Il n'est pas nécessaire de toujours vouloir à tout prix « officialiser « les paroles d'un citoyen qui exprime le gros bons sens et la « réalité » que nous vivons depuis le 7 avril 2014, réalité imposée par un quatuor de banquiers et docteurs mégalomanes qui ont décidé de donner une leçon d'économie 101 aux Québécois.

      Le Parti libéral nous a démontré dans le passé de quelle philosophie il se nourrit pour gouverner. Force est d'admettre, preuves à l'appui, que ce sont les valeurs de corruption et de collusion qui ont depuis moultes années guidées les décisions crapuleuses pour plusieurs d'entre elles, des actions et lois votées à l'Assemblée nationale.

      Alors, M. St-Pierre avec tout le respect qu'une lectrice du Devoir vous doit, je vous prierais de ne pas nous parler de « légalilté » ici.

      J'abonde tout à fait aux propos de M. Laverdure.

  • J-F Garneau - Abonné 20 décembre 2014 04 h 52

    Autre lecture

    Au delà de l'enflure verbale, quleques éléments factuels. Il existe, depuis sa création par Lucien Bouchard, une loi sur léquilibre budgétaire. C'est une création péquiste, puisque vous semblez penser que c'est une invention du PLQ. Cette loi a été votée en 1996, après 35 années de déficits consécutifs.
    La Loi est plutôt restrictive pour empêcher les gouvernements de repousser les décisions difficiles par électoralisme. On étire un peu, des fois, comme le récent gouvernement péquiste, qui ne s'en est pas préoccupé, mais qui a produit, via son ministre Marceau, un budget "électoral d'austérité" juste avant les élections. Augmentations des tarifs de garde, coupures partout, car aucun nouveau revenu, négocitaions avec les employés de l'état "en fonction de la capacité de payer des québécois" (Marceau). Ce n'est pas un putsch. C'est la loi.
    Remarquez, les péquistes appelaient cela de la "rigueur", à l'époque. C'était, à l'époque "le budget responsable dont le Québec a besoin"... Partisanerie oblige, le PLQ, la CAQ et QS avaient dénoncé le budget.
    Oui, il y a vrai débat à avoir. Par exemple, comment le modèle scandinave offre-t-il une enviable sociale-démocratie, tout en faisant une grande part au privé et à la dérèglementation?
    Dans le contexte actuel, l'enflure verbale ne sert à rien.
    Il faut à l'Etat (nous) une discipline de fer pour équilibrer les comptes. Je suis de ceux qui pensent qu'il ne faut pas faire du déficit zéro un dogme. Trop de coupes ou trop de taxes peuvent nuire à l'économie et faire perdre au gouvernement des revenus au moins équivalents aux dépenses économisées. Je suis aussi de ceux qui pensent que tendre à l'équilibre budgétaire est une bonne chose. Mais ce n'est pas en criant au "coup d'état" qu'on fera avancer le débat.

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 décembre 2014 11 h 21

      Bouchard était un Conservateur, comme Charest et Couillard. Mais ler pire est de nommer un idéologue au Conseil du Trésor, sans nous avoir présenté son idéologie.... Tout le monde n'écoute pas la radio de Québec...

  • François Ricard - Inscrit 20 décembre 2014 05 h 07

    Vite une république démocratique

    Le parlementarisme à la britannique n'est qu'un semblant de démocratie.
    Il permet, jusqu'à un certain point, de choisir notre dictateur.
    Une fois en place, le premier ministre, à cause de la ligne de parti, est roi et maître. Ses députés doivent nécessairement entériner ses décisions.
    Le premier ministre règne aussi en grand maître sur les ministres qu'il nomme et dégomme à sa guise. Un véritable monarque.
    Ce système s'accommode fort mal de gouvernements minoritaires. Il permet aussi à une minorité d'imposer ses vues à la majorité.
    En démocratie, c'est le peuple qui doit être souverain et non un premier ministre.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 20 décembre 2014 10 h 52

      Voir aussi à mon avis l'article duDevoir: société programmée par l'obsolescence.:)

    • Claude Bernard - Abonné 21 décembre 2014 12 h 01

      M. Ricard,

      La démocratie parlementaire à la britannique, à l'américaine, à la scandinave ou à la française n'est certes pas parfaite, que le gouvernement soit majoritaire ou minoritaire.
      Elle permet toutefois de prendre les décisions difficiles qui sont souvent nécessaires même si elles ne sont pas toujours populaires.
      Quand les trois principaux partis sont d'accord que la situation des finances publiques éxige des efforts et des changements, on pourrait penser que la démocratie fonctionne alors même qu'on se chicane sur quels sont les meilleurs moyens à prendre.

    • J-F Garneau - Abonné 22 décembre 2014 13 h 13

      M. Ricard, vous dites "un véritable monarche".
      Michel Onfray le philosophe français, libertarien et libre penseur observe que les violations envers les droits de l'homme sont en effet aujourd'hui le fait de républiques plutôt que de monarchies. La grande majorité des régimes dictatoriaux ou totalitaires sont des républiques.
      Je le cite "Les monarchies constitutionnelles actuelles ont donc sans doute des leçons à nous donner, notamment en Europe. Je ne suis pas contre la monarchie, au contraire, je pense qu'elle est bonne mais à condition qu'elle fonctionne bien, c'est-à-dire qu'elle représente bien l'essence de la nation en la personne du roi (ne dit-on pas "le roi est mort, vive le roi" ? Il est la tradition, la continuité)."

  • Richard Laroche - Inscrit 20 décembre 2014 05 h 33

    si seulement......

    .......on pouvait mettre la hache coupante dans les syndicats du secteur public, le Québec aurait une infime chance de retrouver sa prospérité d'antan.

    • Marc Davignon - Abonné 20 décembre 2014 11 h 03

      Pauvre vous! La prospérité d'antan! Laquelle? Celle qui maintenait la population dans l'indigence? Celle qui précédait la crise de 1929? Celle qui suivit la crise de 1929? Ou celle dépeinte par les nombreux romans québécois?

      De quelle prospérité votre dérive intellectuelle vous projette?

    • François Ricard - Inscrit 20 décembre 2014 11 h 20

      En effet.
      Mettre fin à tous les syndicats.
      Les entreprises canadiennes ont plus de 600$ milliards qui dorment en banque.
      Pourtant elles ne sont pas assez riches.
      Elles en veulent toujours plus. Au nom de la supposée concurrence. Et toujours moins pour la population. Toujours moins pour les travailleurs.
      Vite! mettons les syndicats hors-la-loi....
      Enfin tout le monde sera au salaire minimum. Pauvreté égale pour tous. Enfin.
      Et les entreprises pourront doubler leurs dépôts bancaires.
      Le nirvana économique!

    • André Chevalier - Abonné 20 décembre 2014 11 h 23

      De toute évidence, vous n'avez pas connu cette époque!

      Vous voulez vraiment retourner à l'époque de Duplessis où la police provinciale était la police de Duplessis?... où il fallait être dans les bonnes grâces du député de l'Union Nationale pour être fonctionnaire ou travailler à la Commission des liqueurs ?... où l'institutrice de l'école de rang gagnait 100 $ par année quand ce n'était pas 30 $ et congédiée aussitôt qu'elle était enceinte?

      Je voudrais bien vous y voir dans la prospérité d'antan!

    • Marc Davignon - Abonné 20 décembre 2014 11 h 27

      Pauvre vous! La prospérité d'antan! Laquelle? Celle qui maintenait la population dans l'indigence? Celle qui précédait la crise de 1929? Celle qui suivit la crise de 1929? Ou celle dépeinte par les nombreux romans québécois?

      De quelle prospérité votre dérive intellectuelle vous projette-t-elle?

    • Grace Di Lullo - Inscrit 20 décembre 2014 15 h 02

      A Monsieur Davignon,

      Vous avez raison, le Québec n'a jamais été riche. Cela explique les réflexes de plusieurs envers des politiques. Cela explique également la manière d'interpréter et de valoriser tout ce qui bouge au Québec.
      Si le Québec avait eu un passage riche dans son histoire, on entendrait pas des aneries sur l'éducation, la santé, le développement économique et technologique.

      Les échos des Chambres de commerce et des conseil des patronats, des commentateux politiques, des politiciens, revelent la vision quasi tiers0mondiste de l'Économie du Québec et des gens qui y habitent.

      À Monsieur Laroche,
      Vous avez raison, c'est le discours ambiant. On serait si bien, comme dans le bon vieux temps de Germinal d'Émile Zola.

    • Jerome Dubreuil - Inscrit 22 décembre 2014 08 h 25

      Pôvre vous... en réalité, nous sommes bien chanceux de pouvoir vivre dans cette époque où nous pouvons nous payer toutes sortes de babioles inutiles pour décorer nos demeures, où nous avons accès à un certain service de santé et à divers produits d'à travers le monde.
      Le problème des syndicats, ces que ce sont eux qui ont tiré la sonnette d'alarme lorsque le gouvernement s'est mis à parler d'austérité. Ils ont sorti les preuves que les pays ayant adopté ce mode de vie se sont tirés dans le pied et ont perdus encore plus de plumes.
      Le fait est que cette austérité organisée est programmée pour faire payer le citoyen moyen. Payer pour quoi? Pour remplir les poches des déjà plus fortunés, car ce sont eux qui ont le pouvoir de faire changer le gouvernement en place. Il faut donc leur rendre grâce.
      C'est plutôt une lobbycratie qu'une démocratie. Ce sera plus près d'une démocratie quand les gens iront vraiment voter et qu'ils ne se laisseront pas avoir par des discours vides.

    • Johanne Bédard - Inscrite 22 décembre 2014 13 h 31

      Vous êtes violent et drastique dans vos commentaire M. Laroche.

      Comment justifiez-vous tant de haine envers les syndicats ? Vous ont-ils malmené ?

      Voulez-vous que l'on désyndicalise tout ce qui l'est en ce moment ? Que l'on ressucite Maurice Duplessis ? Désirez-vous que les femmes retournent aux fournaux ? Que l'on détruise le système d'assurance-médicament universel du Québec ? Que l'on paie plein prix nos hospitalisations comme nos voisins du Sud ? Que l'on interdise l'Internet au Québec ?

      Dites-nous exactement quel est votre projet de société pour le peuple Québécois ?

  • michel lebel - Inscrit 20 décembre 2014 06 h 27

    La démesure!

    "Coup d'État, marcher au pas de l'oie, coupure sauvage"! Où est le poids des mots! Devant cette déferlante anti-libérale, le sens de la mesure est bien disparue chez certains.

    M.L.

    • Lydia Anfossi - Abonnée 21 décembre 2014 08 h 57

      La mesure du discours est à la mesure des mesures du gouvernement!

    • Hélène Paulette - Abonnée 21 décembre 2014 09 h 54

      c'est un ras-le-bol, monsieur Lebel...
      Il paraît qu'il est normal qu'on promette une chose et qu'on fasse le contraire...
      C'est faux!
      Nul gouvernement n'a eu l'outrecuidance, à ce point, de renier ses engagements.
      Je vous défie de trouver pire...