L’argent et la santé mentale

Le six de ce mois, jour de la commémoration de la tuerie de Polytechnique, qui était en même temps l’anniversaire d’une autre tragédie dans sa vie, soit le suicide de son père, madame Nadia Bélanger a eu mille fois raison de réclamer des décideurs politiques qu’ils fassent de l’amélioration des soins en santé mentale une priorité afin que cessent stigmatisation, abandon et vies brisées pour tant de personnes atteintes.

Mais ne nous y trompons pas, le tabou de la maladie mentale continue de plomber nos sociétés riches, et même les gouvernements les plus conservateurs allongent quelques millions pour la santé mentale sans jamais changer d’approche cependant et sans intégrer les soins psychosociaux pour vraiment humaniser le suivi en psychiatrie.

C’est pourquoi, comme père de famille qui doit composer avec la maladie mentale sévère de deux de ses enfants, je ne peux que la féliciter et la remercier d’avoir lancé ce cri du coeur, sauf que je demeure convaincu que le vrai changement à l’égard des personnes atteintes de maladie mentale ne pourra être généré et soutenu que par une société qui aura élu un gouvernement réellement progressiste.

Au Québec, l’histoire en témoigne puisque c’est au début de la Révolution tranquille qu’ont été posés les gestes les plus libérateurs pour les malades mentaux alors que ce sont les élites politiques et financières subséquentes, vendues au libéralisme économique à tous crins, qui se sont empressées de les jeter aux orties.

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3 commentaires
  • Céline A. Massicotte - Inscrite 19 décembre 2014 07 h 03

    Touchant, intéressant, mais...

    Mais la finale que je trouve biaisée, et qui surtout n'est pas étayée du tout, vient tout gâcher.

    Je suis très bien placée pour en parler, ma mère en ayant souffert à la fin de sa vie, et en étant même décédée, ce qui à mon avis n'avait rien à voir directement avec le système lui-même mais... avec un genre de complot médical, et ayant aussi travaillé et fréquenté cet univers, plus précisément celui qu'on désigne comme alternatif. J'y reviendrai peut-être.

    Et... est-ce que, s'il est élu en tant que chef du P.q., Péladeau sera plus sensible, lui dont le père en souffrait ainsi que sa soeur? ou bien... au contraire?

  • Jean-François Trottier - Inscrit 19 décembre 2014 07 h 57

    Le chemin est long...

    Merci Monsieur Forest.
    Il est en effet temps de faire plus qu'une révision des soins en santé mentale ou autres réaménagements, surtout qu'aujourd'hui ils sont accompagnés de coupes sans sens.
    La dernière évolution réalla a été àccomplie par un groupe qui gravitait autour des Laurin et Lazure... un bail!
    On juge les civilisations à leur façon de traiter leurs marginaux. Ce n'est pas à notre honneur du tout. D'accord, on peut se comprarer, mais de là à se consoler, non.
    Je ne sais pas de quoi souffre votre famille de la maladie de vos enfants (puisque c'est ainsi que l'on doit voir les maladies mentales), mais certaines personnes étiquetées "malades" peuvent, et sont, un enrichissement direct à la société. Toutes sont un enrichissement direct à leur entourage, le malheur étant la façon de les insérer dans notre monde voué une l'efficacité bornée.
    Tant qu'on n'arrive pas à accepter nos membres différents, inefficaces ou ayant des difficultés, nous nous coupons de nous-mêmes et d'énergies inexploitées, des énergies douces ou étonnantes qui restent en rade et deviennent un boulet parce que c'est le seul rôle que nous leur laissons.
    Une misère!
    Ne nous attendons pas à ce que les Docteurs d'aujourd'hui suivent le moindrement les docteurs d'hier. Ils en sont strictement incapables.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 19 décembre 2014 22 h 13

    Engagé, volontaire, attendrissant, convaincant, mais...

    Mais je suis sérieusement atteinte de maladie mentale et je trouve le suivi en psychiatrie et les ressources offertes très bien organisés et pleinement efficaces.

    On m'a trouvé un traitement idoine, il y a tout un personnel au C.L.S.C. Motivé et attentionné, quand j'ai'ai eu besoin de recourir à de l'aide financière car je ne pouvais plus travailler je l'ai reçu sans avoir à lutter, il y a plein de services et groupes d'entraide même en région pour ceux que ça intéresse.

    Je vis désormais presque comme si je n'avais pas de maladie mais mon médecin prend le temps de me rencontrer à tous les trois mois pour s'assurer de mon bien-être.

    Honnêtement, la seule chose dont je suis en droit de me plaindre en tant que cas qui fut diagnostiqué pourtant très lourd, c'est le manque de tact, de psychologie et de formation des infirmières lorsqu'on se retrouve hospitalisée en psychiatrie. Je déplore malheureusement vigoureusement leurs méthodes même si ça fait un peu ingrat de critiquer le labeur de femmes qui ont choisi pour quotidien le don de soi.

    C'était une lettre magnifique mais ce n'est pas la réalité que je partage, on m'a superbement pris en main et le médecin ne m'impose que les limites que je me fixe moi-même.

    Je ne suis pas du tout aigrie par le gouvernement.

    Je leur proposerais seulement très fortement de payer une bonne formation spécialisée a tout le personnel infirmier coincé en psychiatrie et si on m'écoutait, je serais prête à témoigner que le Canada est une des plus belle nation natale pour ceux qui souffrent entre les oreilles.

    Ceux qui jettent le plus l'opprobre sur notre maladie un peu obscure, ce sont des dégénérés comme Henry Banes qui dit avoir commis son impair car il est bipolaire et plaide ne se souvenir de rien de la soirée à cause de sa médication. De quoi nous faire passer pour des machines à tuer très explosive alors que la très grande majorité des bipolaires sont absolument inoffensifs. Et depuis douze ans que ma maladie est déc