Énergie: où est le Québec?

Alors que l’on discute d’exploitation et de transport du pétrole et des gaz de schiste, des constructeurs automobiles s’intéressent à la pile à combustible comme solution de rechange au pétrole. Dès 2015, la firme Toyota, qui est la pionnière en technologie hybride, a décidé de miser à long terme sur la pile à combustible plutôt que l’hybride branchage. La firme nippone est même sur le point de commercialiser un modèle alimenté par une pile à hydrogène.

L’introduction de cette nouvelle technologie ne pourra se faire que dans les régions où existera une infrastructure d’alimentation en hydrogène et dans certaines régions des États-Unis et d’Europe, affirme le constructeur en ajoutant qu’aucune infrastructure de production d’hydrogène n’est prévue au Canada

L’électrolyse de l’eau est la manière la plus écologique de produire de l’hydrogène, à la condition, bien sûr, que l’électricité soit produite sans utilisation d’énergie polluante. Quel autre état que le Québec dispose d’une source d’électricité aussi disponible et économique ? Pourtant, de la recherche de pointe sur l’hydrogène est menée au Québec, notamment par l’IREQ et d’autres organismes, sans que l’on envisage de plan sérieux pour l’implantation d’une infrastructure qui pourrait être localisée dans une région bien circonscrite. J’ai la désagréable impression que l’on attend de voir si cette technologie sera bien reçue ailleurs. À mon avis, l’investissement dans une telle technologie a beaucoup plus de chance d’être rentable à long terme que l’exploitation et le transport des ressources fossiles qui compromettent la survie même de l’humanité.

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13 commentaires
  • Réjean Boucher - Inscrit 17 décembre 2014 08 h 25

    Vous avez raison M. Duchesneau...

    Voici un extrait du rapport GEAB #90 de Leap 2020 publié le 15 décembre dernier:

    "Les cours dévissent parce que l’ère du pétrole se termine et personne n’y peut rien. Nous l’avons anticipé il y a plusieurs mois (4) : la Chine se prépare à un parc automobile tout-électrique (5), et, ce faisant, fera passer le parc automobile mondial au tout-électrique - une fois que la technologie sera au point et que la massification sera inéluctable, tout le monde passera en effet à l’électrique. Nous avons anticipé que cette transformation serait en place dans moins de 10 ans et que, dans 5 ans, le point d’inflexion en matière de consommation serait atteint."

    Pour plus de détail, lire l'article complet au lien suivant:
    http://www.leap2020.eu/GEAB-90-est-disponible--Cri

    Avec l'énergie électrique que nous possédons au Québec et l'expertise que nous en avons, nous pourrions nous placer avantageusement pour cette révolution à venir mais pour ce faire, il nous faudrait une gouvernance visionnaire ce qui nous fait cruellement défaut ces temps-ci.

    • Jean Richard - Abonné 17 décembre 2014 12 h 19

      Désolé pour Leap 2020, mais l'ère du pétrole est loin de se terminer. Ça fait des années qu'on entend cette chanson, mais ça fait des années qu'on recule et recule la date fatidique où le sous-sol de la planète sera vide.

      Un parc automobile tout électrique en Chine ? Pas avant des décennies car en Chine, tout près de 80 % de la production d'électricité provient du thermique, le charbon largement en tête, suivi du pétrole puis du gaz naturel. La Chine aura donc pendant longtemps besoin des combustibles fossiles pour construire et faire rouler des voitures.

      Et le parc automobile mondial tout électrique ? Le problème est identique à celui de la Chine : le thermique, charbon, pétrole et gaz est encore et pour longtemps la source majeure de production d'électricité. Vouloir tout électrifier tout en voulant réduire notre consommation de combustibles fossiles, c'est ouvrir la porte au... nucléaire. Est-ce vraiment ce que l'on veut ?

    • Jean-François Trottier - Inscrit 17 décembre 2014 18 h 09

      M. Richard,

      Nul besoin de nucléaire. La production de piles peut se faire n'importe où, pas besoin d'être en un lieu passant ou même habité.

      C'est justement le premier usage auquel on pense quand on parle de développer l'éolien: pas de transport d'électricité, possibilité de s'installer dans un endroit sans présence humaine, idéalement avec peu de présence animale.
      On a besoin à proximité de raisonnables quantités d'eau sans tomber dans le gigantisme, et on peut se permettre d'être flexible quant à la demande dans le temps, contrairement à notre électricité domestique.
      Si le vent est trop fort ou inexistant, on ne produit pas. Si le vent est acceptable oui.
      C'est en fait la seule contrainte. L'éolien est idéal pour les piles. Du vent... je crois qu'on en a.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 décembre 2014 08 h 25

    Bémol

    J'ai déjà entendu parler à Montréal le scientifique Ruggero Santilli, à un congrès sur l'hydrogène , en anglais. Donc, je n'ai pas tout compris! Mais, j'ai retenu qu'il critiquait cette industrie qui enlève l'oxygène dans l'atmosphère sans le remettre, et comme par hasard, il y a justement en ce momentm, à cause de nos activités irrationnelles, un déficit en oxygène dans l'atmosphère. Au contraire,le magnégas qu'il a inventé, émet, comme " déchet" de l'oxygène dans l'atmosphère, dit ce monsieur. Dit-ll vrai? Selon l'EPA américaine, il dit vrai.

    • Bernard Terreault - Abonné 17 décembre 2014 08 h 52

      La quantité d'oxygène prélevé dans atmosphère par les activités humaines est absolument négligeable en regard de sa masse totale dans l'atmosphère, cela correspond à environ 100 ppm (soit un centième de 1%) depuis 100 ans. Contrairement à ce qui est relaté par M. Saint-Jarre, il n'y a pas à ce jour de déficit d'oxygène mesurable. Le gros problème c'est le CO2 car il suffit de traces (400 ppm) pour bouleverser l'équilibre délicat entre l'effet de serre, qui piège la chaleur, et les pertes par le rayonnement infrarouge.

    • Sylvain Auclair - Abonné 17 décembre 2014 09 h 12

      L'électrolyse transforme l'eau en oxygène et hydrogène. La pile à combustible transforme l'hydrogène et l'oxygène en eau. Rien ne se perd, rien ne se crée.

      La problème, c'est qu'on produit le plus souvent l'hydrogène à partir du méthane, ce qui engendre le rejet du dioxyde de carbone, dommageable pour l'équilibre thermique de la Terre.

  • Sylvain Auclair - Abonné 17 décembre 2014 09 h 13

    Et les capaciteurs?

    Il me semblait que l'avenir était plutôt aux capaciteurs à très haute capacitance. Qu'en est-il?

    • J-Paul Thivierge - Abonné 17 décembre 2014 11 h 33

      En effet les super capaciteurs , utilisant avantageusement le graphène sont une composantes de stockage énergétique de l'avenir. Déjà. des autobus de ville des voitures de courses profitent des propriétés des super capacitor qui se rehargent très rapidement en freinage , en descente de pente, ou en biberonnage durant les trajets, et ces capacitances en farad laissent sortir leur énergie rapidement pour alimenter les moteurs électriques en accélération et en rementant les pentes.
      En combinant efficacement les super capaciteurs à des batteries au lithium de moyenne puissance on peut optimiser les Km parcouru par KWh ert Kg transporté. Tout ça a plus de rendement que l'hydrogène que les pétrolières qui se sentent délaissées pour l'avenir tentent de nous imposé. De même pour l'air comprimé qui est énergétiquement peu efficace..
      L'avantage fabuleux du Québec est que notre production électrique est à 99 % propre et renouvellable.
      Certainement quand l'électricité utilisée est de source polluante et moins efficace on déplace le problème ; on ne pollue pas en roulant mais les hautes cheminées des centrales exportent les émissions polluantes jusqu'au jour où le CO2 capté produira du pétrole synthétique BFS moins polluant .
      http://www.biopetroleo.com/france/

  • Jean-Yves Arès - Abonné 17 décembre 2014 09 h 22

    A votre avis...

    Bien alors démarrer votre entreprise et convainquez des investisseurs que vous avez une solution a un important problème, comme le fait Toyota.

    Toyota a au moins comme argument dans ses cordes d'être une des plus important fabricant d'autos au monde. C'est d'ailleurs elle qui a informer Hydro Québec qu'elle errait avec son idée de fabriquer une voiture électrique basée sur les recherches autour du moteur-roue, alors qu'elle même s'apprêtait a mettre sur le marcher ses premières Prius, le seul succès commercial du domaine. En ce sens elle nous rendu un fière service!

    Mais de grâce, n'obliger pas les simples citoyens a vider leurs poches via les taxes et impôts de leur gouvernement pour vérifier si votre avis est éclairé.

    Pour ma part la filière d'hydrogène est de loin la moins intéressante pour cause de la complexité de sa manipulation, de son entreposagede et de sa dangerosité.

  • Jean Duchesneau - Abonné 17 décembre 2014 12 h 05

    Mise au point!

    Je ne prétends pas être un expert dans le domaine particulier de la pile à hydrogène. Toutefois, il y a de cela plusieurs années, j’ai rédigé un projet de R et D pour le compte d’un jeune entrepreneur qui avait développé un générateur d’hydrogène en vue, notamment, de réduire la consommation de moteurs diésels. Sa demande de crédits d’impôt a été rejetée du revers de la main par le Conseiller en science et technologie de l’ARC sous le prétexte qu’il s’agissait d’une technologie courante facilement accessible sur internet. Ce dernier ne s’est même pas déplacé afin de faire le constat des travaux menés. Le personnel scientifique des gouvernements est actuellement malmené: soit qu’on les musèle, soit qu’on les force à appliquer des critères impossibles à rencontrer à la perfection ou soit qu’on les congédie tout simplement. Le jupon a un peu trop dépassé avec l’idée de couper les vivres aux Débrouillards. Le but de ma lettre d’opinion est d’un peu forcer le jeu afin que les autorités compétentes nous disent où on en est avec la filière hydrogène. Si Toyota en est au stade de la commercialisation, on est en droit de savoir la raison pour laquelle le Québec, avec ses surplus d’électricité, n’est pas aux premières loges à tout le moins dans le développement d’une infrastructure d’alimentation d’hydrogène. 
    Jean Duchesneau, consultant en R&D industrielle