Solidaires, les Québécois?

Pas si solidaires qu’on le croit. Les résultats du dernier sondage Léger-Le Devoir nous montrent que nous sommes plus solitaires que solidaires. Bien que 64 % se disent insatisfaits du gouvernement Couillard, ils sont en accord avec la majorité des mesures prises par ce même gouvernement. Cela s’explique parce que, dans les mesures prises par le gouvernement, l’une d’entre elles peut nous toucher, donc nous sommes insatisfaits de ce gouvernement. Pour ce qui est des autres mesures qui ne nous touchent pas personnellement, nous sommes pour ces mesures.

Par exemple, je n’ai pas d’enfant en garderie, donc je suis pour l’augmentation des tarifs. Je n’ai pas de régime de retraite, donc je suis pour la réforme. Gel salarial des employés de l’État? Pas de problème, car ce sont des «gras dur» (même si les statistiques prouvent qu’ils gagnent moins que les employés fédéraux, municipaux et le secteur privé). Nous pourrions continuer avec d’autres exemples de ce genre.

Oups ! Diminution du transfert aux municipalités, nous sommes tout à coup majoritairement en désaccord. Pourquoi ? Parce que cette mesure risque de nous toucher collectivement par une augmentation de l’impôt foncier, ou de notre loyer si nous sommes locataires. La réalité est que, quand ça ne nous touche pas personnellement, on s’en fout.

Les Québécois solidaires… de moins en moins.

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15 commentaires
  • Gaetane Derome - Abonnée 16 décembre 2014 01 h 13

    Peut-être ou équilibre.

    En fait,il est sans doute un peu vrai que l'humain a une tendance individualisme et donc regardera son budget personnel et si ca l'affecte.
    Mais sans doute aussi les quebecois veulent tous jusqu'a un certain point que l'equilibre budgetaire du Quebec soit atteinte.Cependant,je ne pense pas que la plupart veulent mettre de cote les valeurs social-democrates en cause telles les garderies(et ce meme s'ils n'ont pas d'enfant),un systeme de sante public,un systeme scolaire accessible,ect.
    Pour ce qui est des autres mesures d'austerites on peut y adherer ou pas selon notre appartenance et notre milieu.
    Il faut toutefois comprendre les consequences de ces mesures d'austerite et parfois les gens sont d'accord celles-ci car ils croient aveuglement le gouvernement et ne comprennent rien aux consequences,sinon peut-etre seraient-ils solidaires.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 décembre 2014 07 h 30

      « ne comprennent rien aux consequences» Alors, c'est Moreau qui a raison : Nous sommes des crétins.

      PL

    • J-F Garneau - Abonné 16 décembre 2014 13 h 39

      "...car ils croient aveuglement le gouvernement et ne comprennent rien aux consequences,sinon peut-etre seraient-ils solidaires."

      Il faut dire qu'il y a autant de personnes qui, aveuglées par la pensée magique, ne comprennent pas plus les conséquences de dépenses et déficits hors contrôle.

    • Gaetane Derome - Abonnée 16 décembre 2014 18 h 59

      M.Garneau,

      Si je suis votre pensee,il faut croire que le PLQ a eue toute une pensee magique sous la gouvernance de M.Charest puisque un tiers de la dette du Quebec est relie a ce gouvernement...

    • Gaetane Derome - Abonnée 16 décembre 2014 18 h 59

      M.Garneau,

      Si je suis votre pensee,il faut croire que le PLQ a eue toute une pensee magique sous la gouvernance de M.Charest puisque un tiers de la dette du Quebec est relie a ce gouvernement...

    • J-F Garneau - Abonné 17 décembre 2014 04 h 26

      Mme Derome, en dehors des considérations partisanes (le budget Marceau du gouvernement Marois énonçait les grandes lignes d'une "rigueur" budgétaire aussi, qu'on avait même qualifié "d'austérité" pré-électorale. http://www.ledevoir.com/politique/quebec/400644/bu
      Je crois qu'il y a un discours absent présentement (et par le passé) sur l'état des finances publiques, sur et notre responsabilité citoyenne, la grande majorité de la population préférant se camper dans des positions sans nuances. "Austérité" .... chouuuuuuu! C'est un peu ado comme débat. Je ne crois pas que l'approche des libéraux soit saine, chaque jour apporte son lot de nouvelles coupures, sans vrai discussion ou préavis. Mais si vous me demandez si je suis d'accord à mettre les choses sur la table et en débattre, oui je suis bien d'accord.

      Je rebondis sur votre dernier commentaire par ailleurs. Un autre tiers de la dette est reliée au gouvernements péquistes de 1994 à 2003. Blanc bonnet, bonnet blanc.

  • Jean Jacques Roy - Abonné 16 décembre 2014 08 h 36

    Mazarin, maître à penser du gouvernement actuel?

    Il y a 400 ans...
    Réponses de Mazarin aux questions de Colbert sur les finances publiques!
    Colbert :
    « Pour trouver de l'argent, il arrive un moment ou tripoter ne suffit plus.J'aimerais que Monsieur le Surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou… »
    Mazarin :
    « Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison.Mais l'État, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'État en prison.
    Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça. »
    Colbert :
    « Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l'argent.Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ? »
    Mazarin :
    « On en crée d'autres. »
    Colbert :
    « Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà."
    Mazarin :
    « Oui, c’est vrai, c'est impossible!"
    Colbert :
    « Alors, les riches ? »
    Mazarin :
    « Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus.Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres ! »
    Colbert :
    « Mais alors, comment fait-on ? »
    Mazarin :
    « Colbert, tu raisonnes comme un fromage(ou comme un pot de chambre sous le derrière d'un malade) !
    Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches…Des Français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutant d'être pauvres !
    C'est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus !Ceux-là… plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser;
    c'est un réservoir inépuisable. »
    Extrait du "Diable Rouge"
    …et c'était il y a 4 siècles !

    • Gaetane Derome - Abonnée 16 décembre 2014 19 h 06

      Pourtant,le gouvernement actuel,avec son ministre de la sante a reussi a se mettre a dos meme des classes un peu plus privilegies,comme les pharmaciens et les medecins(projets de loi 28 et 20).

  • Lydia Anfossi - Inscrite 16 décembre 2014 11 h 17

    Quand l'élite se retourne contre son peuple

    Voilà bien ce qui arrive quand l'élite au pouvoir se retourne contre son peuple. Chacun a peur de devenir celui à qui on coupera la tête. Vaut mieux être pour le gouvernement. Le plus triste c'est que ceux qui sont pour aujourd'hui, écoperont quand même. La déconstruction de l'État, c'est tout le monde qui en paie le prix. Sauf les riches au pouvoir bien sûr.

  • Lydia Anfossi - Inscrite 16 décembre 2014 11 h 18

    Quand l'élite se retourne contre son peuple

    Voilà bien ce qui arrive quand l'élite au pouvoir se retourne contre son peuple. Chacun a peur de devenir celui à qui on coupera la tête. Vaut mieux être pour le gouvernement. Le plus triste c'est que ceux qui sont pour aujourd'hui, écoperont quand même. La déconstruction de l'État, c'est tout le monde qui en paie le prix. Sauf les riches au pouvoir bien sûr.

    • Pierre Asselin - Abonné 16 décembre 2014 13 h 46

      Madame Anfossi , sans vouloir vous choquer .Vous ne devriez pas pas qualifié les dirigeants politiques d'élite . " Elite" par définition se définit comme un groupe de personnes d'une société le plus distingué par ses qualités . J'emploierais plutôt le terme "opportuniste" qui se définit comme des personnes ayant une attitude consistant à modifier leur comportement selon les circonstances de manière à en tirer avantage . D'autres qualificatifs pourraient être utiliser mais je ne veux pas perdre toute retenue . Excusez-moi madame , je ne voulais pas corriger votre commentaire mais simplement utiliser le terme Élite pour construire mon commentaire . Bonne Journée

  • Claude Lemaire - Inscrit 16 décembre 2014 15 h 49

    Si seulement le gouvernement comprenait….

    Comment se fait-il que dans les pays scandinaves les citoyens acceptent beaucoup facilement les hausses de tarifs ou les hausses de taxes, que même les syndicats soient " parlables " devant les exigences que la concurrence étrangère imposent ????

    Là bas, la population est instruite gratuitement et la transparence et l'honnêteté des institutions démocratiques est depuis longtemps une réalité reconnue et valorisée.

    Pas de magouille pour être élu, pas de gestion purement électoraliste et un volonté véritable d'endiguer la corruption... résultats: La confiance que les mesures proposées sont pour le bien de la majorité.

    Pas exclusivement pour protéger les plus faibles, NI pour conserver les privilèges des plus nantis..... Pas de polarisation gauche-droite radicale.... Pas de descente dans la rue à répétition...

    La confiance, cela se bâtit progressivement... pas par des coups de barre précipités et dogmatiques...

    D'ou vient cette frénésie ??? On dirait que le gouvernement est en mission commandée pour appliquer un remède de cheval.... Mais, pour quelle idéologie, pour le bénéfice de qui ???

    Est-ce que ce sont les agences de notation américaines et ceux qui les contrôlent qui " ré-élisent " nos gouvernements ??? Le modèle néolibérale, dans une guerre hégémonique, cherche-t-il à contrecarrer les succès du modèle social-démocrate dont les pays scandinaves sont l'exemple mondiale et dont le Québec semblait être le seul bastion en Amérique du Nord ???

    A part les radicaux ( à la mentalité binaire ), les gens de droite ou de gauche auront de grands étonnements à lire: SOCIAL-DÉMOCRATIE 2.0: Le Québec comparé aux pays scandinaves, par Stéphane Paquin et Pier-Luc Lévesque ( Préface de Pierre Fortin )

    Bonne Lecture !!!

    • J-F Garneau - Abonné 17 décembre 2014 13 h 22

      Votre commentaire est intéressant... Si je suis d'accord que le modèle scandinave est admirable, il n'en reste pas moins que, peut-être le bon peuple est-il plus mature? Et cette sociale-démocratie "modèle" est beaucoup plus "libérale" que l'on peut croire:
      -Si les impôts sont plus élevés, ainsi que les taxes à la consommation, les impôts des entreprises sont plus bas qu'ici.
      -Le privé joue un rôle important en santé (en Suède et Finlande) et un ticket modérateur est imposé.
      -Si l'éducation supérieure est gratuite, en contrepartie, l'accès est très contingenté et réservé aux plus méritants. Non,ce n'est pas "bar open".
      -Il n'y a pas de commissions scolaires, la bureaucratie y est minimale, les écoles sont gérées de façon autonome.
      -Plusieurs services publics ont été déréglementés et privatisés.
      -Les fonctionnaires ont des bonis liés au rendement, et (oh surprise) leurs performances sont évaluées comme au privé.
      -Le gouvernement fait beaucoup appel à la sous-traitance, se contentant de "gérer" les services plutôt que de les fournir. Là où le gouvernement offre les services, il est aussi mis en concurrence avec le privé.

      Les pays scandinaves ont privatisé, libéralisé et dérèglementé et mis en concurrence avec le privé l'ensemble de leurs services, ils ont réformé leur système de santé et d'éducation...

      MIse en concurrence du public, transparence, imputabilité. Je crois que le québécois moyen ne s'énerverait pas trop avec son taux d'imposition s'il avait l'impression d'en avoir pour son argent... le succès social-démocrate est beaucoup plus libéral que l'on pense.