Les médias communautaires, unique solution de rechange à Radio-Canada en région

Radio-Canada impose unilatéralement aux populations de plusieurs régions une nouvelle réduction de ses services traditionnels d’information locale et régionale. La décision de la société d’État s’ajoute à plusieurs autres impliquant des compressions budgétaires draconiennes. À titre de citoyens, nous pouvons protester, mais nous avons peu de prise sur Radio-Canada, et encore moins sur le gouvernement fédéral actuel. Et puis, il semble que la bataille pour des services régionaux à la hauteur de nos attentes soit toujours à recommencer. On se souviendra de la fermeture de plusieurs stations régionales dans les années 80 et 90. Ma proposition est simple : tournons-nous vers des médias que l’on peut développer à notre image et sur lesquels nous pouvons exercer un contrôle direct, c’est-à-dire, les médias communautaires. On en compte déjà des dizaines partout au Canada qui n’attendent que l’implication de leur population. Devant une société d’État qui se désengage par rapport aux populations locales, les médias communautaires représentent pour nous, citoyens, la seule solution de rechange valable et durable. Le fonctionnement de ces médias est simple : le citoyen s’implique en devenant membre, il participe à l’orientation et à la vie de son média au sein de l’Assemblée générale des membres et peut participer à différents comités. Il bâtit sa radio, sa télévision ou son journal communautaires à l’image de la population de sa localité ou de sa région. Et quand je pense aux citoyens, j’inclus les grandes entreprises, les entreprises du milieu et les municipalités qui peuvent (et doivent) soutenir ces médias communautaires par des dons et l’achat de publicités.

Imaginez le contrôle de l’information locale par la population et pour la population grâce aux médias communautaires…

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1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 16 décembre 2014 10 h 27

    En région et en ville

    Il est fort probable que les médias communautaires soient mieux placés que Radio-Canada pour desservir les communautés régionales. J'ose seulement espérer qu'on ne fait pas ici allusion aux régions par opposition aux villes centres comme Montréal et Québec.

    Les villes centres sont aussi des entités régionales. Qu'ils existent des stations régionales de Radio-Canada à Montréal et à Québec ne signifie pas que ces deux villes sont bien desservies en matière d'information régionale. Dans le cas de Montréal, on a au départ presque 50 % de la population qui est à toutes fins pratiques complètement ignorée par la société d'état fédérale – et je parle ici des gens issus de l'immigration. Radio-Canada vit encore à l'ère du Faubourg à Mélasse qu'elle a pourtant physiquement détruit.

    Comme Amos, Nicolet ou autres petites villes, Montréal a aussi ses médias communautaires, parlés, écrits ou même télévisés. Dans le cas de la radio surtout, ils sont beaucoup plus informatifs, beaucoup plus branchés sur l'environnement culturel que ne l'est Radio-Canada. Pire, en écoutant la radio de la SRC à Montréal, on perd de vue la démarcation entre l'information régionale et l'information réseau, faisant dire aux régions extérieures que Radio-Canada est trop montréalaise et faisant dire aux Montréalais que Radio-Canada dessert très mal l'information régionale, quand on met dans la même assiette une prise d'otage en Australie et le procès surmédiatisé de Magnotta.

    Les abondantes ressources attribuées à la SRC pour le régional pourraient être réacheminées vers les médias communataires, qui feraient beaucoup plus avec beaucoup moins, laissant à Radio-Canada le rôle de radio fédérale et internationale.