À péage, péage et demi

On apprenait, dans les pages de ce journal, le 10 décembre, que, de 2009 à 2014, il en avait coûté 650 millions pour maintenir en vie le pont Champlain. Et ce n’est pas fini. Car, coûte que coûte, il doit tenir jusqu’en 2018. Alors, imaginez l’ardoise !

Pourtant, en 2006, la société Les ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCCI) soumettait un rapport alarmant, au gouvernement conservateur de Stephen Harper, recommandant la construction d’un nouveau pont pour remplacer l’actuel. Il était donc connu, dès 2006, que les vices de conception du pont Champlain étaient rédhibitoires. Mais le gouvernement Harper a choisi de ne pas agir.

Imaginons maintenant que le gouvernement de Stephen Harper ait suivi les recommandations des experts, dès 2006. Le nouveau pont Champlain serait déjà en fonction depuis au moins deux ans. Et il aurait coûté moins cher que celui qu’il nous faut construire dans la précipitation et sans aucune considération esthétique. Mais, surtout, imaginons combien d’argent nous aurions pu économiser en périlleux travaux de rafistolage, n’eut été l’attentisme, voire l’incurie du gouvernement Harper.

Les journalistes de l’émission Enquête devraient se pencher sur ce dossier. Et nous dire combien, au total, va nous avoir coûté la gestion calamiteuse de ce dossier. Parce que c’est justement nous qui allons devoir payer pour ce gâchis. Par le truchement d’un péage que nous impose unilatéralement le gouvernement Harper. […]

Et si le gouvernement Harper s’entête à imposer un péage sur notre pont Champlain, alors aussi bien imposer un péage à tous les navires qui circulent sous notre pont Champlain. Ainsi, nous serons quittes.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

10 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 12 décembre 2014 05 h 13

    Un péage injuste pour les Québécois

    La voie maritime a marqué,à la fin des années ’50, le déclin du port de Montréal où les navires de marchandises ont commencé de passer tout droit, au profit de Toronto et de l'Ouest..Elle a coûté cher, cette canalisation, des milliards , dont environ le quart payé par le Québec pour...''nous tirer dans le pied '' ! Pour cela, aucune compensation! Seul Ottawa retire des droits de passage depuis plus d'un demi-siècle. Justement , à cause du passage de navires transocéaniques, le pont Champlain doit être plus élevé, ce qui entraîne d'importants coûts additonnels. Qui va payer le nouveau pont? Ottawa? Non ! Les Québécois!!! Ceci à cause du péage déjà décrété !
    Impossible aujourd'hui de redresser ces deux injustices, à moins que le Québec devienne maître chez lui.

  • Michel Patrice - Inscrit 12 décembre 2014 06 h 36

    Le pont Champlain, comme tous les ponts de la rive sud de Montréal, est construit en hauteur pour laisser passer des gros navires. Cette hauteur augmente le coût de construction.

    Si seuls les automobilistes payaient leur passage sur le pont, ces automobilistes, majoritairement québécois, se trouveraient donc seuls à payer les coûts supplémentaires dus à la hauteur au profit de navires qui vont commercer avec l'Ontario (le pont Champlain est en amont du port de Montréal...).

    Monsieur Couillard trouvera sans doute que ce serait une modeste contribution à cette fédération qui nous fait vivre de la péréquation. (Le lecteur attentif aura remarqué la subtile touche de sarcasme.)

  • Sylvain Auclair - Abonné 12 décembre 2014 07 h 29

    Que voulez-vous?

    On a voté non à deux référendums.

    • Jean-Yves Marcil - Inscrit 12 décembre 2014 10 h 44

      D'accord mais en serait-il tout à fait autrement si les Québécois et les Québécoises avaient majoritairement voté oui aux référendums ?

    • François Ricard - Inscrit 12 décembre 2014 12 h 08

      M. Marcil,
      Le St-Laurent, il est chez nous. C'est l'une de nos richesses incommensurable et rwenouvelable.
      Alors, indépendant, le Québec serait à même d'instituer un péage pour son utilisation. Ce qui serait normal.

  • Gaston Bourdages - Abonné 12 décembre 2014 10 h 52

    Ah! Cet esprit tordu qu'il m'arrive...

    ...d'avoir! Mais encore ? À soupçonner malicieusement que des fantômes «rencontrés» à La Commission Charbonneau pourraient peut-être s'articuler dans les parages...Puis, de me demander si 130 millions$/année, c'est beaucoup d'argent? Possiblement pas....surtout lorsqu'il s'agit des argents des «autres» dont je suis.
    Gaston Bourdages,
    Petit «Pousseux de crayon sur la page blanche»
    Saint-Mathieu de Rioux, Qc.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 12 décembre 2014 13 h 16

    Lettre pertinente

    Bravo !