Un discours douteux

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Ce discours mortifère est à la portée du monde économique du fait qu’on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. Ainsi, pour faire croire que nous vivons collectivement au-dessus de nos moyens, on peut noter, comme le fait la commission Robillard, qu’au chapitre de la famille le Québec dépense beaucoup plus que l’Ontario, pourtant plus riche, soit chaque année la somme de 467 dollars de plus par personne. Mais Josée Boileau le faisait remarquer le 24 novembre dernier, ce discours perd son effet alarmiste dès qu’on cesse de taire que cet écart est dû au maintien du réseau québécois de garderies qui fait l’envie de nos voisins.

Cette malléabilité des chiffres semble permettre au ministre Coiteux de justifier ses coupes, compressions et hausses tarifaires en répétant sur un ton alarmiste et péremptoire que notre déficit s’élève au-delà des 3 milliards. Or, comme le révèle une étude récente de l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), les données budgétaires du ministre ne tiennent pas compte de distinctions importantes, comme celles entre la bonne et la mauvaise dette, entre dépenses et investissements, etc. Cela permet étrangement à M. Coiteux de comptabiliser comme une dépense l’épargne que représentent les sommes importantes versées dans le Fonds des générations. Aussi est-il urgent de s’assurer que le fait de jouer avec les chiffres du déficit ne soit pas le fait d’un discours idéologique mortifère pour le modèle québécois.

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19 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 décembre 2014 08 h 05

    Merci

    Merci pour ce message. Mon " ignotologie" baisse. N'importe quoi pour l'oligarchie au pouvoir élue par nous pour nous enlever notre argent.:)

  • Gaston Carmichael - Inscrit 3 décembre 2014 09 h 02

    Vous confondez déficit et dette, M. Lévesque.

    Le rapport Robillard concerne le déficit, tandis que le rapport de l'IRIS auquel vous faites référence concerne le dette.

    Pour savoir ce que l'IRIS pense du rapport Robillard, il faut lire sur leur site le blogue "La rigueur, c'est pour les autres".

    • Marc Davignon - Abonné 3 décembre 2014 09 h 37

      Il n'y a pas de confusion!
      Où la percevez-vous?

    • Gaston Carmichael - Inscrit 3 décembre 2014 11 h 20

      @M. Davignon:
      Le déficit est la différence entre les revenus et les dépenses pour UNE ANNÉE DONNÉE, soit 2014-2015 dans le cas du rapport Robillard et des coupures proposées par M. Coiteux.

      La dette est la somme des déficits accumulés depuis Adam et Ève. Les arguments de M. Lévesque sont valides, mais sont en rapport avec la dette. Peu à voir avec le rapport Robillard ou les coupes de Coiteux.

  • André Michaud - Inscrit 3 décembre 2014 10 h 10

    La dette prouve le contraire

    La dette de 800 milliards , dont 11 milliards à payer par année seulement en intérêt est une méga preuve qu'on vit au-dessus de nos moyens.

    Les gens qui comme moi ne vivent pas au-dessus de leurs moyens ne sont pas endettés. Ou alors seulement pour une auto ou une maison, tout en respectant son budget familial.

    Si l'État gérait son budget comme les familles responsables le font, on ne serait pas surendettés..il est grand temps de vivre selon nos moyens.

    • simon villeneuve - Inscrit 3 décembre 2014 11 h 25

      La dette est un peu plus de 600 milliards.
      Environ 17 500$ par personnes.
      C'est beaucoup mais gerable.

      En 1998, la dette etait a 562 milliards
      Il me semble que la dette qui etait problematique, ce n'etait pas necessaire d'etre alarmiste comme aujourd'hui.
      Les liberaux precipite l'eradication de la dette par pure ideologie si on se compare a 1998.

      http://www.debtclock.ca/

    • Olivier Mauder - Inscrit 3 décembre 2014 11 h 50

      Arrêtez comme tous les néolibéraux et libertariens de tous poils de comparer un budget familial avec un budget d'un État. C'est ridicule et démagogique.

    • Gaston Carmichael - Inscrit 3 décembre 2014 11 h 57

      $11G par année équivaut à 11% de nos revenus.

      Si je vous disais qu'en 1997, 18% de nos revenus allait au service de la dette, est-ce que cela pourrait aider pour faire diminuer votre stress.

    • Michel Vallée - Inscrit 3 décembre 2014 12 h 12

      @André Michaud

      «Si l'État gérait son budget comme les familles...»

      C'est que le rôle du budget de l'État n'a rien à voir avec celui d'une famille...

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 3 décembre 2014 12 h 25

      Je ne jugerais de rien, mais il me semble, qu'on le veuille ou pas, que le budget d'une famille n'est en rien comparable à ce lui d'un un état, quel qu'il soit.

      Une famille est généralement gérée par une personne ou deux, deux ce qui n'empêche pas leschicane, et aux jours d'aujourd'hui est constituée le plus souvent à 3, et au maximum 5 ou six personnes. Faut-il que j'aille dans les menus détails pour ce qui est du gouvernement? - ce qui au lieu de quelques minutes me prendra au minimum quelques jours, après lesquels on me contredira, me sontestera en ce qui concerne ceci et celà et quoi d'autre encore?

      Dans une famille, mis à part les parents eux-mêmes entre eux, il n'y a pas d'opposition, surtout pas d'opposition officielle, et cette gestion en plus n'est pas soumise aux médias, aux humoristes et en saison à Guy A. Lepage, etc, etc. et tout cela qui s'additionne. Et c'est sans parler de l'opposition du fédéral et du provincial et aussi des comparaisons d'une région à l'autre, sans parler de celles avec des pays des continents et de la pure fiction.

      Pour finir je vous ferai remarquer très humblement que l'État (je pourrais écrire les états) gère justement son budget comme une majorité de familles ici comme ailleurs, qui s'endettent et finissent souvent dans le trou. Une nation, un peuple sont constitués de citoyens, autrement dit tant une bonne partie des citoyens que les politiciens sont issus de ce peuple là et sont avant tout des humains. Il sont aussi soumis à une tendance ou les riches domininent de plus en plus. Et quant aux extraterrestres, que voulez-vous? - ce n'est pas pour demain la veille. Et tout marche cahin caha, des fois de mal en pis et d'autres de mieux en mieux, au gré du vent et de la politique internationale et de tous ses constituants.? Il y a aussi quelques exceptions qui fonctionne autrement, dictatures strictes, et d'autres exceptions juste idéologiques, mais sont elles pour autant à l'abris?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 décembre 2014 12 h 32

      Ne pas confondre ou comparer budget personnel et budget provincial...
      (une légende urbaine ?)

      Il y a une marge entre les deux...une énorme marge !
      C'est ce que disait un fiscaliste ou économiste récemment dans les pages du Devoir...

    • Gaston Carmichael - Inscrit 3 décembre 2014 13 h 18

      Wow les moteurs.

      D'où vient votre $800G. M. Michaud?

      M. Villeneuve, $600G, c'est la dette du Canada.

      De plus, il faut savoir de quelle dette que l'on parle: Dette brute ou dette nette. Il convient aussi de qualifier cette dette par rapport au PIB. L'IRIS a publié un excellent document sur ce sujet: http://iris-recherche.qc.ca/publications/dette2014

      Selon l'IRIS, la dette du secteur publique serait de $256.4G. Selon l'IÉDM la dette serait aujourd'hui (le 3 décembre 2014) de $271G. La différence provient du fait que l'IRIS se base sur des chiffres officiellement publiés, tandis que l'IÉDM présente une dette projetée, selon certaines hypothèses. Qu'importe, on est loin des 600 ou 800 milliards.

      L'horloge de la dette selon l'IÉDM: http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-que

    • Gaston Carmichael - Inscrit 3 décembre 2014 16 h 32

      @M. Plasse,

      Votre intervention illustre bien toute l'ambiguité de parler de la dette, sans la qualifier.

      La dette à laquelle vous faites référence ($198G) est la dette brute du gouvernement Québec. La dette à laquelle l'IÉDM fait référence ($271G) est la dette brute du secteur public.

      Voici comment l'IRIS décrit la différence entre ces deux définitions de dette:
      ==============
      "En 2013, la dette d’Hydro-Québec était de 39,6 G$, celle des municipalités de 21,8 G$, celle des universités
      autres que l’Université du Québec (dont la dette est déjà incluse dans la dette brute du gouvernement)
      de 1,7G$ et celle des autres entreprises du gouvernement de 1,5G$. Si l’on ajoute ces montants
      à la dette brute du gouvernement du Québec, le total de la dette du secteur public s’élève à 256,4 G$."
      ===========

      Donc, vous avez raison, et l'IÉDM n'a pas tort.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 3 décembre 2014 17 h 20

      D'après le compteur de la dette québécoise:

      271 463 577 900,00

      Les cinq derniers chiffres sont inexacts car ils changent plusieurs fois par sconde.

    • André Michaud - Inscrit 3 décembre 2014 17 h 53

      Personne ne me convaincra que dépenser plus que l'on gagne est une saine gestion. Autant pour un individu que pour un état.

      Comme mon père me disait; ne pas avoir de dette et avoir un emploi stable c'est être riche. En évitant d'acheter une auto, même avec le plus petit salaire au bureau de poste il a réussi à se faire assez d'éconmie pour laisser 60,000$ en héritage à sa mort . Mon premier geste alors fut de finir de payer ma maison, malgré tous ceux qui m'incitaient à voyager et dépenser cet argent. Ainsi maintenant même avec ma petite pension de 2o,ooo$ je peux bien vivre...et sans dettes.

      Mais comme le souligne Mme Massicotte, hélas plus de citoyens l'oublient..et dépensent plus que leurs moyens ..en voyages, restaurants, bidules électroniques etc.. Quelque part on a les gouvernements que l'on mérite..

    • Cyril Dionne - Abonné 3 décembre 2014 23 h 07

      Alors, comment expliquer que le Québec paie présentement 11 milliards $ en intérêts pour la dette de cette année (le budget de l'éducation) avec un taux d'intérêt préférentiel de la Banque du Canada qui approche le zéro (1%). Qu'arrivera-t-il lorsque le taux d'intérêt préférentiel remontera à 10% ou même plus ? En 1981, celui-ci a atteint plus de 22,75%.

      Et ceux qui disent qu'on n'a pas à s'inquiéter puisque les fonds sont détenus par des gens de chez nous, oublient tout simplement que la plupart des argents provient des fonds de retraite. Or, qu'arrivera-t-il si le Québec n'arrive plus à payer les intérêts de la dette des sommes accumulés dans un scénario apocalyptique où le taux d'intérêt préférentiel serait à 10% ? Est-ce que nos retraités continueraient à recevoir leur pension ? Le gouvernement en place aurait-il à faire des coupes draconiennes dans les services publics ? Et est-ce que c'est tout le système économique qui serait remis en cause ?

      Le problème demeure toujours le même. Que ce soit les argents des Canadiens ou des intérêts étrangers, il faudra toujours payer pour les pots cassés. Et il est 11:59...

    • simon villeneuve - Inscrit 5 décembre 2014 11 h 30

      J'ai inclus la dette canadienne car a ce que je sache, tous appartient encore au Canada a ce que je sache...

  • Sol Wandelmaier - Inscrite 3 décembre 2014 17 h 26

    PS:

    D'après l'institut économique du Québec:

    "La dette du Québec
    Notre « compteur de la dette québécoise » montre en temps réel la croissance de la dette du secteur public. Il s'agit de la dette brute du gouvernement, à laquelle on ajoute la dette des réseaux de santé et d'éducation, des municipalités et des autres entreprises sous la responsabilité finale du gouvernement.

    En nous basant sur les données fournies par le ministère des Finances dans son Plan budgétaire 2014-2015 (qui excluent la part de la dette fédérale qui revient au Québec), nous en venons à estimer que la dette augmente de: 9,3 milliards $ d’ici au 31 mars 2015, ou 25 millions $ par jour, ou 17 670 $ par minute, ou 294 $ par seconde."