Un discours douteux

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Ce discours mortifère est à la portée du monde économique du fait qu’on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. Ainsi, pour faire croire que nous vivons collectivement au-dessus de nos moyens, on peut noter, comme le fait la commission Robillard, qu’au chapitre de la famille le Québec dépense beaucoup plus que l’Ontario, pourtant plus riche, soit chaque année la somme de 467 dollars de plus par personne. Mais Josée Boileau le faisait remarquer le 24 novembre dernier, ce discours perd son effet alarmiste dès qu’on cesse de taire que cet écart est dû au maintien du réseau québécois de garderies qui fait l’envie de nos voisins.

Cette malléabilité des chiffres semble permettre au ministre Coiteux de justifier ses coupes, compressions et hausses tarifaires en répétant sur un ton alarmiste et péremptoire que notre déficit s’élève au-delà des 3 milliards. Or, comme le révèle une étude récente de l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), les données budgétaires du ministre ne tiennent pas compte de distinctions importantes, comme celles entre la bonne et la mauvaise dette, entre dépenses et investissements, etc. Cela permet étrangement à M. Coiteux de comptabiliser comme une dépense l’épargne que représentent les sommes importantes versées dans le Fonds des générations. Aussi est-il urgent de s’assurer que le fait de jouer avec les chiffres du déficit ne soit pas le fait d’un discours idéologique mortifère pour le modèle québécois.

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