Entretien de la Route verte: une décision à reconsidérer

Monsieur Philippe Couillard,

Il y a quelques jours, le gouvernement du Québec annonçait qu’il se retirait de l’entretien de la Route verte, une responsabilité partagée à parts égales avec les municipalités. Cette caution gouvernementale, établie en 2001, était au coeur de l’existence même de la Route verte, de son intégrité et de sa pérennité. Cela permettait d’assurer une uniformité nécessaire à l’entretien d’un réseau cyclable panquébécois, accessible et sécuritaire de 5358 kilomètres, relié aux provinces et aux États limitrophes. Cela contribuait à faire de la Route verte un fleuron de notre industrie touristique et de la positionner, telle qu’elle est reconnue par la prestigieuse société National Geographic, parmi les grandes véloroutes internationales.

Avec l’abolition du programme d’entretien de la Route verte (2,8 millions de dollars par année), c’est le début de la fin du grand réseau tel qu’on le connaît, réseau que plus d’un millier de partenaires de toutes les régions se sont affairés à mettre en place depuis près de 20 ans.

Cette abolition entraînera un manque à gagner pour les municipalités, une diminution des dépenses d’entretien sur plusieurs tronçons et même la fermeture de certains d’entre eux. Une infrastructure de moindre qualité sera moins attrayante pour les touristes et plus difficile à mettre en marché. La pérennité du réseau, l’image de marque et les retombées économiques en région sont donc menacées.

Certes, la Route verte est un réseau cyclable bénéfique pour la santé de tous et pour la vitalité économique des régions, mais c’est aussi un des plus beaux projets de société que le Québec a pu mettre en oeuvre ces 20 dernières années. Vos prédécesseurs, peu importe leur formation politique, l’ont même inscrite au menu des accords internationaux de coopération lors des travaux de la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de reconsidérer la décision de votre gouvernement et de réitérer votre engagement en faveur de la conservation et de l’entretien de la Route verte, afin d’en assurer la pérennité.

Liste complète des sigbataires

  • Michel Archambault, professeur émérite, UQAM
  • Serge Arsenault, Président, Grands Prix Cyclistes Québec et Montréal
  • Lyne Bessette, double olympienne
  • Françoise Bertrand, Présidente-directrice générale, Fédération des chambres de commerce du Québec
  • François-G. Chevrier, Président-directeur général, ATR associées du Québec
  • Raymond Dutil, Président, Procycle
  • Jean-Marc Eustache, Président et chef de la direction, Transat
  • Félix Gauthier, Président, Cycles Devinci
  • Yan Hamel, Président, Association québécoise de l’industrie touristique et Président Croisières AML
  • Pierre Lavoie, co-fondateur, Le Grand Défi Pierre Lavoie
  • Lucie Lanteigne, Directrice générale, Vélo Québec Association
  • Yves Lalumière, Président-directeur général, Tourisme Montréal
  • Michel Légère, ex maire de Hull, co-fondateur de la Route verte
  • Paul MacKenzie, Président, Arkel
  • Yvan Martineau, animateur-télé
  • Mario Plourde, Président et chef de la direction, Cascades Inc.
  • Gilbert Rozon, Président, Juste pour rire, Commissaire au 375e de Montréal et au 150e du Canada à Montréal
11 commentaires
  • Guy Lafond - Abonné 25 novembre 2014 04 h 24

    vers Vert


    Ou bien le vélo, ou bien le train.

    Dans les deux cas, des subsides bien placés.

  • Pierre Labelle - Inscrit 25 novembre 2014 07 h 11

    Coupures à l'aveugle.

    Ces coupures sous le signe de l'austérité sont comme, "une dégustation de vin à l'aveugle", effectuée à l'aveuglette, on coupe n'importe comment, l'important est de couper. Peut importe le prix que devront payer les générations futurs, l'important pour ce gouvernement sourd et aveugle, c'est d'atteindre son déficit zéro à la date dite. Ils en on fait une promesse et veulent la tenir, celle-là seulement. Et nous, quelle promesse peut-ont faire à un tel gouvernement aveugle?

    • Benoît Gagnon - Inscrit 25 novembre 2014 12 h 36

      « Et nous, quelle promesse peut-ont faire à un tel gouvernement aveugle? »

      Qu'ils répondront un jour de leurs actes? En commençant par ne pas les réélire, peut-être?

  • Bernard Terreault - Abonné 25 novembre 2014 07 h 52

    Bravo

    Tellement évident! Peut-on laisser le réseau routier aux municipalités, évidemment pas, car il y faut une continuité ENTRE les villes. De même pour le réseau cyclable, même si cela doit nous coûter un montant aussi exorbitant que 3$ par Québécois par année, le coût de deux bières au dépanneur, quoi. Et le terrible trio des comptables ne pourra quand même pas taxer les Arsenault, Bertrand, Eustache et Rozon d'être des gauchistes ou des séparatistes.

    • Bernard Terreault - Abonné 25 novembre 2014 08 h 43

      CORRECTION; 0,3 dollars par Québécois par année, le coût d'une petite bouteille d'eau!

  • Bernard Terreault - Abonné 25 novembre 2014 08 h 40

    Comparaison

    On coupe 3 millions destinés à la Route Verte, utilisée par environ un million (au bas mot) de cyclistes de tout le Québec de Noranda à Gaspé pour se récréer et se tenir en santé, et on dépense 400 millions pour un aréna à Québec pour, peut-être, avoir une équipe professionnelle de vingt et quelques joueurs Russes, Finlandais, Canadiens, Slovaques, Québécois, États-Uniens, Kazaks, ...

  • Grace Di Lullo - Inscrit 25 novembre 2014 10 h 15

    Cet été à la CBC, on montrait un magnifique reportage sur la route verte. On terminait le reportage en mentionnant que l'Ontario venait au Québec pour s'en inspirer.
    Quel manque de vision que ce gouvernement !