Les médecins québécois sont-ils trop payés?

Une somme significative des dépenses en santé, soit 34 %, est accordée aux médecins et aux médicaments. La solution pour un meilleur rendement et un véritable gain de productivité du réseau ne réside surtout pas dans une ixième réforme administrative ni dans une réforme qui donnera tout pouvoir à un seul individu.

Pourquoi ne pas voir en face un des véritables freins à un système de santé plus efficace pour nos patients ? Nous, les médecins, c’est tout simple (et c’est sans critiquer leur savoir et leur belle empathie, comme leur engagement), nous gagnons trop d’argent. C’est certainement vrai pour les médecins généralistes, mais encore davantage pour les médecins spécialistes, aussi compétents et appréciés soient-ils. Ces mêmes médecins qu’a défendus bec et ongles, le même M. Barrette, autrefois à la tête de leur Fédération.

Ultimement, la différence de salaire entre les médecins de famille et les spécialistes ne devrait pas être aussi grande. Ainsi, il y aurait sans doute plus d’étudiants en médecine qui choisiraient la médecine familiale. Et donc, une première ligne plus forte et véritablement plus efficace, que nous nous devons de partager avec nos collègues infirmières.

Mais surtout plus d’argent disponible, et de façon beaucoup plus directe que par la réforme 10 de M. Barrette, pour redistribuer dans notre cité mise à mal. Et assurer de vrais programmes sociaux dignes d’une nation préoccupée par les plus démunis, les plus vulnérables, nos réfugiés, etc.

Comment y arriver ? Comment s’attaquer aux parois rigides de ce corporatisme si puissant ?

Je lance un appel à tous, et surtout à tous les médecins québécois qui, comme moi, j’en suis certaine, souffrent devant nos patients démunis dans ce système porteur de failles profondes, pour des idées DIX fois plus intéressantes que celle de M. Barrette. À vos cerveaux…

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5 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 18 novembre 2014 08 h 25

    Trop payés ?

    Honnêtement, je ne crois pas que les médecins québécois soient trop payés, dans le contexte nord-américain, et même s'ils font en moyenne trois fois ce que moi je gagnais comme professeur et chercheur universitaire en sciences physiques. Le problème, ce sont les visites inutiles et répétitives (par exemple pour simplement annoncer que des tests de labo sont négatifs ou renouveler aux trois mois une prescription pour un patient stable depuis des années), et le manque de collaboration avec les infirmières et les pharmaciens à qui on ne fait pas assez confiance.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 18 novembre 2014 17 h 20

      Du corporatisme abusif des ordres professionnels qui protègent plus leurs membres cotisants que la polpulation pour améliorer les services pour certains la concertation entre les diplômé-e-s du domaine santé semble impossible alors qu'ailleurs ça va bien. En Ontario les super infirmières allègent les tâches de routines des médecins, les pharmaciens peuvent renouveler les prescriptions routinières.
      Au lieu, ils demandent des compensations pour "surveiller" les autres professionnels.
      Du côté salarial, comme les dr ou md et spécialistes sont bien payés auz É-U et au ROC ils veulent autant sous menace de déménager sans tenir compte que les Québec forme des médecins à 1/10 des autres universités. On devrait charger des sérieuses pénalités pour ceux qui quittent avant de fournir 5 ans de service ici.
      Pourquoi de médecins spécialistes feraient ils plusieurs fois plus que les ingénieurs comptables, avocats, économistes, physiciens ou chimistes ...

  • Alexie Doucet - Inscrit 18 novembre 2014 08 h 46

    La fuite des cerveaux...

    On nous sert souvent l'argument qu'une baisse de salaire ferait partir les meilleurs. D'après moi, une baisse de salaire fera surtout partir ceux pour qui l'argent est la principale motivation. Si ces médecins partaient, ça laisserait la place à tous les autres, compétents, qui ne peuvent pratiquer. Je pense spécialement aux immigrants chauffeurs de taxi qui ont une formation médicale dans leur pays...

  • Jean Jacques Roy - Abonné 18 novembre 2014 10 h 09

    Chapeau docteure Laberge.

    Tout d'abord, toute ma reconnaissance aux médecins généralistes qui oeuvrent dans les CLSC. Depuis de nombreuses années, je bénéficie des services offerts par le CLSC de Limoilou et je puis témoigner de la compétence du personnel et de mon médecin qui y travaillent.
    Surtout, je trouve encourageant que la docteure Laberge prenne la parole pour souligner l'écart de revenus énorme qu'il existe entre les généralistes et les spécialistes. Il faut du courage pour le dire

  • Nicolas Newman - Abonné 18 novembre 2014 20 h 53

    Dre Laberge a raison

    Comme medecin spécialiste je doit reconnaitre que Dre Renée Laberge a raison. Je note aussi que l'argument avancé par Dr Barrette il y a quelques années que sans augmentation très significative de salaire beaucoup de medecins quitteraient le Québec est faux (et il le savait), Nicholas Newman MD FRCSC